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Actualités - Chronologies

Pékin et Moscou, une alliance fragile de circonstance

Le traité d’amitié signé lundi par la Chine et la Russie est une alliance fragile entre deux voisins unis surtout par la volonté de contrer l’hégémonie des États-Unis, selon des analystes. Le président chinois Jiang Zemin et son homologue russe Vladimir Poutine ont signé lundi à Moscou un traité d’amitié, premier document de ce type signé depuis 1950. Les deux pays ont également appelé au respect du traité ABM, qui interdit le déploiement de missiles antimissiles, et que Washington veut abandonner pour déployer un bouclier antimissile. Pour autant, «la Chine et la Russie ont uniquement en commun la volonté de nier aux États-Unis un rôle dominant dans le monde», a estimé Joseph Cheng, expert en sciences politiques à Hong Kong. «Ils essaient simplement d’augmenter leur coopération afin d’exercer une pression sur les États-Unis», a-t-il souligné en précisant que, selon lui, les deux pays n’avaient nullement l’intention de conclure une alliance militaire. Pour cet expert, ce qui préoccupe surtout Pékin et Moscou, c’est que le système de défense antimissile voulu par Washington les précipite tous les deux dans une course aux armements avec tous les risques financiers et de frein à la croissance économique que cela poserait. Les deux capitales ont vivement critiqué un essai antimissile américain réussi samedi, particulièrement la Chine qui redoute que ce système antimissile, s’il voit le jour, soit étendu à Taïwan, que Pékin considère comme une province rebelle destinée à revenir dans le giron chinois, au besoin par la force. Or, premier sujet potentiel de discorde entre Moscou et Pékin, la Russie s’est montrée jusqu’à présent moins virulente que la Chine dans ses critiques à l’égard de ce bouclier antimissile. Le ministère chinois des Affaires étrangères avait de plus fait savoir en mars que la contre-proposition russe au bouclier américain – une force mobile non stratégique – inquiétait beaucoup plus Pékin que le projet américain. Un haut responsable russe a estimé de son côté le 13 juillet que la Chine était menacée «plus encore que Moscou» par le bouclier américain. Jean-Pierre Cabestan, directeur du Centre français d’études sur la Chine contemporaine, basé à Hong Kong, estime lui aussi que ce traité d’amitié est avant tout une «pose diplomatique. La Chine et la Russie ne partagent rien du tout, militairement ou économiquement», a-t-il souligné. Dans les années 1960-70, lorsque Pékin était en conflit avec Moscou, la Chine a cherché à normaliser ses relations avec les États-Unis. «Aujourd’hui c’est l’inverse. La Chine et la Russie forment des alliances de circonstance pour équilibrer la domination des États-Unis», a déclaré M. Cabestan, ajoutant que dans ces conditions, ce traité était «fragile». La Russie ne veut surtout pas voir la Chine jouer un rôle en Asie centrale où elle revient pourtant en force, et les déséquilibres économiques sont très importants entre les deux pays, a-t-il souligné. Les États-Unis ont de leur côté réservé un accueil prudent à ce traité sino-russe, en déclarant qu’il ne posait aucune menace particulière.
Le traité d’amitié signé lundi par la Chine et la Russie est une alliance fragile entre deux voisins unis surtout par la volonté de contrer l’hégémonie des États-Unis, selon des analystes. Le président chinois Jiang Zemin et son homologue russe Vladimir Poutine ont signé lundi à Moscou un traité d’amitié, premier document de ce type signé depuis 1950. Les deux pays ont également appelé au respect du traité ABM, qui interdit le déploiement de missiles antimissiles, et que Washington veut abandonner pour déployer un bouclier antimissile. Pour autant, «la Chine et la Russie ont uniquement en commun la volonté de nier aux États-Unis un rôle dominant dans le monde», a estimé Joseph Cheng, expert en sciences politiques à Hong Kong. «Ils essaient simplement d’augmenter leur coopération afin d’exercer une...