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Actualités - Chronologies

Médecine et médicaments - Le risque des effets secondaires

Les progrès scientifiques ont doté l’art de guérir de possibilités thérapeutiques extraordinaires, quasi miraculeuses. Souvent, toutefois, le miracle entraîne des troubles qui constituent, à eux seuls, un nouveau chapitre de la pathologie, celui des séquelles thérapeutiques. Rançon de l’efficacité de certains principes puissants, contenus dans la pharmacopée actuelle, les effets secondaires constituent un nouveau domaine à explorer pour les scientifiques. Allergies, effets réactifs, suites indésirables, manifestations imprévues, parfois assez préoccupantes, semblent être le prix à payer pour les miraculeuses avancées de l’art de guérir. La majorité de ces maux «thérapeutiques» sont prévus et soignés, déjà, en conséquence. Mais pour une bonne partie, ils restent imprévisibles, d’où la nécessité absolue d’une vigilante prudence. Généralement les médecins, conscients de ces risques, posent bon nombre de questions à leurs patients avant de rédiger une ordonnance. Mais comme l’automédication est une habitude fort répandue, mieux vaut être avertis sur les effets secondaires indésirables, parfois totalement imprévus, afin de faire preuve de vigilance en repérant le plus tôt possible tout effet suspect. Chaque médicament est accompagné, obligatoirement, d’une notice – incluse dans l’emballage – mentionnant d’éventuels effets indésirables susceptibles d’être provoqués par l’usage du produit. Il est important de lire attentivement cette notice, surtout si le produit en question est prescrit pour la première fois au sujet. Toute manifestation indiquée, ressentie par la suite, doit inciter à la vigilance et être signalée. Dans le cas d’apparition de symptômes inhabituels après la prise du médicament, il faut noter le jour et l’heure de leur survenue, leur intensité, leur progression. Chercher si on n’a pas déjà souffert de semblables manifestations avant la prise du médicament estimé déclencheur de ces symptômes. Informer le médecin en conséquence, avant de poursuivre le traitement. Si on s’estime victime d’effets secondaires (essoufflement, palpitations, éruption, crampes, douleur), faire appel, sans attendre, au médecin avant toute nouvelle prise du médicament suspect. Le pire serait d’abandonner tout traitement, par crainte des effets secondaires. L’homme de sciences peut proposer une réduction de dose ou une autre classe de médicaments. Bien mieux que tout profane, il est en mesure de calculer les risques et d’orienter la conduite du sujet. Dans certains cas, il est impossible d’éliminer totalement les effets gênants d’un traitement. Le praticien peut alors rappeler le bénéfice du traitement en expliquant sa pertinence, malgré cet inconvénient, ou arrêter sa prise. Le fait d’en être informé, convaincu, permet souvent au sujet d’accepter les inconvénients du remède ou même de ne plus les ressentir. Remèdes et inconvénients Tous les médicaments en fait peuvent être responsables d’effets indésirables. Ces phénomènes sont repérables et il faut savoir à quel moment ils imposent l’appel au médecin. Ainsi, les antidépresseurs, les médicaments contre l’asthme (par voie orale ou en inhalateur) peuvent être instigateurs d’irritabilité, de tremblements, de nervosité, s’ils évoluent vers une grande agitation et si les symptômes durent plus de sept jours, il faut le signaler sans tarder, l’anxiété (plus ou moins légère) qu’ils entraînent au début du traitement ne doit pas dépasser une semaine après la première prise. Après, tout en principe doit rentrer dans l’ordre. Un médicament contre l’hypertension, inhibiteur de l’enzyme de conversion, un anxiolytique (contre l’anxiété) peuvent être à l’origine d’une toux: si elle persiste plus d’une semaine, il faut avertir son médecin. L’isotrétinoine, un médicament contre l’acné, un traitement hormonal substitutif, un antihypertenseur influent sur l’humeur, entraînant des symptômes dépressifs. Si l’état dure plus de deux semaines, il faut à tout prix informer le médecin, afin d’éviter que la dépression ne s’installe pour de bon. Les antidépresseurs, les antiacides, les antihistaminiques, les anxiolytiques provoquent une lassitude, proche de la fatigue. Si elle est très prononcée ou si elle dure plus d’une quinzaine de jours, il faut de même le signaler. Si un ou deux mois après le début d’un traitement contre les aigreurs de l’estomac (antiacide), un antihypertenseur, un diurétique, on se met à perdre ses cheveux, il convient de prévenir le médecin. Un antibiotique (la céphalosporine), un antihistaminique, un antiviral, un antiacide, la pilule contraceptive, un traitement hormonal substitutif provoquant un mal de tête sévère ou d’une durée qui dépasse les trois jours doivent absolument faire l’objet d’une consultation. Une baisse sensible de la mémoire constatée après deux semaines de prise d’un antidépresseur, d’un anxiolytique, d’un antihypertenseur doit être signalée au médecin soignant. Pour les antihistaminiques, l’action sur la mémoire se manifeste plus tôt, en moins d’une semaine. Une éruption cutanée provoquée par des antibiotiques, la contraception orale (pilule), les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les antidépresseurs et, en général, tout médicament, doit faire l’objet d’une consultation même si l’éruption s’est calmée. Le mal d’estomac, le mal au cœur, l’indigestion, les nausées qui persistent au-delà de deux jours de prise d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (aspirine, etc.), d’un antibiotique, d’une supplémentation en fer, ou de codéine, qui durent au-delà de 48 heures, méritent un avis médical. Lorsque des sifflements d’oreilles apparaissent dès le début d’un traitement à base d’anti-inflammatoires non stéroïde (aspirine ibuprofène), ils doivent être signalés immédiatement au médecin les ayant prescrits. Un contraceptif oral, un antidépresseur, les hypertenseurs, les bêtabloquants, les diurétiques peuvent être à l’origine d’une baisse de la libido. Si l’effet dure plus d’un mois, il mérite une consultation.
Les progrès scientifiques ont doté l’art de guérir de possibilités thérapeutiques extraordinaires, quasi miraculeuses. Souvent, toutefois, le miracle entraîne des troubles qui constituent, à eux seuls, un nouveau chapitre de la pathologie, celui des séquelles thérapeutiques. Rançon de l’efficacité de certains principes puissants, contenus dans la pharmacopée actuelle, les effets secondaires constituent un nouveau domaine à explorer pour les scientifiques. Allergies, effets réactifs, suites indésirables, manifestations imprévues, parfois assez préoccupantes, semblent être le prix à payer pour les miraculeuses avancées de l’art de guérir. La majorité de ces maux «thérapeutiques» sont prévus et soignés, déjà, en conséquence. Mais pour une bonne partie, ils restent imprévisibles, d’où la nécessité...