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Actualités - Chronologies

TRIBUNE DU DISQUE - Mozart varié et fugué par Reger

Il y a une légende présentant l’auteur de l’Ode à Zeppelin tel un philosophe embrumé, animateur acharné de fugues immenses et intemporelles pour orgue ou quatuor à cordes. On vient pourtant d’avoir la surprise des quatre poèmes symphoniques d’après Böcklin nous valant la révélation d’une extraordinaire séduction et aussi d’un orchestrateur méconnu. Pour qui se veut curieux de Max Reger, sans doute faut-il commencer par cette œuvre. Mais Reger est surtout connu pour les variations qu’il a écrites en deux mois sur un thème Mozart et qui passent pour être le testament symphonique de Reger . Le thème choisi est un thème merveilleusement simple, d’une tendresse infinie, 1er mouvement de la sonate pour piano K. 331 de Mozart. La légende susdite fait de lui un successeur de Brahms. Or, ce qu’on entend l’inscrit dans un contexte tout différent, moins soucieux de compacité et de monumentalité, plus sensible aux sensualités de l’orchestre, en un mot attiré par la couleur baroque autant que par la discipline classique. Ainsi le dieu de Reger est Mozart auquel il rend ici un l’hommage d’un musicien du XXe siècle. Significatif également qu’il ait choisi, dans Mozart, un thème particulièrement caressant qu’il va traiter tout au long avec un grand souci de la grâce et de la couleur. À peine si une quatrième variation, délibérément calquée sur une de celles que Haydn avait inspirées à Brahms, rappelle l’austère Viennois auquel on veut comparer Reger. En revanche, tout au long, une couleur d’orchestre exceptionnellement savante, variée, superbe, il faut bien le dire. Si l’œuvre n’est pas de celles qui délivrent toutes leurs séductions d’un seul coup, c’est moins du fait d’une quelconque «difficulté» qu’au contraire par la pudeur avec laquelle Reger intervient. Même quand il s’est beaucoup éloigné du thème liminaire, le climat semble resté le même, et cette singulière orchestration post-wagnérienne a le mérite de renouveler (ou de bousculer) bien des idées reçues concernant, par exemple, l’adéquation des timbres ou des climats avec tels thèmes ou tels styles. Somme toute, Reger fit la pige à… Respighi. Comme il se doit, l’œuvre s’achève par une fugue, mais ici encore on sera moins frappé par sa monumentalité que par sa longueur, et Reger réussit à n’y être jamais ennuyeux pour la raison inhabituelle qu’il semble avoir été conduit par l’orchestre plutôt que par le thème. Ainsi, ce grand kaléidoscope apparaît-il moins comme une démonstration académique que comme un chef-d’œuvre d’orchestration. C’est dire le mérite de Karl Böhm d’avoir déjà enregistré cette œuvre en… 1957 à la tête de la philharmonie de Berlin que D.G.G. vient de rééditer, et qui semble d’ailleurs vivre cette musique dans ses moindres frémissements. Et plus est, la prise de son est remarquable pour l’époque.
Il y a une légende présentant l’auteur de l’Ode à Zeppelin tel un philosophe embrumé, animateur acharné de fugues immenses et intemporelles pour orgue ou quatuor à cordes. On vient pourtant d’avoir la surprise des quatre poèmes symphoniques d’après Böcklin nous valant la révélation d’une extraordinaire séduction et aussi d’un orchestrateur méconnu. Pour qui se veut curieux de Max Reger, sans doute faut-il commencer par cette œuvre. Mais Reger est surtout connu pour les variations qu’il a écrites en deux mois sur un thème Mozart et qui passent pour être le testament symphonique de Reger . Le thème choisi est un thème merveilleusement simple, d’une tendresse infinie, 1er mouvement de la sonate pour piano K. 331 de Mozart. La légende susdite fait de lui un successeur de Brahms. Or, ce qu’on entend...