La demande du dollar s’est nettement contractée hier à Beyrouth, dans un marché sur lequel l’offre parvenait souvent à satisfaire les besoins des opérateurs en cette monnaie, quoique au haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, qui a maintenu cette fourchette entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, n’a été contrainte à satisfaire la demande du billet vert que rarement, grâce à la présence d’une contrepartie valable à la vente en dehors d’elle. Cela étant, la devise américaine, qui a été fixée par la BDL au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être effectivement négociée dans les transactions interbancaires à 1 514,00 LL, en raison du potentiel limité de l’offre qui n’a guère dépassé les besoins commerciaux du marché en cette monnaie, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume des échanges a été très maigre, ne dépassant pas au total quelque cinq millions de dollars, en grande partie placés par les établissements de crédit à l’achat et à la vente à ce taux. L’euro toujours soutenu à l’étranger À l’étranger, l’euro s’est brièvement replié hier sous le seuil de 0,86 dollar après la publication d’une hausse inattendue de l’indice de confiance des consommateurs américains en juin, à la veille d’une réunion très attendue aujourd’hui de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt. L’indice de confiance des consommateurs américains dans les conditions présentes et futures de l’économie a progressé en juin, pour le deuxième mois consécutif, à 117,9 points contre 116,1 points (chiffre révisé) en mai. «L’euro a glissé sous le seuil de 0,86 dollar après la publication de ce chiffre», a remarqué une note de l’agence d’analyse financière 4CAST. Cette hausse a pris de court les analystes qui tablaient sur une baisse de cet indice qui a d’ailleurs reculé dans la conjoncture actuelle tout en progressant sur les attentes des consommateurs. Ces derniers se sont donc montrés plus optimistes qu’ils ne l’ont jamais été cette année pour ce qui est des perspectives de l’économie et du marché de l’emploi, a souligné Lynn Franco, directrice de recherche au Conference Board, l’organisme qui publie cet indice mensuel. Un peu plus tôt, l’euro n’avait pas réagi à la hausse plus élevée que prévu des commandes de biens durables aux États-Unis de 2,9 % le mois dernier contre une baisse de 5,5 % en avril ainsi qu’à l’augmentation de 0,8 % des ventes de logements neufs contre une baisse de 4,5 % pendant la même période. Car pour le moment les cambistes ont les yeux tournés vers la Fed qui doit rendre sa décision sur les taux aujourd’hui. À cet égard, la plupart des opérateurs anticipent une nouvelle détente du loyer de l’argent aux États-Unis, afin de doper la première économie mondiale, mais ils s’interrogent sur son ampleur. En cas de nouvelle baisse des taux aujourd’hui, il s’agira de la sixième diminution depuis le début de l’année. Le taux directeur de la Fed s’élève actuellement à 4 %. Outre la décision de la Fed, les investisseurs attendent aussi la publication du communiqué qui suit la décision de l’institut d’émission américain. «Dans le cas où les commentaires seraient pessimistes, le marché anticipera de nouvelles baisses de taux», a estimé l’analyse parue hier de 4CAST. De son côté, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Wim Duisenberg, s’exprimant lors d’une conférence de presse hier à l’institut IFO de Munich, a estimé que la zone euro «n’est pas en récession et ne va pas entrer en récession». Et d’ajouter que la zone euro devrait connaître une croissance de 2 à 2,5 % en 2001 puis une légère accélération en 2002. Lors d’une précédente conférence de presse, M. Duisenberg avait évoqué une croissance située dans le haut d’une fourchette allant de 2 % à 2,5 % dans la zone euro en 2001 et 2002. Cela étant, et dans l’attente de la décision de la Fed aujourd’hui sur les taux américains, le dollar s’est négocié sur un ton faible, à New York, comme suit : – 0,8630 pour un euro contre 0,8595, la veille – 1,4155 pour un sterling contre 1,4135 – 2,2665 DM contre 2,2755 – 7,6010 FF contre 7,6320 – 1,7645 FS contre 1,7685 – 2 243,65 lires contre 2 252,80 – 123,75 yens contre 123,85. Bourse de Beyrouth : nouvelle baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance était toujours à la baisse hier avec le repli des actions A de Solidere de 5 5/8 à 5 3/8 dollars dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,36 % à 60,57 