Le dollar continuait à être recherché hier à Beyrouth, dans un marché autrement calme et peu enclin à l’offre, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que la Banque du Liban (BDL), toujours soucieuse de maintenir la stabilité monétaire, a procédé à la vente de cette monnaie à 1 514,00 LL tout en se déclarant prête à l’acheter à 1 501,00 LL. Cela étant, le billet vert, qui a été fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi, devait être négocié dans les transactions interbancaires au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle. Mais compte tenu de la réticence aussi bien de l’offre que de la demande, le volume des échanges n’a pas pu dépasser quelque sept millions de dollars en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Accès de faiblesse de l’euro et du sterling à l’étranger À l’étranger, l’euro est repassé hier sous la barre de 0,85 dollar à la veille de la décision aujourd’hui de la Banque centrale européenne (BCE) sur les taux d’intérêt, déprimé par la dégradation de la conjoncture en Europe. Par ailleurs, la livre sterling s’est échangée à son plus bas niveau depuis 15 ans face au billet vert, à la veille des élections nationales britanniques, le marché craignant qu’une large victoire des travaillistes n’accélère le processus d’adhésion du Royaume-Uni à la zone euro. Le maintien de la monnaie unique européenne au-dessus de 0,85 dollar, niveau qu’elle avait atteint la veille, aura été de courte durée. Certes, l’euro est reparti à la baisse après l’annonce hier d’une détérioration de l’indice du climat des affaires en Europe le mois dernier. À cet égard, la Commission européenne a fait savoir hier que cet indice s’est nettement détérioré en mai dans la zone euro, passant en un mois de 0,36 à 0,06, marquant une détérioration quasi continue depuis le début de l’année où cet indice était encore à 0,98 (base 1 en 1998) en raison des baisses qui ont touché les deux principales économies européennes : l’Allemagne (-0,7) et la France (-0,6). Cela d’autant qu’on avait appris la veille que l’indice de confiance économique, qui mesure à la fois la confiance des industriels et des consommateurs en Europe, aurait reculé de 102,1 points en avril à 101,70 points le mois dernier. En outre, le dollar a trouvé appui dans les spéculations contre le sterling après la décision de la Banque d’Angleterre de maintenir son principal taux directeur inchangé à 5,25 % à l’issue de la réunion hier de son comité de politique monétaire et à la veille du scrutin électoral en Grande-Bretagne. La crainte d’une victoire écrasante des travaillistes a donc pesé sur le sterling dans la mesure où ce développement augmente les probabilités de l’adhésion du Royaume-Uni à la zone euro dans les deux prochaines années. Lors de son premier mandat en 1997, le dirigeant travailliste Tony Blair avait prudemment renvoyé la question de l’euro à la législature actuelle. Il avait depuis assuré qu’en cas de réélection, son gouvernement déciderait dans les deux ans si les conditions économiques d’une adhésion à la monnaie unique étaient réunies. Dans l’affirmative, il avait promis de convoquer un référendum. Selon l’Independent, si Tony Blair est réélu aujourd’hui, il va donner le coup d’envoi de cette campagne d’adhésion à l’euro lors d’un discours devant la Confédération des syndicats britanniques (TUC), dont la conférence annuelle se tiendra du 10 au 13 septembre prochain. De l’avis des spécialistes, une adhésion du sterling à la zone euro nécessitera une dévaluation de la devise britannique de l’ordre de 8 % pour rentrer à un niveau adéquat car son niveau actuel n’est pas tenable. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar devait être de plus en plus entouré face aux monnaies européennes, se négociant à la hausse, à New York, comme suit : – 0,8475 pour un euro contre 0,8540, la veille – 1,3910 pour un sterling contre 1,4130 – 2,3080 DM contre 2,2905 – 7,7400 FF contre 7,6810 – 1,7920 FS contre 1,7765 – 2 284,70 lires contre 2 267,30 – 120,40 yens contre 120,30. Bourse de Beyrouth : en baisse avec Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est retournée hier, la baisse des actions A de Solidere de 6,00 à 5 3/4 dollars et B de 6 1/8 à 5 5/8 dollars, dans une proportion plus grande que la hausse des actions C de la Byblos Bank de 1 5/16 à 1 3/8 dollar, a sensiblement pesé sur la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,98 % à 60,85 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires a légèrement augmenté de 0,15 % à 138,07 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché modérément actif avec 78 379 actions négociées dans valeur globale de 