Une atmosphère conviviale et des cafés sirotés devant la télé
le 02 juillet 2001 à 00h00
Dans sa cellule de Scheveningen, à la périphérie de La Haye, Slobodan Milosevic retrouvera un peu de cette camaraderie multiethnique qui prévalait en Yougoslavie avant l’éclatement que l’ancien maître des Balkans a contribué à provoquer. Pour Simo Zaric, un Serbe de Bosnie qui a passé 26 mois dans la prison du Tribunal pénal international avant d’être autorisé – parce qu’il s’est rendu de son plein gré – à regagner son pays en attendant son procès, l’ambiance à La Haye «rappelle celle de l’ancienne armée fédérale yougoslave». À l’époque titiste, tous les hommes effectuant leur service national étaient délibérément mutés loin de leurs foyers dans un souci de briser les loyautés claniques ou ethniques. Les nationalités étaient mélangées au sein des unités de l’armée sous la devise «Fraternité et unité» de la Yougoslavie. «La solidarité était totale entre Serbes, Croates et musulmans. Nous n’avions jamais de dispute», assure Zaric. Ce Serbe, accusé d’avoir perpétré le nettoyage ethnique de son village dans le nord de la Bosnie, espère rencontrer Milosevic lorsqu’il repartira à La Haye en septembre pour son procès. «Milosevic aura besoin de quelques jours pour comprendre où il est et l’accepter, dit-il. Mais je suis convaincu qu’il saura comment s’adapter et faire connaissance avec ses codétenus». Une atmosphère conviviale de repas en commun, de cafés sirotés devant la télévision par satellite, de discussions en serbo-croate attend l’ancien président yougoslave lorsqu’il sortira de sa période d’isolement, ajoute Zaric. Milosevic côtoiera alors des chefs de guerre aussi bien que des lampistes. Mais, déclare encore Simo Zaric, «les mobiles de l’incarcération sont la dernière chose dont parlent les détenus».
Dans sa cellule de Scheveningen, à la périphérie de La Haye, Slobodan Milosevic retrouvera un peu de cette camaraderie multiethnique qui prévalait en Yougoslavie avant l’éclatement que l’ancien maître des Balkans a contribué à provoquer. Pour Simo Zaric, un Serbe de Bosnie qui a passé 26 mois dans la prison du Tribunal pénal international avant d’être autorisé – parce qu’il s’est rendu de son plein gré – à regagner son pays en attendant son procès, l’ambiance à La Haye «rappelle celle de l’ancienne armée fédérale yougoslave». À l’époque titiste, tous les hommes effectuant leur service national étaient délibérément mutés loin de leurs foyers dans un souci de briser les loyautés claniques ou ethniques. Les nationalités étaient mélangées au sein des unités de l’armée sous la devise...
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