La demande du dollar s’est contractée hier à Beyrouth, à la veille d’un long week-end en raison du chômage officiel aujourd’hui pour le premier anniversaire de la libération du Liban-Sud. Cette contraction, conjuguée, à l’apparition de quelques offres en cette monnaie à des fins d’ajustement de certaines positions de change, est venu dispenser la Banque du Liban (BDL) d’intervenir par moments pour soutenir la livre sans pour autant permettre le moindre changement dans l’orientation fondamentale du marché. Cela étant, le billet vert a continué à être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi, d’un côté, tout en se négociant effectivement, d’un autre côté, au haut de la fourchette d’intervention de la BDL, maintenu à 1 514,00 LL, comme le bas de cette fourchette à 1 501,00 LL, ont indiqué les cambistes. Mais, eu égard à la rareté de l’offre et de la demande, le volume d’échanges de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque cinq millions de dollars, dont une partie placée à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre par certaines banques de la place à ce même taux, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Coup d’arrêt à la chute de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a évolué en dents de scie hier sur les marchés des changes internationaux, se stabilisant juste autour de 0,86 dollar grâce à des spéculations sur une possible intervention de la Banque centrale européenne (BCE) comme ce fut le cas avant six mois quand il avait cassé à la baisse cette barre. La journée d’hier a cependant été assez calme, alors que les investisseurs européens étaient pour la plupart en vacances à l’occasion de la fête de l’Ascension. Même s’il paraît très peu probable aux analystes que la BCE intervienne sur le marché pour soutenir la monnaie européenne, vu le contexte de ralentissement économique dans la zone euro, les spéculations sont allées bon train sur le marché, permettant à cette devise de freiner sa glissade. En général, les rumeurs d’intervention des banques centrales (à l’achat) font remonter les monnaies affaiblies. «Il y a des spéculations sur le marché concernant une intervention de la BCE en ce moment», a ainsi observé l’économiste en chef de la banque Dresner, qui a toutefois ajouté qu’il n’y croyait pas «car le taux de change actuel du couple euro-dollar ne contribue pas dans une large mesure aux pressions inflationnistes dans la zone euro comme c’était le cas en novembre dernier», lors de l’intervention de la BCE. Pourtant, les rumeurs d’intervention ont soutenu l’euro d’autant plus que les investisseurs ont déjà largement vendu la monnaie européenne ces derniers jours. Selon les cambistes new-yorkais, un mouvement de prises de bénéfices sur le couple euro-yen a par ailleurs contribué à soutenir aussi la monnaie unique européenne contre le dollar. Cela étant, et dans l’attente du discours que devait prononcer Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), tard dans la soirée d’hier lors d’un diner à l’Economic Club de New York, qui pourrait donner des indications sur la politique monétaire aux États-Unis, le dollar s’est négocié à New York, sur un ton hésitant comme suit : – 0,8580 pour un euro contre 0,8570, la veille – 1,4090 pour un sterling contre 1,4200 – 2,2795 DM contre 2,2820 – 7,6450 FF contre 7,6540 – 1,7785 FS contre 1,7795 – 2 256,75 lires contre 2 259,35 – 120,05 yens contre 120,15. Bourse de Beyrouth : en hausse avec Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été légèrement soutenue hier par la hausse des actions A de Solidere de 5,00 à 5 1/4 dollars dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,36 % à 60,30 points, pendant que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 138,07 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires étoffé avec 761 813 actions négociées d’une valeur globale de 3 944 711 dollars. Fluctuations étroites des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont évolué hier dans une fourchette étroite en attendant le discours de Greenspan qui pourrait laisser filtrer des indications sur les perspectives de l’économie américaine. Plus tôt dans la matinée, les investisseurs avaient porté leur attention sur la défection du sénateur James Jeffords qui a quitté le parti républicain du président George W. Bush, faisant basculer la majorité au Sénat américain au profit des démocrates d’un côté, et de l’autre sur l’annonce d’une nette baisse des ventes de logements neufs le mois dernier. Ces ventes ont reculé de 9,5 %, alors que les analystes tablaient sur un recul de 3,9 % seulement, contre une hausse révisée de 4,2 % à 2,3 % en mars. Par ailleurs, les