La question de l’immigration, cheval de bataille de l’extrême droite de Joerg Haider, l’oppose aux conservateurs auxquels elle est pourtant alliée depuis plus d’un an pour gouverner l’Autriche. Joerg Haider, l’homme fort de l’extrême droite, a demandé lors du week-end de la Pentecôte de «réduire le regroupement familial et d’aller chercher à la place (à l’étranger) des ouvriers spécialisés dont le pays a un besoin urgent». Les lois autrichiennes prévoient un système de quotas pour chaque groupe d’immigrants. Cette année, ce pays prévoit d’accueillir 8 500 immigrants, que ce soit au titre du regroupement familial ou de l’arrivée de main d’œuvre hautement spécialisée, fortement demandée. L’Autriche accorde un permis de séjour aux étrangers ayant un emploi ou suffisamment de ressources pour ne pas peser sur le système d’aides sociales. Comme les permis de travail, ces titres de séjour sont distribués avec parcimonie. Pour pallier le manque de main-d’œuvre spécialisée, le représentant de l’extrême droite chargé du dossier des apprentis, Sigisbert Dolinschek, a demandé samedi au ministre de l’Économie Martin Bartenstein de «réfléchir à un paquet concret de mesures pour une formation meilleure et plus orientée sur l’économie des jeunes en Autriche». Il a reçu le soutien du vice-chancelier et chef du parti d’extrême droite FPOe, Susanne Riess-Passer, qui a assuré que «l’Autriche n’est pas et n’a jamais été un pays d’immigration». Reconnaissant l’existence de «divergences entre le parti conservateur OeVP et le FPOe sur ce sujet», M. Bartenstein a répondu que «le marché du travail autrichien aura un besoin urgent d’immigration hautement qualifiée». Vieillissement de la population Selon l’Institut de recherche Synthesis, l’Autriche va manquer l’an prochain d’environ 17 600 travailleurs qualifiés, dont 7 400 dans l’informatique et la technologie et 1 700 dans le commerce. Des économistes du Parti conservateur demandent, de leur côté, une augmentation des quotas d’immigrants, assurant avec le sociologue Rainer Muenz que l’Autriche risque une «perte du bien-être actuel» si elle ne recrute pas rapidement suffisamment de main-d’œuvre spécialisée étrangère. Le FPOe souhaite en revanche que le pays embauche davantage de femmes et d’Autrichiens âgés de plus de 50 ans. Ce parti plaide aussi pour une meilleure formation des Autrichiens. «L’immigration n’est pas le bon moyen pour résoudre le problème» de la pénurie de main-d’œuvre, a jugé le président du groupe parlementaire du FPOe, Peter Westenthaler. Il a prôné vendredi «des mesures de qualification pour les personnes âgées et une offensive en matière de formation en informatique et technologie». L’Autriche est, avec l’Allemagne, un fervent partisan de l’instauration d’une période de transition pouvant aller jusque sept ans pour l’arrivée dans l’UE de main-d’œuvre de pays candidats à l’Union européenne. «Dans les pays voisins de l’Est, il n’y aura que peu d’immigrants appropriés (au marché autrichien) car ces pays souffrent du même vieillissement de la population qu’en Autriche», a souligné M. Bartenstein pour qui «cela signifie que nous devons chercher les immigrants au-delà de nos voisins». Le chancelier conservateur Wolfgang Schüssel a, de son côté, plaidé pour «une immigration contrôlée et souple dans chaque branche où nous avons besoin de main-d’œuvre étrangère».
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