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Actualités - Chronologies

Le souci des commerçants

Afin d’habituer la population à la nouvelle monnaie, les autorités européennes ont décidé de procéder à une prédistribution des pièces et des billets avant la date officielle du 1er janvier 2002. Le cadre général de cette préalimentation a été fixé au niveau européen, mais le calendrier précis et les modalités relèvent de chaque État membre, selon le principe de subsidiarité cher à l’Union européenne. (cf le tableau ci-joint). L’idée consiste à alimenter en billets et en pièces les banques, les distributeurs de billets, les commerçants, et de distribuer au grand public des pièces seulement sous forme de kits dont la valeur s’échelonne entre 10 et 15 euros, selon les pays, afin de correspondre à une valeur ronde en monnaie nationale (100 F, 20 DEM, 500 BEF…). Les pièces seront vendues dans des sacs en plastique dont la présentation sera la plus laide possible afin d’éviter tout phénomène de collection. Les pièces et les billets en euro auront une valeur légale à partir du 1er janvier 2002, mais les monnaies nationales subsisteront de facto pendant quelques semaines. Cela pose de nombreux problèmes, en particulier pour les commerçants. Les véhicules de transport de fonds existent en nombre limité (130 seulement en Finlande par exemple) et l’opération d’échange des monnaies représente un coût significatif. Mais c’est surtout le stockage concomitant des deux unités monétaires (nationale et européenne) qui représente un casse-tête pour les banques et les commerces. Un casse-tête en termes de sécurité, car la forte augmentation des encaisses est un facteur de risque. La plupart des commerçants ne sont pas équipés pour conserver autant d’argent liquide. Marc Loward, de la chaîne belge Inno, a calculé qu’il lui fallait l’équivalent de 100 millions de francs belges en préalimentation pour les 15 magasins du groupe, soit 2,5 millions d’euros. Cette somme représente cinq fois ses besoins en argent liquide : une précaution au cas où le réapprovisionnement prendrait du retard. Treize pour cent de cette somme lui seront livrés en pièces, ce qui représente un poids de dix tonnes. Les coffres ne suffiront pas à tout conserver et Inno stockera tout cet argent dans une pièce normale, à même le sol. Autre problème : la gestion des caisses. Pendant la période de transition, il va falloir traiter deux monnaies à la fois, ce qui risque d’allonger notablement la durée du paiement. Selon une étude réalisée pour le compte des chemins de fer néerlandais, le temps nécessaire pour traiter une opération en euro est estimé à 50 secondes, 60 secondes pour un paiement en gulden (avec rendu de monnaie en euro) et 120 secondes dans l’hypothèse d’un paiement mélangeant les deux monnaies. Sans mesure correctrice, la file d’attente devant chaque guichet à la gare centrale d’Amsterdam atteindrait 100 personnes à neuf heures et culminerait à 1 200 personnes à 22 heures : une démonstration par l’absurde, car en fait les voyageurs auraient quitté la file d’attente depuis longtemps provoquant une baisse des ventes. Inno a par exemple calculé qu’une hausse de 30 secondes de la durée moyenne de transaction à la caisse provoque une perte de 17 % de son chiffre d’affaires quotidien. D’où la nécessité de prendre des mesures pour compenser cet allongement provisoire du temps de paiement. La Commission de Bruxelles recommande d’augmenter au maximum le nombre de caisses ouvertes, d’abaisser le seuil d’acceptation des cartes de paiement, d’affecter du personnel au remplissage des sacs pendant que le client paie à la caisse et de multiplier les enseignes explicatives… Pour Marc Loward, la solution passe par des sessions de formation de son personnel, afin qu’il soit à l’aise avec le maniement des euros et n’ajoute pas à la confusion des clients. Inno, dont l’activité principale n’est pas l’alimentaire, se paie aussi luxe (impossible dans les supermarchés) de refuser d’effectuer des transactions dans les deux unités monétaires. Des caisses spéciales seront affectées au paiement en euro et d’autres au paiement en franc belge, la monnaie étant rendue dans la même unité. Cette facilité, la plupart des grandes surfaces ne seront pas en mesure d’en profiter. Et Carole Brigaudeau, qui représente le secteur de la distribution au sein d’EuroCommerce, déplore que les détaillants soient les seuls à faire les frais de la transition vers l’euro, même s’ils sont convaincus à long terme des avantages de la monnaie unique. Elle souligne en particulier que les problèmes ne manqueront pas de se poser, étant donné que les particuliers ne seront pas munis de billets à l’avance. Même s’ils s’approvisionnent dans des distributeurs de billets dès le 1er janvier, ils risquent de n’y trouver que des grosses coupures, même si certains ATM se sont engagés à fournir des billets de cinq et de dix euros, afin de faciliter les premières transactions. Quant au paiement par carte bancaire, préconisé par les autorités européennes, il risque de provoquer un engorgement du système qui a déjà montré qu’il ne supportait pas une augmentation trop brutale de la demande. Soutenu par l’ensemble des institutions européennes et une grande majorité des secteurs qui sont confrontés à l’utilisation d’argent liquide, EuroCommerce réclame donc une préalimentation du public en billets. Ce que refuse la Banque centrale européenne.
Afin d’habituer la population à la nouvelle monnaie, les autorités européennes ont décidé de procéder à une prédistribution des pièces et des billets avant la date officielle du 1er janvier 2002. Le cadre général de cette préalimentation a été fixé au niveau européen, mais le calendrier précis et les modalités relèvent de chaque État membre, selon le principe de subsidiarité cher à l’Union européenne. (cf le tableau ci-joint). L’idée consiste à alimenter en billets et en pièces les banques, les distributeurs de billets, les commerçants, et de distribuer au grand public des pièces seulement sous forme de kits dont la valeur s’échelonne entre 10 et 15 euros, selon les pays, afin de correspondre à une valeur ronde en monnaie nationale (100 F, 20 DEM, 500 BEF…). Les pièces seront vendues dans des...