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Actualités - Chronologies

AMÉRIQUE LATINE - Le Brésil cherche à éviter de couler avec l’Argentine

Le Brésil commence à mettre ses chaloupes à la mer pour éviter d’être entraîné dans le naufrage de l’économie de son voisin argentin en envisageant un nouveau relèvement des taux d’intérêt, un nouvel accord avec le FMI et des mesures fiscales. L’«effet tango», les conséquences de la crise argentine sur son principal partenaire du Mercosur, le Brésil, se traduit quotidiennement par la dépréciation du real qui, depuis le début de l’année, a perdu environ 30 pour cent de sa valeur face au dollar. Depuis début juillet, la Banque centrale brésilienne vend chaque jour entre 36 et 50 millions de dollars pour soutenir sa monnaie. Malgré ces interventions, le real est encore sous forte pression et bat chaque jour un nouveau record de dépréciation. Le dollar s’échangeait lundi matin autour de 2,60 reals. La crise argentine, dont l’impact est évident sur la dépréciation du real, compromet également les chances du Brésil d’atteindre ses objectifs de croissance, de limiter l’inflation à 4 pour cent et incite les investisseurs à la prudence. Les prévisions de nouveaux investissements pour l’année 2001 étaient de 24 milliards. Elles ont été révisées et ne devraient pas passer les 19 milliards. Dans sa campagne publicitaire cette semaine, l’hebdomadaire Veja ironise : «Le pire, c’est que les “gringos” pensent que Buenos Aires est la capitale du Brésil». Il est sûr cependant que, dans le contexte régional, toute crise politique ou économique en Argentine a des effets directs sur l’économie brésilienne, estiment tous les analystes. Pour l’heure, le Brésil cherche à limiter les dégâts d’un éventuel moratoire en Argentine en augmentant, peut-être dès mardi ou mercredi lors de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque centrale, ses taux d’intérêt actuellement de 18,25 % par an pour les porter à 25 %. Et pour compenser les conséquences de cette hausse sur la dette brésilienne (actuellement de 250 milliards de dollars soit près de 52 % du PIB), le gouvernement pourrait également annoncer de nouvelles mesures fiscales. Pour consolider ses défenses, le Brésil pourrait enfin recourir au Fonds monétaire international (FMI). Le gouvernement pourrait demander un renouvellement de l’accord signé en 1998 avec le Fonds (41,5 milliards de dollars) et qui expire en novembre prochain. Selon la presse économique, le gouvernement aurait déjà obtenu du FMI la promesse d’un crédit spécial de 10 milliards de dollars qui servirait à faire face à des situations d’urgence. Les analystes brésiliens estiment que l’Argentine ne peut que déclarer un moratoire pour le paiement de sa dette et déclare la fin de la parité dollar/peso. «Le gouvernement argentin cherche à repousser l’annonce d’une dévaluation et pourrait déclarer un moratoire avant de décréter la fin de la parité», estime Odair Abate, chef économiste de Lloyds à São Paulo dans des déclarations à la revue Veja. L’analyste ajoute que ce dont le Brésil a besoin, c’est d’une situation claire en Argentine, même si cela débouche sur un constat de faillite. «Toute solution au problème argentin, quelle qu’elle soit, sera bonne pour le Brésil. L’agonie actuelle fait des dégâts dans le domaine de l’inflation, avec une hausse du dollar et des taux d’intérêt, ainsi que sur le niveau de l’activité économique», ajoute M. Abate. Depuis plusieurs jours, certains éditorialistes brésiliens estiment qu’il vaut mieux crever l’abcès argentin rapidement que de risquer la gangrène de toute la région.
Le Brésil commence à mettre ses chaloupes à la mer pour éviter d’être entraîné dans le naufrage de l’économie de son voisin argentin en envisageant un nouveau relèvement des taux d’intérêt, un nouvel accord avec le FMI et des mesures fiscales. L’«effet tango», les conséquences de la crise argentine sur son principal partenaire du Mercosur, le Brésil, se traduit quotidiennement par la dépréciation du real qui, depuis le début de l’année, a perdu environ 30 pour cent de sa valeur face au dollar. Depuis début juillet, la Banque centrale brésilienne vend chaque jour entre 36 et 50 millions de dollars pour soutenir sa monnaie. Malgré ces interventions, le real est encore sous forte pression et bat chaque jour un nouveau record de dépréciation. Le dollar s’échangeait lundi matin autour de 2,60 reals. La...