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Actualités - Biographies

De l’uniforme à la gestion du pétrole

Idriss Deby avait renversé Hissène Habré par les armes en 1990. Né en 1952 à Fada, dans le nord-est du Tchad, une des dernières oasis avant les frontières du Soudan et de la Libye, son père était un simple berger. Musulman, il appartient à l’éthnie Zaghawa, une branche du groupe Gorane installée des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise. Comme beaucoup de fils du désert, le jeune Idriss Deby se destine vite au métier des armes. Après son baccalauréat, il entre à l’école d’officiers de N’Djamena. Attiré par l’aviation, il se rend en France, où il obtient en 1976 sa licence de pilote professionnel. Revenu au Tchad, il lie son destin à celui d’Hissène Habré, dont l’ethnie Anakaza est également une branche des Gorane, et qui s’est engagé dans la lutte pour le pouvoir. Habré arrive à ses fins en 1982 : il chasse Goukouny Weddeye, dont il avait été le commandant en chef des forces armées. En remerciement de son soutien pendant la conquête du pouvoir, Idriss Deby est nommé commandant en chef. À la tête de ses troupes, il s’oppose aux forces pro-libyennes dans l’est du pays. En 1985 il est envoyé à Paris suivre les cours de l’École de Guerre... Hissène Habré préférerait le savoir loin du Tchad. Toutefois, à son retour, il obtient le poste-clef de conseiller militaire du président. Mais en 1989, les rapports se tendent entre Habré, d’une part, et, d’autre part, Idriss Deby, son cousin Hassan Djamous qui l’a remplacé au poste de commandant en chef, et son demi-frère Ibrahim Itno, ministre de l’Intérieur. Accusés de complot, craignants d’être arrêtés, les trois hommes s’enfuient de la capitale. Tandis que Djamous est tué, Idriss Deby réussit à gagner la Libye, puis le Soudan, où il lève sa propre armée, le Mouvement patriotique de salut (MPS). Commence alors une marche qui, d’octobre 1989 à décembre 1990, le conduira à N’Djamena, où il se fait nommer chef de l’État après la fuite de Hissène Habre. Le chef militaire se transforme alors peu à peu en homme politique. Il porte plus volontiers le costume civil que le treillis, et le MPS devient un parti politique. En même temps, le pays s’ouvre au multipartisme et, comme la plupart des pays africains francophones, organise sa Conférence nationale. Après six ans de «transition démocratique», il est élu président en 1996 lors de la première élection pluraliste de l’histoire du pays. Il ouvre son gouvernement à plusieurs partis d’opposition. En butte depuis octobre 1998 à une rébellion dans le Tibesti, Idriss Deby obtient en mai 2000 le feu vert de la Banque mondiale pour l’exploitation de l’immense champ pétrolier de Doba (sud) qui rapportera au Tchad deux milliards de dollars en 25 ans d’exploitation. Il promet une gestion transparente de cette manne et de réduire la pauvreté...
Idriss Deby avait renversé Hissène Habré par les armes en 1990. Né en 1952 à Fada, dans le nord-est du Tchad, une des dernières oasis avant les frontières du Soudan et de la Libye, son père était un simple berger. Musulman, il appartient à l’éthnie Zaghawa, une branche du groupe Gorane installée des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise. Comme beaucoup de fils du désert, le jeune Idriss Deby se destine vite au métier des armes. Après son baccalauréat, il entre à l’école d’officiers de N’Djamena. Attiré par l’aviation, il se rend en France, où il obtient en 1976 sa licence de pilote professionnel. Revenu au Tchad, il lie son destin à celui d’Hissène Habré, dont l’ethnie Anakaza est également une branche des Gorane, et qui s’est engagé dans la lutte pour le pouvoir. Habré arrive à ses...