investisseurs ont été également attentifs à l’annonce d’une augmentation du nombre des demandes d’allocations-chômage aux États-Unis de 15 000 dossiers la semaine dernière, laissant croire à un nouvel accès de faiblesse de l’économie américaine. Cela étant, et dans la crainte aussi que le changement de majorité au Sénat américain à la faveur des démocrates pourrait entraver l’adoption des projets présentés la semaine dernière par le président Bush sur l’énergie, la défense et les réductions d’impôts et permettre à la nouvelle majorité au Sénat d’exercer un plus grand contrôle sur les coûts de la santé et les prix des médicaments. En effet, les titres des sociétés pétrolières, des assurances maladie, de la pharmacie et celles en rapport avec la défense ou le bouclier antimissiles ont été généralement attaqués. De leur côté, les valeurs technologiques étaient généralement irrégulières, entravant toute tentative de reprise de l’indice composite Nasdaq qui s’est maintenu autour des 2 250 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 11 173,37 points et un plus bas à 11 044,60 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 11 128,79 points, en légère hausse de 23,28 points sur la veille. Hausse des bourses européennes Les marchés boursiers européens sont parvenus à progresser modérément jeudi, dans des échanges raréfiés par les congés de l’Ascension dans plusieurs pays, mais un affaiblissement des marchés américains en début de séance a quelque peu freiné l’avance des cours. La prudence était de mise chez les professionnels de part et d’autre de l’Atlantique dans l’attente des déclarations que doit faire Alan Greenspan tard dans la soirée, chacun espérant qu’il pourra laisser filtrer des indications sur les perspectives de l’économie américaine et sur la politique de la Fed en matière de taux d’intérêt. À la clôture de la plupart des Bourses européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a affiché un léger gain de 0,15 %, à 1 479,90 points, et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro a progressé de 0,59 %, à 4 562,83. Les groupes de services publics ont tenu la vedette, le secteur gagnant globalement 1,4 %, grâce surtout à un bond en avant de 4,11 % d’EON. Morgan Stanley a fait savoir qu’elle considérait toujours ce groupe allemand comme son premier choix parmi les services publics européens. Dans le sillage d’EON, son concurrent RWE a affiché une hausse de 3,18 %. Le géant néerlandais de l’électronique grand public Philips a accusé une baisse de 3,05 % l’une des plus fortes parmi les vedettes européennes, sous le coup des inquiétudes persistantes sur la reprise du secteur des semi-conducteurs. Autres valeurs en baisse, les technologiques allemandes Infineon et Epcos ont perdu respectivement 1,53 et 0,97 %. Parmi les valeurs en baisse, le britannique Railtrack termine sur un recul de 3,67 % après l’annonce d’une perte annuelle plus lourde que prévu. Le titre avait d’abord abandonné jusqu’à 7%, mais il s’est ensuite repris, les analystes ayant bien réagi aux déclarations de la société. Tokyo : accélération de la baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 1,2 % jeudi, une forte chute à Wall Street ayant découragé les investisseurs à Tokyo, selon les opérateurs. L’indice de référence Nikkei 225 a chuté de 171,91 points, à 13 895,79 points, et l’indice élargi Topix a perdu 9,35 points, à 1 365,88, dans un volume d’échanges estimé à 814 millions de titres contre 848,5 millions mercredi. «Les velléités d’achat sont restées en berne tout au long de la journée après le plongeon hier à New York», a expliqué Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities. Mercredi, à New York, le Dow Jones a perdu 151,73 points ou 1,35 % à 11 105,51 et le Nasdaq a chuté de 70,28 points ou 3,04 % à 2 243,57. «La chute du Nasdaq, en particulier, a pesé sur les valeurs technologiques japonaises, tirant l’ensemble du marché vers le bas», a ajouté M. Kurokawa. En plus de la pression des marchés américains, le Nikkei a souffert de la hausse du yen par rapport au dollar, qui a plombé la confiance des investisseurs dans les valeurs liées aux exportations. «Le yen fort a agi négativement sur la Bourse de Tokyo, provoquant une pression à la vente contre les exportateurs japonais», a estimé Kazunori Jinnai, analyste chez Daiwa Securities SB Capital Markets. Quand le yen s’apprécie, les produits japonais coûtent plus cher ou deviennent moins compétitifs à l’étranger et la conversion en yens des bénéfices réalisés en dehors de l’archipel est moins avantageuse, autant de facteurs pénalisant les entreprises exportatrices.
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