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Actualités - Chronologies

Onze ans après son départ, Margaret Thatcher reste omniprésente

Appelée à la rescousse par les conservateurs, symbole «d’une autre ère» pour le Premier ministre travailliste Tony Blair, Margaret Thatcher a été une référence constante tout au long de la campagne électorale britannique, onze ans après son départ de Downing Street. Pas un jour sans que le «thatchérisme» des années 1980 ne fasse l’objet de joutes verbales et publicitaires entre les candidats des tories et le Labour. Dans son dernier grand discours mardi, Tony Blair a encore martelé qu’il était «temps que la Grande-Bretagne dépasse le thatchérisme». Et de tenter de récupérer les votes des électeurs conservateurs déçus : «Il ne s’agit pas de dire que nous rejetons tout mais nous commençons à réaliser ce qui n’allait pas» sous l’ère de la Dame de fer, leur dit-il. «Cette élection est vraiment, vraiment importante parce qu’elle peut, si les gens le décident, marquer un véritable tournant historique – une rupture nette avec la politique des années 80, qui a laissé tant de nos concitoyens sur le bas-côté», insiste-t-il. Le message est clair : le leader conservateur William Hague est totalement dépassé puisqu’il revendique l’héritage politique de «Maggie» Thatcher, personnalité «d’une autre ère». «Ce n’est pas une coïncidence si Margaret Thatcher fait encore campagne pour M. Hague. Le Parti conservateur en est resté au thatchérisme et un parti qui est si fermement englué dans le passé ne peut pas se voir confier l’avenir du pays», affirme Tony Blair. Illustration saisissante qui restera l’une des seules images fortes de cette campagne : les affiches du Labour brocardent William Hague affublé de la chevelure et des atours de Mme Thatcher. L’hebdomataire très libéral The Economist réplique en affichant Tony Blair avec la perruque de Mme Thatcher en première page, mais appelle à voter pour lui, «le seul conservateur crédible pour l’heure». Le Times soutient lui aussi pour la première fois de son histoire le Labour. Pourquoi ? «Parce qu’il a consolidé beaucoup d’acquis du thatchérisme», plaide le quotidien. Un choix étonnant puisqu’en 1997, le Times avait choisi d’appuyer des candidats «eurosceptiques» plutôt que de soutenir un parti politique. Mais l’euroscepticisme semble aujourd’hui moins en vogue, un sondage ayant même indiqué pour la première fois qu’une majorité de Britanniques seraient favorables, à terme, à la monnaie unique européenne. Peu avant la parution de cette enquête, Margaret Thatcher a d’ailleurs mis en porte-à-faux les conservateurs, affirmant qu’elle «ne laisserait jamais tomber la livre» au profit de l’euro, alors que le parti Tory n’écarte la monnaie européenne que pour les cinq prochaines années. Les Tories ont depuis mis nettement moins en valeur la lutte contre la monnaie unique européenne, pourtant jusque-là leur principal cheval de bataille. À se demander si la Dame de fer est une carte maîtresse des conservateurs ou leur talon d’Achille. Pour une partie du Parti conservateur, elle est un trésor national, mais d’autres tories la voient comme une arme à double tranchant. Elle a fait voeu d’un soutien indéfectible aux conservateurs jusqu’au «jour de sa mort» et qualifié «d’excellente» la campagne de William Hague, pourtant laminé dans les sondages. Mais interrogée sur le futur patron des tories, elle ne se prononce pas. «Comment puis-je vous dire qui sera le futur leader ?», répond-elle. William Hague a, lui, pris quelques distances. «Nous aurons une approche complètement différente de tous les autres gouvernements de ces 30 dernières années», a-t-il promis à Hastings (sud de l’Angleterre), lors d’un arrêt au ... Café Maggie.
Appelée à la rescousse par les conservateurs, symbole «d’une autre ère» pour le Premier ministre travailliste Tony Blair, Margaret Thatcher a été une référence constante tout au long de la campagne électorale britannique, onze ans après son départ de Downing Street. Pas un jour sans que le «thatchérisme» des années 1980 ne fasse l’objet de joutes verbales et publicitaires entre les candidats des tories et le Labour. Dans son dernier grand discours mardi, Tony Blair a encore martelé qu’il était «temps que la Grande-Bretagne dépasse le thatchérisme». Et de tenter de récupérer les votes des électeurs conservateurs déçus : «Il ne s’agit pas de dire que nous rejetons tout mais nous commençons à réaliser ce qui n’allait pas» sous l’ère de la Dame de fer, leur dit-il. «Cette élection est vraiment,...