À peu près tout le monde est d’accord : le festival n’a pas été, cette année, à la hauteur des espoirs de ses organisateurs. Beaucoup de monde, certes, mais on a vu des années plus chargées. Et pas d’événement majeur, pas de film-choc, ne parlons pas de scandale (on se demande ce qui pourrait encore faire scandale, de nos jours, à Cannes – ou ailleurs). Pour retrouver un moment fort, il a fallu programmer un film que Cannes avait découvert – et couronné – il y a 22 ans : Apocalypse Now ! Mais dans une version substantiellement rallongée, devenue ainsi plus «authentique». Le délire Coppola n’a pas faibli – au contraire. Bravo ! Le cinéma américain, justement, on y arrive. Il s’est produit, à Cannes, quelque chose de paradoxal, de pas tout à fait normal. On avait célébré, à l’avance, le retour des «Majors» d’Hollywood, plutôt réservées à l’égard du festival, ces dernières années. Et, en effet, la sélection américaine s’annonçait plutôt impressionnante, à commencer par Moulin-Rouge [1], le film de Baz Lhurmann qui avait fait l’ouverture du festival (tout en restant en compétition). Or les Américains sont repartis quasiment bredouilles, comme si on revenait aux «oublis» d’autrefois, il est vrai relayés par le désintérêt d’Hollywood à l’égard du cinéma français (depuis si longtemps, voir les palmarès des Oscars). On se disait : au moins un prix pour Jack Nicholson (dans The Pledge, de Sean Penn, lui aussi ignoré). Même pas. On peut le regretter. [1] : Sortie au Liban prévue en octobre.
À peu près tout le monde est d’accord : le festival n’a pas été, cette année, à la hauteur des espoirs de ses organisateurs. Beaucoup de monde, certes, mais on a vu des années plus chargées. Et pas d’événement majeur, pas de film-choc, ne parlons pas de scandale (on se demande ce qui pourrait encore faire scandale, de nos jours, à Cannes – ou ailleurs). Pour retrouver un moment fort, il a fallu programmer un film que Cannes avait découvert – et couronné – il y a 22 ans : Apocalypse Now ! Mais dans une version substantiellement rallongée, devenue ainsi plus «authentique». Le délire Coppola n’a pas faibli – au contraire. Bravo ! Le cinéma américain, justement, on y arrive. Il s’est produit, à Cannes, quelque chose de paradoxal, de pas tout à fait normal. On avait célébré, à l’avance, le retour...
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