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Actualités - Chronologies

RUSSIE - Poutine veut… une Lada pour chacun

L’appel de Vladimir Poutine à développer l’industrie automobile russe intervient dans un pays où la voiture, a fortiori étrangère, reste l’attribut d’un statut social privilégié et malgré la qualité déplorable dont se plaignent les possesseurs de Lada et autres Volga. Le président russe ne cesse de souligner que l’automobile était une des priorités de l’industrie russe et a sommé celle-ci de permettre à de plus en plus de Russes d’acquérir une voiture de qualité à des prix abordables. Il a regretté que l’on produise encore dans le pays «des automobiles du passé» et que l’on y trouve proportionnellement trois à quatre fois moins de véhicules que dans les pays occidentaux. La Russie ne compte encore que 170 voitures pour 1 000 habitants, d’après les chiffres du ministère des Transports, ce qui représente environ 30 à 35 % des ménages, selon le sociologue Lev Goudkov. «Malgré un progrès important ces cinq dernières années – le chiffre était de 12 % au milieu des années 1990 –, l’automobile continue de refléter un statut social privilégié en Russie», note M. Goudkov. Compte tenu du pouvoir d’achat des Russes, même pour des Lada coûtant 3 000 ou 4 000 dollars, l’automobile n’a pas encore perdu l’aura dont elle bénéficiait dans les années soviétiques, souligne le sociologue. Les notions de prestige se sont cependant reportées en grande partie, au moins dans les grandes villes au niveau de vie plus élevé, sur les voitures de marque étrangère, selon lui. Désireux de «vivre aujourd’hui», pressés par un sentiment persistant d’instabilité et par l’avidité causée par des décennies de fermeture du pays, les Russes qui en ont les moyens investissent souvent une large part de leurs revenus dans une automobile de marque, note le sociologue. «Une attitude qui fait figure d’archaïsme par rapport aux pays occidentaux qui ont connu cela dans l’après-guerre et qui devrait se résorber progressivement», estime encore Lev Goudkov. Le reste de la population est pour sa part partagé entre la tentation d’une voiture étrangère d’occasion et une Lada, une Moskvitch ou une Volga neuve. La part des véhicules étrangers d’occasion s’élève à 30-40 %, selon le quotidien des affaires Kommersant. Une des mesures annoncées mercredi par Vladimir Poutine, la hausse des droits de douane pour les importations de véhicules âgés de plus de 7 ans, risque à ce titre de mécontenter une partie des automobilistes russes, qui préfèrent pour le même prix rouler en Ford, en Peugeot ou en Volkswagen de dix ans d’âge plutôt qu’en Lada. Roman, un Moscovite d’une trentaine d’années qui a acheté une Ford Scorpio de dix ans pour 3 000 dollars, ne veut pour rien au monde revenir aux voitures «soviétiques». «Une voiture russe, ce serait avec plaisir, mais si elle était à la hauteur», dit-il. Nikolaï, originaire du Caucase où il roule en Lada, affirme lui aussi que la grande majorité des véhicules russes souffre dès sa sortie d’usine de maux à répétition. «C’est un peu comme des voitures en kit, il faut resserrer tous les boulons avant de prendre la route et se tenir prêt à tous les imprévus, mais nous sommes habitués», dit-il. Leur simplicité mécanique, le prix modique des pièces détachées et le fait qu’on trouve «dans n’importe quel village» un mécano capable de les réparer font que les Lada russes restent incontournables hors de Moscou et des autres grandes villes, souligne t-il.
L’appel de Vladimir Poutine à développer l’industrie automobile russe intervient dans un pays où la voiture, a fortiori étrangère, reste l’attribut d’un statut social privilégié et malgré la qualité déplorable dont se plaignent les possesseurs de Lada et autres Volga. Le président russe ne cesse de souligner que l’automobile était une des priorités de l’industrie russe et a sommé celle-ci de permettre à de plus en plus de Russes d’acquérir une voiture de qualité à des prix abordables. Il a regretté que l’on produise encore dans le pays «des automobiles du passé» et que l’on y trouve proportionnellement trois à quatre fois moins de véhicules que dans les pays occidentaux. La Russie ne compte encore que 170 voitures pour 1 000 habitants, d’après les chiffres du ministère des Transports, ce qui...