La demande du dollar n’a guère dépassé hier à Beyrouth le cadre des besoins commerciaux courants du marché qui ont pu trouver souvent de contreparties valables à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Mais il n’en demeure pas moins que l’action de cette dernière continuait à gouverner les échanges interbancaires, d’ailleurs sans relief, ont indiqué les cambistes. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de vingt mois, tout en le faisant négocier invariablement au point supérieur de sa fourchette d’intervention et souvent en dehors d’elle. Cela étant, la devise américaine a dû fluctuer toute la journée entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, selon les cambistes, dans un volume d’affaires très mince ne dépassant pas au total quelque six millions de dollars, en grande partie échangés à l’achat et à la vente par les établissements de crédit de la place à 1 514,00 LL. Irrégularité de l’euro à la veille de la BCE À l’étranger, l’euro s’est montré irrégulier hier sur les marchés des changes internationaux à la veille de la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) à Dublin, glissant brièvement sous le seuil de 0,85 dollar avant de se reprendre ensuite, alors que les perspectives économiques en Europe s’assombrissent. Selon les analystes de la banque HSBC, «l’euro a manqué de direction et s’est fait chahuter». Il a décroché, en effet, face au billet vert, déprimé par les perspectives économiques de la zone euro et notamment en Allemagne où les nuages s’accumulent sur la première économie de la zone euro, poussant le pays à des appels de moins en moins discrets en faveur d’un relâchement monétaire par la BCE. Le ministre de l’Économie, Werner Mueller, a jeté un pavé dans la mare, en affirmant que la croissance allemande au deuxième trimestre pourrait être nulle. De son côté, le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, a estimé que l’objectif gouvernemental d’une croissance de 2 % en Allemagne en 2001 serait «plutôt difficile» à atteindre. En outre, les pressions inflationnistes, de plus en plus sensibles ces derniers temps dans la zone euro, laissaient croire à une accentuation des risques de stagflation et pesaient sur la monnaie unique. Dans un tel contexte de hausse des prix et de ralentissement de la demande, les analystes estiment que la BCE, si elle ne baisse pas ses taux dès aujourd’hui, a des chances de le faire le mois suivant. «Ce n’est qu’une question de temps. S’ils ne les baissent pas demain (aujourd’hui), la BCE le fera sans doute le 5 juillet», ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Par ailleurs, le yen est resté faible face au billet vert, déprimé par un changement de sentiment à son égard sur les marchés. «De plus en plus d’opérateurs craignent que le Japon ne retombe dans une phase de récession», a expliqué une analyse de la CIBC. «La détérioration des chiffres sur la croissance au premier trimestre 2001 publiés la semaine dernière, ajoutée à la réduction de l’excédent commercial (en chute de 86,1 %), prouvent que le gouvernement n’a aucun intérêt à défendre une politique de yen fort» , a-t-elle ajouté. En outre, le marché a anticipé une révision à la baisse de la croissance pour l’année en cours par le gouvernement japonais. Il table sur une révision aujourd’hui entre zéro et 1 %, au lieu d’un objectif initial de croissance de 1,7 %. Compte tenu de toutes ces considérations et aussi de l’avertissement lancé hier par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, devant le Congrès sur la détérioration de la qualité des actifs bancaires aux États-Unis en raison du fort ralentissement économique, le dollar devait se négocier à New York sur un ton irrégulier, comme suit : – 0,8545 pour un euro contre 0,8535, la veille – 1,3985 pour un sterling contre 1,4005 – 2,2885 DM contre 2,2915 – 7,6765 FF contre 7,6855 – 1,7845 FS contre 1,7910 – 2 265,95 lires contre 2 268,65 – 123,70 yens contre 122,90. Bourse de Beyrouth : en léger repli À la Bourse de Beyrouth, la baisse des actions B de Solidere de 6,00 à 5 3/4 dollars, dans une proportion plus grande que la hausse des actions de la catégorie A de 5 7/8 à 6,00 dollars, a un peu pesé hier sur la tendance d’un marché autrement stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,18 % à 61,28 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 138,48 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché un peu plus étoffé que la veille avec 51 400 actions négociées d’une valeur totale de 211 209 dollars. Hésitation des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient erratiques