Les États-Unis espèrent que le premier sommet entre George W. Bush et Vladimir Poutine, le 16 juin en Slovénie, donnera un ton plus positif aux relations avec la Russie, marquées par des relents de guerre froide depuis l’arrivée au pouvoir des républicains. Les deux grandes puissances nucléaires restent opposées sur de nombreux points, comme le projet de défense antimissile et la non-prolifération nucléaire. L’affaire des espions – l’arrestation en février d’un agent du FBI, Robert Hanssen, soupçonné d’avoir espionné pour le KGB pendant quinze ans, puis les expulsions réciproques de diplomates – n’a fait qu’aggraver la méfiance. Moscou reproche à Washington de vouloir remplacer le traité antimissile ABM de 1972 pour permettre le déploiement du bouclier antimissile. Washington s’inquiète de la volonté de la Russie d’accroître sa coopération nucléaire et militaire avec l’Iran. D’autres questions non moins importantes comme l’élargissement de l’Alliance atlantique, le contrôle des armements, la liberté de la presse en Russie et la Tchétchénie seront à l’ordre du jour. «Cette relation est empoisonnée par une quantité de problèmes. Leur solution ne permettrait même pas la relation idéale que certains de nous espéraient, il y a cinq ou dix ans», affirme Philip Gordon, ex-directeur des Affaires européennes au Conseil national de sécurité sous Bill Clinton. L’actuelle conseillère pour la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, espère que le prochain sommet amènera à une compréhension mutuelle, et donc une meilleure coopération sur la défense antimissile ou le Proche-Orient. «Nous voulons établir entre ces deux présidents des relations personnelles qui puissent aider à promouvoir une relation constructive et réaliste», a déclaré Mme Rice la semaine dernière. Mais, selon elle, «le succès de ce sommet doit être vu sur le long terme. Nous n’attendons pas d’accords importants», a affirmé Mme Rice, relevant que la rencontre devait durer seulement deux heures environ. «Je pense que ce sera un succès (...) et les deux hommes vont trouver qu’ils ont beaucoup de choses en commun en vue d’une relation américano-russe réussie», a-t-elle ajouté. Certains experts ne partagent pas cet avis. «Je ne pense pas que les présidents Bush et Poutine auront beaucoup en commun», estime ainsi M. Gordon. «Je ne pense pas que nous verrons une répétition de ce qui s’est passé entre Bill et Boris au début des années 90», a estimé, pour sa part, Ivo Daalder, de la Brookings Institution, centre d’analyses basé à Washington, à propos des rapports de cordialité entre les ex-présidents Bill Clinton et Boris Eltsine. Mais, selon cet expert, «cette rencontre va déterminer l’ambiance parce que Poutine va vouloir savoir ce que pense Bush et Bush voudra savoir ce que pense Poutine. S’ils se comprennent mal, cela sera déterminant pour le reste de leur relation au cours des prochaines années». Pour Ariel Cohen, chercheur à l’Heritage Foundation, un centre d’études conservateur basé à Washington, la Russie est «un pays qui n’est ni l’ennemi de l’Amérique ni son allié. Si Poutine voit pour la Russie des avantages financiers ou concernant sa sécurité nationale aussi bien qu’une augmentation de son propre prestige, il est susceptible de coopérer avec les États-Unis», a-t-il estimé. «Sinon, les frictions dans les relations américano-russes vont probablement continuer», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les États-Unis espèrent que le premier sommet entre George W. Bush et Vladimir Poutine, le 16 juin en Slovénie, donnera un ton plus positif aux relations avec la Russie, marquées par des relents de guerre froide depuis l’arrivée au pouvoir des républicains. Les deux grandes puissances nucléaires restent opposées sur de nombreux points, comme le projet de défense antimissile et la non-prolifération nucléaire. L’affaire des espions – l’arrestation en février d’un agent du FBI, Robert Hanssen, soupçonné d’avoir espionné pour le KGB pendant quinze ans, puis les expulsions réciproques de diplomates – n’a fait qu’aggraver la méfiance. Moscou reproche à Washington de vouloir remplacer le traité antimissile ABM de 1972 pour permettre le déploiement du bouclier antimissile. Washington s’inquiète de la...