Rechercher
Rechercher

Actualités - Conferences Internationales

La ville de Colomb prend des allures de camp retranché

Le centre historique de Gênes a pris l’apparence lundi d’un camp retranché au fur et à mesure que s’est élevé le mur grillagé bloquant la «zone rouge» de 4 km2 à l’intérieur de laquelle se déroulera le sommet du G8 du 20 au 22 juillet. Entre-temps, la tension est montée d’un cran hier quand un attentat à la lettre piégée a sérieusement blessé à un œil un carabinier, le gouvernement italien et les anti-G8 dénonçant une stratégie visant à échauffer les esprits. L’attentat, non revendiqué, est perçu par les protagonistes du sommet de Gênes comme lié à cet événement et il a été condamné unanimement par la classe politique italienne comme par la coordination pacifique opposée au sommet. Plus de 15 000 policiers, carabiniers et militaires ont été mobilisés pour prêter main forte à leurs 2 000 collègues qui, en temps normal, assurent l’ordre public dans le port ligure (650 000 habitants). Sur les quelque 240 points d’accès possibles, seuls 10 resteront ouverts pour permettre de passer de la «zone jaune», plus large et servant de tampon, à la zone interdite. Seules les personnes munies d’un laissez-passer en bonne et due forme pourront y entrer, une mesure valable pour les journalistes accrédités (5 000 attendus) comme pour les membres des délégations, mais aussi pour les résidents et ceux qui travaillent au cœur de la cité. Voitures particulières et autobus seront bannis de la «zone rouge» à sécurité maximale à partir de 05h00 GMT mercredi et jusqu’à 18h00 GMT dimanche. Le périmètre de sécurité autour du vieux port et du palais ducal sera de fait transformé en vaste zone piétonne. Comme à Québec en avril dernier pour le sommet des Amériques, un grillage haut de 4,50 mètres aux mailles serrées afin d’empêcher les manifestants de s’y agripper surmonte les plots en béton du type de ceux servant de barrière sur les autoroutes. Vendredi sera la journée de tous les dangers à Gênes où les antimondialisation tenteront de «libérer» la «zone rouge» à la veille de la manifestation pacifique organisée par la coordination Genoa Social Forum (GSF) qui fédère un millier d’associations. Les 100 000 personnes attendues par GSF samedi doivent normalement défiler dans la «zone jaune» où le stationnement des véhicules est interdit, mais où il n’y a pas besoin de permis pour circuler. Du 18 au 22 juillet, les accès autoroutiers Ouest et Est de Gênes seront eux aussi fermés. Le port, qui a commencé à se vider pendant le week-end dernier à l’exception des bassins de carénage, sera totalement interdit à la navigation pendant la même période. Les 6 «hôtels flottants», dont le navire de croisière European Vision où seront hébergés sept chefs d’État et de gouvernement (Italie, France, Canada, Russie, Grande-Bretagne, Allemagne et Japon) plus le président de la Commission européenne, ont commencé à prendre position le long des quais. Le président américain George W. Bush devrait pour sa part séjourner à terre, sans doute à l’hôtel Jolly Marina situé lui aussi sur le «porto antico». Dans le port, barré par des bouées, des sous-marins de poche et des plongeurs patrouillent en permanence pour déjouer une éventuelle attaque terroriste et la pose de mines sous les bateaux. La levée provisoire des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne a commencé à se faire sentir à l’aéroport Christophe Colomb où les contrôles ont été multipliés et qui sera lui aussi fermé au trafic civil du 19 au matin au 22 au soir. Deux batteries de missiles Spada y ont été déployées pour parer à une hypothétique attaque aérienne.
Le centre historique de Gênes a pris l’apparence lundi d’un camp retranché au fur et à mesure que s’est élevé le mur grillagé bloquant la «zone rouge» de 4 km2 à l’intérieur de laquelle se déroulera le sommet du G8 du 20 au 22 juillet. Entre-temps, la tension est montée d’un cran hier quand un attentat à la lettre piégée a sérieusement blessé à un œil un carabinier, le gouvernement italien et les anti-G8 dénonçant une stratégie visant à échauffer les esprits. L’attentat, non revendiqué, est perçu par les protagonistes du sommet de Gênes comme lié à cet événement et il a été condamné unanimement par la classe politique italienne comme par la coordination pacifique opposée au sommet. Plus de 15 000 policiers, carabiniers et militaires ont été mobilisés pour prêter main forte à leurs 2 000...