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Actualités - Opinions

Démocratisons la paix !

La terre contre la paix. Comment cette formule, pourtant parfaitement succincte et claire, peut-elle encore prêter à équivoque? Et comment l’empêcher de tomber inexorablement en désuétude? La terre et la paix sont étroitement interdépendantes au Proche-Orient. Exiger l’application sélective d’un volet sans l’autre, ou même avant l’autre, revient à rendre ce troc automatiquement caduc. Or les Israéliens insistent pour réclamer la paix en tergiversant avec la restitution de la terre. Inversement, les Arabes ne cessent de revendiquer la terre avant toute autre condition nécessaire à la paix. On se croirait confronté au rébus de la primauté de l’œuf ou de la poule. Faux. Les Israéliens ne se sont toujours pas résignés à se retirer de l’intégralité des terres conquises en 1967 alors que les Arabes, comme tous les peuples, aspirent à la paix. Ce dernier postulat, par définition «indémontrable ou non démontré», l’est encore moins aux yeux des Israéliens après le dernier attentat-suicide de Tel-Aviv. 20 jeunes y ont trouvé la mort. Aux yeux du monde, il ne s’agit plus là de l’intifada héroïque mais d’un acte de terrorisme qui ne fera que conforter les Israéliens dans leur certitude que les Palestiniens ne veulent pas la paix. Boycottage oblige, Libanais et Syriens n’ont à leur tour jamais réussi à transmettre leur volonté de paix au peuple israélien, à cette même majorité d’électeurs qui a porté Ariel Sharon au pouvoir. On n’élit un Sharon radical qu’en dernier ressort, lorsqu’on est fondamentalement sûr que la paix est irréalisable. Jon Alterman, politologue américain, a en effet confirmé que la majorité écrasante des Israéliens est viscéralement convaincue que les Arabes ne se contenteront jamais des terres de 1967. Dès lors, pourquoi laisser extrémistes et démagogues des deux bords continuer à nourrir cette conviction ? Aidons les Israéliens modérés à renverser cette tendance dans leur opinion publique. Le parti de gauche Meretz est un ardent défenseur d’une paix juste. Des mouvements israéliens tels que La Paix maintenant et le Bloc de la paix s’opposent activement à la colonisation. Bet’Selem milite pour les droits de l’homme des Palestiniens. Il existe même une association de réservistes qui soutient les centaines d’objecteurs de conscience refusant de servir dans les territoires palestiniens. Que Beyrouth et Damas ne consentent à négocier avec l’État hébreu que dans l’esprit de Madrid, soit ! Mais qu’ils soutiennent ces pacifistes confirmés, même indirectement car, pour conclure la paix avec le gouvernement israélien, il faut d’abord convaincre le peuple qui l’a mis en place. Que le Liban noue des contacts avec sa diaspora d’origine juive qui a déjà exprimé un désir de rapprochement. Que les médias arabes accordent plus d’attention à ceux qui prônent une alternative à l’option militaire. Cette offensive de charme devrait avoir pour seul but d’encourager les partisans de la paix en Israël en leur réitérant sans cesse la position arabe : rendre toutes les terres occupées en 1967 mettra un terme au long conflit israélo-arabe et s’accompagnera forcément d’une normalisation en bonne et due forme. Edward Said soutient qu’«il existe en Israël une audience que nous devrions pouvoir toucher, tout comme l’ANC avait choisi d’entraîner les Blancs dans sa lutte contre l’apartheid». Au vu des centaines de victimes tombées ces dernier mois, la fin en vaut certainement la peine et justifie logiquement les moyens. La paix est contagieuse, démocratisons-la !
La terre contre la paix. Comment cette formule, pourtant parfaitement succincte et claire, peut-elle encore prêter à équivoque? Et comment l’empêcher de tomber inexorablement en désuétude? La terre et la paix sont étroitement interdépendantes au Proche-Orient. Exiger l’application sélective d’un volet sans l’autre, ou même avant l’autre, revient à rendre ce troc automatiquement caduc. Or les Israéliens insistent pour réclamer la paix en tergiversant avec la restitution de la terre. Inversement, les Arabes ne cessent de revendiquer la terre avant toute autre condition nécessaire à la paix. On se croirait confronté au rébus de la primauté de l’œuf ou de la poule. Faux. Les Israéliens ne se sont toujours pas résignés à se retirer de l’intégralité des terres conquises en 1967 alors que les Arabes, comme...