Le calme a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth pour la troisième journée consécutive cette semaine, en l’absence d’intérêts aussi bien à l’offre qu’à la demande du dollar. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue stimuler parfois quelques initiatives à l’offre au haut de sa fourchette d’intervention pour satisfaire les besoins commerciaux du marché en cette monnaie ont indiqué les cambistes. En maintenant ainsi cette fourchette entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait effectivement à 1 514,00 LL toute la journée. Mais en raison de la réticence des opérateurs à l’offre et à la demande, le volume des échanges n’a guère dépassé quelque cinq millions de dollars, dont une partie placée à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre par les banques de la place à l’achat et à la vente à ce même taux, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. Hausse de l’euro sur fond de crise des marchés émergents À l’étranger, l’euro a oscillé autour du seuil de 0,86 dollar, repassé à la hausse hier pour la première fois depuis deux semaines, sur fond de crise de certains marchés émergents qui a affaibli le billet vert. Aux marchés émergents qui ont connu hier de nouvelles tensions en Argentine et en Turquie, un flux continu de mauvaises nouvelles en provenance de Wall Street est venu aussi noircir un tableau déjà bien sombre, nourrissant des sentiments de défiance de plus en plus prononcés envers les placements dans les zones dollar. «L’Argentine a de gros problèmes, tout comme la Turquie», a souligné hier une note de la Commerzbank, relevant que la situation du premier pays commençait à rappeler la grande crise asiatique de 1997. Ces inquiétudes se sont étendues aux autres marchés émergents, a poursuivi la Commerzbank, notamment au Brésil, au Mexique, dans les pays de l’Est de l’Europe et en Asie. Dans ce type de crise, les investisseurs avaient l’habitude dans le passé de se reporter sur le dollar qui jouait le rôle de valeur-refuge, mais cette fois les inquiétudes concernant l’affaiblissement de l’économie américaine et les marchés des actions à Wall Street et au Nasdaq ont poussé les cambistes à se retourner vers l’euro. Avec peu d’indices économiques à se mettre sous la dent, le marché a été largement soumis encore hier à des achats automatiques d’euros, ont remarqué les analystes de l’agence financière CurrencyNetwork. Mais certains analystes ne pensent pas que la monnaie unique européenne parviendra à se maintenir à des niveaux élevés. «Nous allons probablement assister à une nouvelle pression de l’économie de la zone euro lorsque les investisseurs seront sortis des préoccupations des marchés émergents», a estimé une note parue hier de la HSBC. Cela étant et en attendant la publication des chiffres des ventes de détail et ceux des prix à la production aux États-Unis en juin devant paraître demain, le dollar est resté généralement faible hier, se négociant à New York comme suit : – 0,8600 pour un euro contre 0,8550, la veille – 1,4085 pour un sterling contre 1,4115 – 2,2740 DM contre 2,2870 – 7,6275 FF contre 7,6700 – 1,7665 FS contre 1,7785 – 2 251,50 lires contre 2 264,10 – 124,35 yens contre 125,35. Bourse de Beyrouth : marché toujours déprimé À la Bourse de Beyrouth, la cote continuait de battre en retraite hier, sous la conduite des actions A de Solidere qui ont reculé de 5 3/8 à 5 1/4 dollars, dans un marché toujours déprimé. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,19 % à 56,03 points, pendant que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché faible avec au total quelque 39 303 actions négociées d’une valeur de 89 166 dollars seulement. Irrégularité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont connu hier une séance irrégulière, alternant tantôt à la hausse, tantôt à la baisse, alors qu’une nouvelle averse d’avertissements sur résultats faisait planer un sentiment de morosité sur la cote. Après avoir atteint la veille leur niveau le plus bas depuis trois mois, les indices ne sont pas parvenus à se reprendre hier, la chasse aux bonnes affaires encouragée par le bas niveau des cours de certaines actions ne suffisant pas à relancer la machine. De nouveaux avertissements sur résultats, notamment dans le secteur de la haute technologie, ont fragilisé la cote. Parmi eux on a compté ceux de Compact Computer, de DoubleClick ou encore de Comverse Technology. De telles nouvelles ont fait craindre aux milieux d’affaires que la saison des résultats d’entreprises, qui devrait battre son plein durant les deux à trois prochaines semaines, ne se révèle encore plus noire que prévu. Les inquiétudes quant à la situation précaire des économies singapourienne et argentine ont pesé également sur la tendance, ont indiqué les courtiers. Sur le front économique, la situation est en revanche calme en l’absence d’indicateurs