hier, les investisseurs étant d’un côté rassurés par les bonnes performances des financières et de l’autre préoccupés par de nouveaux avertissements sur résultats frappant les aériennes et les technologiques. Les financières ont soutenu la tendance, mais il est incertain si la cote parviendra ou non à maintenir finalement ses gains, a observé hier une analyse de Morgan Stanley. Et d’ajouter si le Nasdaq est parvenu de justesse à mettre fin à sept séances de baisse consécutive, la série ininterrompue d’avertissements sur résultats négatifs devrait continuer à l’ébranler. Sur le front macroéconomique, les signaux étaient tout aussi mitigés. D’un côté, la hausse plus forte que prévue de 0,5 % en mai de l’indice composite des principaux indicateurs économiques aux États-Unis laissait entendre que l’économie américaine s’oriente vers une reprise. De l’autre, le président de la Fed Alan Greenspan a souligné devant le Congrès hier que les banques se montraient de plus en plus dures dans l’octroi de crédits aux entreprises, ce qui, selon lui, contribue à une plus grande instabilité économique. Cela étant, l’indice composite Nasdaq est revenu à l’équilibre aux alentours de 2 000 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 702,07 points et un plus bas à 10 563,86 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 628,23 points, en hausse de 31,56 points sur la veille. La baisse des Bourses européennes tempérée par Wall Street Les marchés boursiers européens se sont repliés mercredi, sous l’effet de la chute des valeurs de la technologie, à la suite de la mise en garde sur résultats du géant allemand des microprocesseurs Infineon. La bonne tenue de Wall Street, dans l’espoir qu’une réduction des taux d’intérêt permettra de redresser les résultats des entreprises, a toutefois permis d’enrayer le mouvement. L’indice FTSE Eurotop 300 paneuropéen a perdu 3,45 points, soit 0,25 %, à 1 380,99, et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes 20,93 points, soit 0,50 %, à 4 174,50. «Le marché a réagi exagérément. Il s’inquiète un peu de toute alerte sur résultats à venir. Mais j’ai tendance à croire qu’il y aura d’autres mauvaises nouvelles avant d’entamer une reprise», a commenté Florian van Laar, d’Eureffect Asset Management. Les investisseurs espèrent que la Réserve fédérale américaine réduira ses taux d’intérêt lors de sa réunion de mardi et mercredi prochains et les économistes tablent sur une baisse modérée d’un quart de point. La Banque centrale européenne se réunit aujourd’hui, mais on n’attend là aucune action sur les taux d’intérêt. L’indice DJ Stoxx des valeurs de la technologie a cédé 3,40 %, exerçant des pressions sur les autres secteurs de la «nouvelle économie», dont les médias, en baisse de 2,60 %, et les télécommunications de 0,90 %. Alors que la veille, le fabricant américain de logiciels Oracle ravivait les espoirs de reprise rapide du secteur de la technologie avec des perspectives optimistes, Infineon a annoncé que ses résultats du troisième trimestre seront sensiblement affectés par la détérioration du marché des semiconducteurs. Siemens, la société mère d’Infineon, a abandonné 4,50 %, Marconi 5,60 %, Nokia et Ericsson 2,80 % et Alcatel 3,10 %. Contre la tendance, Deutsche Telekom a gagné 1,80 %. Tokyo : hausse dans des perspectives incertaines La Bourse de Tokyo a mis fin mercredi à une série de trois séances consécutives de baisse grâce à des achats à bon compte rendus possibles par les baisses de ces derniers temps, mais des boursiers estiment que les perspectives du marché restent sombres, les banques continuant de subir des pressions. L’indice de référence Nikkei a fini sur un gain de 100,38 points, soit 0,80 %, à 12,674 64, après un plus bas à 12 512,13 dans la matinée, et l’indice pondéré Topix a progressé de 2,94 points, soit 0,23 %, à 1 257,13. «Voyant que le Nikkei se rapprochait des 12,500 points, certains ont dû penser que le marché évoluait près de son plancher et ils ont lancé des ordres d’achat, simplement comme des ballons d’essai», a dit Yoshinobu Muraoka, du fonds d’investissement DLIBJ Asset Management. «Nous sommes peut-être près du plancher, mais peut-être pas tout à fait», a dit, quant à lui, Seiki Orimi, de Tsubasa Securities. Le Nikkei a perdu 12,9 % de sa valeur depuis qu’il était monté le 7 mai jusqu’à 14 556,11, au plus haut depuis six mois, porté par l’espoir des réformes du nouveau Premier ministre Junichiro Koizumi. Il était tombé auparavant, le 13 mars, à 11 819,70 points, au plus bas de ces 16 dernières années.
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