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Actualités - Chronologies

Le fossé se creuse entre Bush et les modérés

La défection du sénateur James Jeffords illustre avec éclat la grogne croissante des modérés républicains face à une Administration Bush jugée trop rigide et arrogante. Ce sont les désaccords de Jeffords avec le programme fiscal de George Bush mais aussi des maladresses de la Maison-Blanche qui sont à l’origine du coup de sang du sénateur. Le Sénat est pour le moment partagé entre 50 démocrates et 50 républicains. Pour John McCain, rival de Bush lors des primaires du Parti conservateur et représentant des modérés, «les républicains doivent comprendre qu’ils pousseront les gens à l’écart du parti s’ils continuent de menacer de vengeance et de représailles ceux qui n’épousent pas la ligne officielle». Lincoln Chafee, sénateur républicain de Rhode Island, qui avait épaulé Jeffords dans ses efforts pour rejeter les coupes budgétaires concernant certains programmes sociaux, a jugé que son parti devait se montrer «plus tolérant et plus transparent» ou s’attendre à «s’enfoncer davantage dans la minorité». James Jeffords, qui honore son troisième mandat, est le premier sénateur républicain à faire défection depuis Wayne Morse en 1953. Un autre, Bob Smith, s’était déclaré indépendant pendant quelques mois en 1999 pour briguer la présidence avant de réintégrer son parti. Beaucoup d’observateurs de la vie politique à Washington estiment que cette «claque» de la part d’un vétéran du «Grand Old Party» est le résultat de la rigidité et de l’arrogance de la Maison-Blanche. «C’est presque un cas d’incompétence politique criminelle, juge Marshall Wittmann, de l’institut conservateur Hudson. Ils ont insulté personnellement un sénateur dans un Sénat à 50-50. La question est pourquoi, et la réponse est l’orgueil». Le désaccord remonte au débat sur le plan de baisse des impôts de 1 600 milliards de dollars sur dix ans que Bush a voulu voir adopté sans compromis, alors que des républicains modérés l’ont jugé risqué car susceptible de relancer les déficits. Jeffords, président de la commission sénatoriale de la santé, de l’éducation et du travail, souhaitait notamment que les coupes fiscales n’affectent pas le financement de programmes scolaires pour les personnes souffrant de handicaps. Il a affiché son hostilité au point de figurer dans une conférence de presse d’élus modérés de l’autre bord. À partir de là, dit-on au Sénat, la Maison-Blanche l’a déclaré persona non grata, oubliant de l’inviter à une cérémonie honorant un enseignant du Vermont, menaçant de saboter un projet d’aide aux producteurs laitiers de Nouvelle-Angleterre. James Jeffords aurait aussi subi des petites mesquineries de la part de certains collègues républicains organisant sans le prévenir des réunions sur les dossiers qu’il est censé gérer. Olympia Snowe, collègue républicain du Maine, dit comprendre le geste de Jeffords, mais doute que le message soit entendu tant par le parti que par le chef de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche, elle, nie avoir été l’auteur d’une quelconque rebuffade à l’encontre du sénateur. Pour Richard Gephardt, leader démocrate à la Chambre des représentants, la décision de Jim Jeffords montrera peut-être à l’Administration Bush qu’il est temps de tenir ses promesses de mener une vraie politique bipartite.
La défection du sénateur James Jeffords illustre avec éclat la grogne croissante des modérés républicains face à une Administration Bush jugée trop rigide et arrogante. Ce sont les désaccords de Jeffords avec le programme fiscal de George Bush mais aussi des maladresses de la Maison-Blanche qui sont à l’origine du coup de sang du sénateur. Le Sénat est pour le moment partagé entre 50 démocrates et 50 républicains. Pour John McCain, rival de Bush lors des primaires du Parti conservateur et représentant des modérés, «les républicains doivent comprendre qu’ils pousseront les gens à l’écart du parti s’ils continuent de menacer de vengeance et de représailles ceux qui n’épousent pas la ligne officielle». Lincoln Chafee, sénateur républicain de Rhode Island, qui avait épaulé Jeffords dans ses efforts pour...