263 523 dollars. Les marchés américains victimes des prises de bénéfices Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont renoué avec la baisse hier, affectés par la chute du groupe informatique Hewlett-Packard qui a annoncé son intention de prendre des mesures supplémentaires de réduction des coûts afin d’«accroître la probabilité» d’atteindre un bénéfice correspondant aux attentes des analystes, soit 23 cents par action au troisième trimestre. Wall Street a été également déprimée par les titres des banques d’investissement, dont Morgan Stanley Dean Witter et Lehman Brothers, en recul dans le sillage de JP Morgan à la suite d’un abaissement de l’estimation de leurs bénéfices par la maison de courtage Bernstein. Parmi les autres titres dans l’actualité, Bristol-Myers Squibb a perdu du terrain après avoir accepté de payer 7,5 à 8 milliards de dollars, beaucoup plus que prévu, pour remporter la course au rachat de la division pharmaceutique de DuPont. En outre, Lucent Technologies, qui va proposer la préretraite à 15 000 de ses cadres, afin d’accélérer son programme de réduction des coûts, s’est montrée plus résistante aux influences baissières. En revanche, ExciteAtHome, qui va fermer ses sites en France, en Allemagne et en Espagne pour se concentrer en Europe sur la Grande-Bretagne et l’Italie, a cédé du terrain. Cela étant, l’indice composite Nasdaq s’est replié pour frôler le seuil des 2 220 points, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 11 179,68 points et un plus bas à 11 075,35 points avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 11 082,99 points, en baisse de 92,85 points sur la veille. Les Bourses européennes en baisse avec les pétrolières La faiblesse des valeurs de l’énergie a pesé sur les marchés boursiers européens mercredi, en raison d’une augmentation bien plus forte que prévu des stocks de pétrole aux États-Unis. L’indice européen FTSE Eurotop 300 a perdu 0,70 % et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro, 0,50 %. Le repli du Dow Jones à Wall Street et de l’indice Nasdaq du marché américain des valeurs de la technologie n’a guère arrangé les choses. Comme attendu, la Banque d’Angleterre a décidé de ne pas modifier ses taux. L’Institut américain du pétrole a annoncé une augmentation plus forte que prévu des stocks de produits énergétiques, ce qui a eu pour effet de peser sur les cours du pétrole. Quant à la Bourse de Paris, elle a connu une fin de séance tronquée à la suite de problèmes techniques qui ont contraint à l’arrêt des cotations 42 minutes avant l’heure habituelle de clôture (17h30 heure locale ou 15h30 GMT) puis à la décision d’Euronext d’annuler le fixing du CAC 40. Le CAC a perdu 0,36 % à 5 496,49 points dans un volume étroit de 3,3 milliards d’euros. Tokyo : en baisse minime La Bourse de Tokyo a clôturé sur une baisse infime mercredi, les valeurs de la haute technologie ayant effacé dans l’après-midi leurs gains initiaux. L’indice Nikkei a terminé en repli de 7,16 points, soit 0,05 % à 13 174,84. En début de séance, l’indice avait engrangé 130 points, dans le sillage de la clôture haussière de Wall Street la veille. L’indice élargi Topix, qui prend en compte toutes les valeurs de la première section, a fini inchangé, en baisse de 0,03 point à 1 307,52. Sur la première section, les pertes ont dépassé les gains par 731 contre 557, avec 159 valeurs inchangées, dans un volume peu étoffé de 673 millions d’actions échangées. Sur le front des technologiques, les investisseurs ont finalement préféré s’en tenir à la prudence malgré les résultats encourageants affichés par les entreprises américaines du compartiment. «Nous avons l’impression que quelque chose ne colle pas dans les récentes positions optimistes concernant les bénéfices des sociétés et l’économie américaine», a expliqué Hajime Yagi, gérant de portefeuilles chez Meiji Dresdner Asset Management. «Nous avons eu l’expérience de l’éclatement de la bulle (spéculative) au Japon (à la fin des années 1980) et nous ne pouvons pas être optimistes trop vite». Après une euphorie passagère provoquée par l’américain Lucent Technologies Inc. – qui a confirmé mardi une prévision encourageante pour son troisième trimestre -, les high techs ont subi une correction dans l’après-midi. Le fabricant de composants pour la haute technologie Kyocera Corp. a ainsi fini en baisse de 1,16 % à 11 060 yens. Le numéro un japonais des semi-conducteurs Toshiba Corp. a cédé 0,45 % à 664 yens, après un plus haut à 685 en matinée. Toshiba avait perdu environ 20 % de sa valeur depuis un plus haut de cinq mois touché le 1er mai à 842 yens.
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