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Actualités - Chronologies

Aux sources du Nil -

Il y eut une époque où j’imaginais que le cinéma ne pouvait être qu’occidental. Le mot «égyptien» faisait dresser mes cheveux (nombreux, à cette époque-là) de cinéphile. Vous m’auriez plus facilement conduit à l’abattoir que dans les salles spécialisées dans ce genre de production. Et le supplice le plus terrible que vous auriez pu m’infliger aurait été d’aller écouter Farid Attrache roucouler à l’écran. Évidemment, je vous parle d’un temps où les moins de vingt ans, comme moi, ne connaissaient pas encore Youssef Chahine. C’est d’ailleurs avec lui que je fis mes premiers pas dans ce domaine qui m’était inconnu. Je vis Sira’a Fil Wadi et je me liai d’amitié avec Omar Sharif. Depuis, j’entretiens avec le cinéma égyptien des rapports amènes. Il a fallu qu’une chaîne de télé diffuse, jour après jour, sa dose de films égyptiens pour que ceux-ci ne deviennent plus l’objet d’une quelconque forme d’ironie de ma part. Ces films en noir et blanc, tournés pour la plupart dans les années 50, m’ont littéralement séduit. Je n’ai pas honte de le dire, car non seulement ils témoignent d’une époque où la société était autrement plus évoluée que celle d’aujourd’hui mais de plus, à l’écran, il y avait des acteurs et des actrices charismatiques. Qu’elles étaient belles, élégantes, maquillées et coiffées les actrices de l’époque. Avec un goût que les Parisiennes n’auraient pas désavoué. Quant aux hommes, quelle prestance, en smoking ou en complet veston, en blazer comme en polo! Ils avaient une distinction de bon aloi. Sans doute, les motivations de la société égyptienne ne sont plus les mêmes. Qu’importe, il nous reste des images qui prouvent bien que les eaux du Nil ne chariaient pas que de la boue. P.S.: Aux sources du Nil, titre français de Moutains of the Moon de Bob Rafelson avec Patrick Birgin.
Il y eut une époque où j’imaginais que le cinéma ne pouvait être qu’occidental. Le mot «égyptien» faisait dresser mes cheveux (nombreux, à cette époque-là) de cinéphile. Vous m’auriez plus facilement conduit à l’abattoir que dans les salles spécialisées dans ce genre de production. Et le supplice le plus terrible que vous auriez pu m’infliger aurait été d’aller écouter Farid Attrache roucouler à l’écran. Évidemment, je vous parle d’un temps où les moins de vingt ans, comme moi, ne connaissaient pas encore Youssef Chahine. C’est d’ailleurs avec lui que je fis mes premiers pas dans ce domaine qui m’était inconnu. Je vis Sira’a Fil Wadi et je me liai d’amitié avec Omar Sharif. Depuis, j’entretiens avec le cinéma égyptien des rapports amènes. Il a fallu qu’une chaîne de télé diffuse,...