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Actualités - Chronologies

Cette certaine idée de la télévision…

Le journaliste Bernard Pivot incarne une certaine idée de la télévision de service public qui, regrette-t-il, tend à disparaître. «Mon départ est entouré d’une mélancolie concernant la disparition d’une télévision d’attention et d’écoute que j’ai pu incarner», déclare Pivot alors que son départ coïncide avec l’essor d’une «télé-réalité», ou «télé-poubelle» selon ses détracteurs, symbolisée par l’émission de la chaîne privée M6 Loft Story qui bat des records d’audience. À 66 ans, il estime sain de passer le relais à quelqu’un «de plus jeune» (en principe Guillaume Durand mais rien n’est encore officiel) qui mettrait davantage l’accent que lui sur la littérature étrangère, la bande dessinée ou le roman policier. Selon Pivot, «la formule du débat est un peu épuisée. Les jeunes générations sont désormais habituées à une télévision plus rapide, plus remuante. Il faut muscler ce genre d’émission culturelle». Il donne toutefois l’impression d’en être à moitié convaincu tant il est sévère avec certains concurrents qui font déjà une télévision beaucoup plus «musclée» que la sienne. Pivot a commencé sa première émission littéraire (Ouvrez les guillemets) à la télévision en 1973 alors qu’il n’avait alors jamais fait de télévision. La dictature de l’audimat imposant toujours plus sa loi d’airain, le dernier Bouillon de culture sera diffusé comme d’habitude à 22h50 alors que la dernière d’Apostrophes, le 22 juin 1990, avait été exceptionnellement avancée à 20h30. Pivot, qui a animé Apostrophes sur Antenne 2 de 1975 à 1990, est toujours resté, depuis les débuts de Bouillon de culture en 1991, dans le giron de France 2. Bouillon de culture, explique-t-il, ne pouvait pas être considéré comme un magazine de recherche d’audience pour la chaîne et de profit pour moi. «C’était continuer de remplir intra muros (il a refusé de devenir le producteur de ses propres émissions) le devoir d’assistance culturelle d’une chaîne d’État aux téléspectateurs». «Aucun des présidents et directeurs de France 2 qui se sont succédé ne m’a reproché l’audience d’une de mes émissions et demandé de faire plus grand public. La culture me mettait à part», indique-t-il. Beaucoup d’éditeurs et d’écrivains croient aussi qu’une page, dans laquelle la télévision avait un rôle important à tenir en faveur de la vraie circulation des idées littéraires, est en train d’être tournée. Avant Pivot, Lecture pour tous de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet était l’émission de référence, ce qui n’a pas empêché le jeune journaliste d’imposer par la suite son propre espace d’échanges. Rien ne dit que Guillaume Durand ou un autre ne fasse de même. Mon successeur sera forcément «critiqué au début», prévient sagement Pivot qui se refuse à trop cultiver la nostalgie : «D’ailleurs, je n’écrirai jamais mes mémoires», dit-il.
Le journaliste Bernard Pivot incarne une certaine idée de la télévision de service public qui, regrette-t-il, tend à disparaître. «Mon départ est entouré d’une mélancolie concernant la disparition d’une télévision d’attention et d’écoute que j’ai pu incarner», déclare Pivot alors que son départ coïncide avec l’essor d’une «télé-réalité», ou «télé-poubelle» selon ses détracteurs, symbolisée par l’émission de la chaîne privée M6 Loft Story qui bat des records d’audience. À 66 ans, il estime sain de passer le relais à quelqu’un «de plus jeune» (en principe Guillaume Durand mais rien n’est encore officiel) qui mettrait davantage l’accent que lui sur la littérature étrangère, la bande dessinée ou le roman policier. Selon Pivot, «la formule du débat est un peu épuisée. Les...