Ragheb Alama n’a pas changé. En choisissant la carte du «naturel», il n’a pas voulu prendre un nom d’emprunt, se composer un nouveau visage ou se donner des airs de grande star. Mais il a parié sur le rajeunissement de la variété libanaise. Ce valet de cœur a empoché la mise. Un succès bien mérité. lL ressemble au fils, au frère, à l’ami ou au mari que de nombreux Libanais aimeraient avoir. «Je suis comme le jeans, passe-partout ! Je me sens proche des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des riches et des pauvres». Son visage souriant plaît et inspire confiance. En plus, il chante bien. «Je ne me trouve pas particulièrement beau, j’ai un look très ordinaire, je ressemble à beaucoup de jeunes Libanais». Pourtant il soigne son apparence, pour son propre plaisir d’abord ; exit la moustache depuis le tournage de son dernier clip, «je ne l’aimais plus. Elle devenait démodée, vous ne trouvez pas ?», s’habille sur scène comme il aimerait paraître en ville, décontracté, «j’ai beaucoup travaillé sur moi, physiquement mais aussi artistiquement. J’aime paraître tel que je suis». Et c’est ainsi qu’il paraît, un jeune homme resté simple, malgré le succès et une carrière de plus de… vingt ans ! Ragheb Alama, son nom s’écrit à présent ainsi, «les étrangers le retiennent mieux», a sagement grandi dans une famille à laquelle il demeure très attaché, imposant petit à petit une passion qui deviendra une carrière, «mes parents m’ont encouragé, mais prudemment, les artistes ont toujours eu si mauvaise réputation !». Pour le jeune homme de 14 ans qui chante pour la première fois à la radio libanaise dans une émission du feu Riad Charara, «l’artiste était un envoyé de Dieu, une créature qui mangeait, respirait, vivait autrement». Mais à son grand étonnement, l’existence de Ragheb se poursuit normalement, comme le commun des mortels. À 18 ans, il participe brillamment à l’émission télévisée Studio el-fan, puis part en France à la conquête des boîtes de nuit très branchées. «Deux ans plus tard, je suis rentré au Liban. Il était temps de démarrer ma carrière avec des chansons personnelles, composées pour moi. Je voulais mon indépendance». Indépendance, il aura. Et succès. «J’ai surtout voulu réhabiliter l’image de l’artiste et révolutionner la mentalité. Dans la forme et dans le fond. Il y a quelques années, un artiste ne pouvait chanter à la télévision que la veste fermée ! Et la musique était figée dans un style traditionnel. Nous avons changé le rythme, tourné des vidéo-clips à l’étranger, USA et Italie, exporté notre musique vers le monde». Le prix de la célébrité «La célébrité est venue petit à petit avant d’atteindre cette constance que j’apprécie, car je sais comment les choses peuvent échouer ou marcher». Cette célébrité a un prix, «un travail continu. Je n’ai plus le temps de faire autre chose, penser à moi, prendre des vacances», et un équilibre constant, «je suis un parfait Gémeaux qui vacille entre calme et colère, passion et sérénité, tradition et modernité». Sa vie privée, privée de toute discrétion, la rançon de la gloire, continue à faire la une des journaux, mais Ragheb n’a rien à cacher. Il parle même ouvertement de sa vie amoureuse, une première union libre qui aura duré trois ans, une séparation et à présent un mariage heureux et deux enfants. «Mon mariage avec Jihane était très traditionnel. Je l’ai épousée par conviction, je l’ai aimée plus tard. C’est une femme parfaite». Il parle également des incidents graves qui ont jalonné ses dernières années, des agressions qui lui confirment que tout est possible. «En 1998, après un concert en Jordanie, un homme m’a tiré dessus. J’ai eu de la chance, il visait la tête, il m’a touché à l’épaule et au pied». Depuis quelques jours, Ragheb a également été victime de son succès, un inconnu ayant mis le feu à sa voiture. «Je n’ai pas peur, je sais que tout est écrit». Sans doute était- ce également écrit, dans le ciel, qu’il serait une étoile, avec tout de même les deux pieds fermes sur terre. «Ces deux dernières années, j’ai vécu caché, j’ai préparé de nouvelles chansons – il en est à sa cent dixième – et tourné de nouveaux vidéo-clips en Italie. Maintenant, les gens vont pouvoir enfin apprécier». Et c’est ainsi qu’en avant-première et en projection très privée, Ragheb présente fièrement ses deux dernières réalisations, Bahwak «un rythme et un clip très modernes dans une ambiance d’underground anglais», et Habib Albi superbement mis en scène à Venise. L’assistance privilégiée apprécie pendant que Ragheb joue, chante et danse avec son fils, en toute simplicité. Un jour, peut-être, pourra-t-il lui aussi fredonner, à sa façon, «je n’ai pas changé !»
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ragheb Alama n’a pas changé. En choisissant la carte du «naturel», il n’a pas voulu prendre un nom d’emprunt, se composer un nouveau visage ou se donner des airs de grande star. Mais il a parié sur le rajeunissement de la variété libanaise. Ce valet de cœur a empoché la mise. Un succès bien mérité. lL ressemble au fils, au frère, à l’ami ou au mari que de nombreux Libanais aimeraient avoir. «Je suis comme le jeans, passe-partout ! Je me sens proche des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des riches et des pauvres». Son visage souriant plaît et inspire confiance. En plus, il chante bien. «Je ne me trouve pas particulièrement beau, j’ai un look très ordinaire, je ressemble à beaucoup de jeunes Libanais». Pourtant il soigne son apparence, pour son propre plaisir d’abord ; exit la moustache depuis le...