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 138,28 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des transactions très minces où seulement 24 437 actions ont changé de main d’une valeur de 37 079 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières se sont ressentis hier de l’avertissement lancé par Merrill Lynch sur ses résultats avant de se reprendre dans l’espoir d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis. La principale maison de courtage américaine a annoncé qu’elle prévoyait un bénéfice par action de seulement 52 à 57 cents, alors que les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice de 82 cents. Pourtant, les indices boursiers ont quelque peu réduit leurs pertes après l’annonce d’une hausse de l’indice de confiance des consommateurs américains en juin ainsi que des chiffres des commandes de biens durables et des ventes de logements neufs le mois dernier. Mais l’ensemble de la cote a continué de présenter des signes de volatilité car certains courtiers s’avançaient à dire que la progression surprise de ces indicateurs pourrait encourager la Fed à abaisser d’un quart de point en pourcentage seulement au lieu d’un demi-point son taux directeur pour relancer la croissance américaine. Dans cette perspective et abstraction faite de la chute de certains titres du secteur bancaire et des maisons de courtage sous la conduite de Merrill Lynch, l’indice composite Nasdaq est passé dans le vert à plus de 2 060 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 534,21 points et un plus bas à 10 394,72 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 518,87 points, en légère hausse de 14,65 points sur la veille. Les Bourses européennes au plus bas depuis 12 semaines De sombres prévisions avancées par des entreprises de secteurs aussi différents que les technologies et la banque ont eu pour effet hier de faire reculer les marchés boursiers européens au plus bas de ces douze dernères semaines, alors que les boursiers attendaient avec impatience la décision de la Fed sur les taux américains, aujourd’hui. Dès le début de la journée, la SSII française Cap Gemini Ernst & Young a donné le ton en prévenant qu’elle ne pourrait pas tenir ses prévisions de chiffre d’affaires. En milieu de journée, la firme de courtage américaine Merrill Lynch a assombri l’horizon du secteur bancaire en annonçant que ses résultats du deuxième trimestre risquaient d’accuser par rapport aux attentes du marché une baisse qui pourrait aller jusqu’à 37 %. «Ce que l’on en retient, c’est qu’il ne s’agit pas seulement des technologiques et des télécoms, chaque compartiment est vulnérable et l’on ne sait plus où se réfugier», a observé l’analyste David Thwaites, de BNP Paribas. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 accusait un recul de 1,71 %, à 1 359,81, tandis que l’Euro Stoxx 50, limité aux valeurs de la zone euro, abandonnait 1,73 %, à 4 139,05. Tous les grands secteurs des marchés européens ont perdu du terrain, les plus lourdes pertes étant de trois pour cent pour les technologiques et 2,1 % pour les banques. C’est de loin Cap Gemini qui a fait la plus lourde chute de toutes les valeurs vedettes européennes, s’effondrant de 22,97 % à 85,20 euros. Tokyo : marché prudemment haussier Les valeurs japonaises ont terminé en légère hausse mardi, les investisseurs se portant sur les valeurs considérées comme moins chères dans un marché rendu prudent avant la décision sur les taux d’intérêt que doit rendre mercredi soir la Réserve fédérale des États-Unis. L’indice Nikkei 225 a fini sur un gain de 0,64 % ou 82,35 points à 12 978,82 points, tandis que l’indice Topix, qui regroupe toutes les valeurs de la première section, s’adjugeait 0,35 % ou 4,55 points, à 1 295,93 points. Exemple de valeur recherchée par les investisseurs : le groupe industriel Kawasaki Heavy Industries qui s’est apprécié de 2,4 % à 213 yens. Kawasaki Heavy, qui a gagné 14 % lors des trois séances précédentes, a déclaré le mois dernier qu’il renouerait avec les profits cette année. La valeur a été la plus travaillée sur la première section, mardi. «Les investisseurs semblent avoir du mal à trouver quoi acheter. Ils veulent choisir les bons titres, ce qui les rend nerveux, compte tenu de la faiblesse des fondamentaux économiques du Japon qui impliquent qu’on ne s’attend pas à une hausse du marché dans son ensemble pour un bon bout de temps», a commenté Maski Motomura, de chez Nomura Securities.
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