majeurs jusqu’en fin de semaine. L’indice des prix à la production et les ventes de détail en juin sont attendus demain. Pourtant, certains secteurs ont pu échapper hier à la morosité du moment, comme les aériennes et les automobiles. Les valeurs de l’informatique ont été attaquées ainsi que les éditeurs de logiciels et de la publicité en ligne. Il en est de même des financières et des pétrolières parmi les valeurs traditionnelles. En effet, l’indice composite Nasdaq a cédé encore du terrain, frôlant la barre des 1 950 points avant d’afficher 1 957,85 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement entre un plus haut à 10 274,02 points et un plus bas à 10 120,89 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 193,56 points, en légère hausse de 17,92 points sur la veille. Poursuite de la baisse des Bourses européennes Le pessimisme persistant entourant les sociétés de la technologie et des recommandations à la baisse sur les banques ont pesé sur les marchés boursiers européens mercredi, en dépit d’une bonne tenue du constructeur automobile DaimlerChrysler et de certaines valeurs défensives. À la clôture, alors que la pluprat des Bourses étaient fermées, l’indice FTSE Eurotop 300 paneuropéen perdait 21,51 points, soit 1,61 %, à 1 316,01, et le DJ Stoxx 50 des valeurs de la zone euro 64,79 points, soit 1,61 %, à 3 968,18. Les investisseurs attendent de voir si les résultats de sociétés américaines qui seront publiés dans la journée, en particulier ceux du portail Internet Yahoo et du fabricant des téléphones mobiles Motorola, amélioreront les perspectives des valeurs de la technologie. L’indice des valeurs de la technologie a encore cédé 3,30 %, après être descendu à ses plus bas niveaux depuis novembre 1998, celui des télécommunications 3,70 % et celui des médias 2,40 %. Les opérateurs de téléphonie mobile Nokia et Vodafone ainsi que l’équipementier Marconi ont abandonné 5,00 % environ dans l’attente de la publication des résultats de Motorola. Les perspectives des valeurs technologiques se sont encore un peu plus assombries après la révision en baisse des résultats de Compaq, en raison, notamment, de la faiblesse du marché européen. En outre, la société de logiciels de télécommunications Comverse s’attend à ce que ses résultats pour le reste de l’année soient inférieurs aux prévisions des analystes, les clients retardant leurs achats en raison de la faiblesse de l’économie. Les marchés devraient rester sous tension avec la publication des résultats du deuxième trimestre de Nokia, Ericsson, Philips, ASML, SAP et STMicro la semaine prochaine. L’indice des valeurs bancaires a reculé de 2,50 % en raison de commentaires défavorables d’analystes inquiets des retombées du ralentissement économique. HSBC a perdu 3,70 %, Deutsche Bank 2,10 %, Société générale 2,50 % et ABN Amro 4,90 %. Tokyo : fléchissement du Nikkei jusqu’à 12 000 points La Bourse japonaise a nettement baissé mercredi, de nouveaux «profit warnings» par des sociétés technologiques à l’étranger et la faiblesse persistante de l’économie locale ayant entraîné d’importants reculs sur des valeurs de haute technologie comme Hitachi Ltd. «Comme toujours, nous avons été touchés de plein fouet par les pertes aux États-Unis, et la situation au Japon ne fait rien pour arranger les choses, avec l’arrivée en continu de mauvaises statistiques économiques», a constaté Toshihiko Matsuno, de Sakura Friend Securities. «Quand on sait que l’économie restera déprimée pendant les deux ou trois prochaines années, on n’a pas envie de dénouer les cordons de sa bourse ou d’augmenter ses placements», a ajouté ce conseiller en investissements. Le Premier ministre Junichiro Koizumi, qui a promis de procéder à des réformes structurelles, même si elles doivent s’avérer douloureuses, a dit hier qu’il était encore trop tôt pour entamer les discussions sur un collectif budgétaire pour l’année en cours, ce qui a déçu certains intervenants. L’indice Nikkei a terminé en baisse de 295,30 points, soit 2,40 %, à 12 005,11, après avoir flirté en séance avec le seuil psychologique des 12 000 points, tandis que l’indice pondéré Topix reculait de 1,74 %, à 1 227,57.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le calme a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth pour la troisième journée consécutive cette semaine, en l’absence d’intérêts aussi bien à l’offre qu’à la demande du dollar. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue stimuler parfois quelques initiatives à l’offre au haut de sa fourchette d’intervention pour satisfaire les besoins commerciaux du marché en cette monnaie ont indiqué les cambistes. En maintenant ainsi cette fourchette entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait effectivement à 1 514,00 LL toute la journée. Mais en raison de la réticence des opérateurs à l’offre et à la demande, le...