L’acharnement de Montebourg contre Chirac déchaîne la droite et embarrasse le PS
le 23 mai 2001 à 00h00
La croisade du député socialiste Arnaud Montebourg pour demander le renvoi de Jacques Chirac devant la Haute Cour de justice pour les «affaires» de la ville de Paris déchaîne la droite et embarrasse les dirigeants du PS. «La démarche d’Arnaud Montebourg est une démarche qui lui est personnelle et qui n’a pas le soutien officiel ou officieux du groupe socialiste, comme du Parti socialiste», a déclaré Jean-Marc Ayrault hier, après une réunion des députés PS lors de laquelle cette initiative a été évoquée. «Nous ne l’approuvons pas et nous ne l’acceptons pas». «Je l’ai dit ; (le premier secrétaire du PS) François Hollande l’a dit; nous sommes intervenus tous les deux et nous lui avons dit», a ajouté le président du groupe PS. «Nous n’acceptons pas que le débat politique, la confrontation entre les hommes et les projets se fasse sur ce terrain judiciaire». L’Élysée n’a pas commenté la publication lundi par Le Monde d’une liste de 30 députés signataires de la résolution d’Arnaud Montebourg demandant le renvoi du chef de l’État devant la Haute Cour pour «prise illégale d’intérêt, recel d’abus de biens sociaux, trafic d’influence», quand il était maire de Paris. «Nous n’avons rien à dire là-dessus», a-t-on déclaré hier dans l’entourage de Jacques Chirac. En revanche, les amis du chef de l’État se sont déchaînés contre le député socialiste, le PS et le Premier ministre. Le député RPR Patrick Devedjian a ainsi accusé Lionel Jospin d’avoir «lâché les chiens». «C’est la manière dont le Parti socialiste a choisi de faire la campagne présidentielle», a-t-il dit sur Europe 1. «Ils veulent entretenir ce débat misérable jusqu’à l’élection présidentielle (...) Le but est de calomnier». «Lionel Jospin et ses amis du Parti socialiste ont une conception crapoteuse de la démocratie et des campagnes électorales», a renchéri dans les couloirs de l’Assemblée nationale le président du groupe RPR, Jean-Louis Debré. Pour le président du groupe UDF, Philippe Douste-Blazy, «c’est une sorte de diversion (...) au moment où la majorité plurielle est enlisée». Le député Démocratie libérale Claude Goasguen crie aussi à la «manipulation politique (...) organisée en sous-main par le Parti socialiste». Pour l’ancien président de l’UDF François Léotard, sur RMC, les socialistes «essaient de tourner l’isoloir en passant par le caniveau» parce qu’ils «ne peuvent pas gagner» les élections présidentielle et législatives. Pour aboutir, la résolution d’Arnaud Montebourg doit recueillir 58 signatures de députés ou 32 signatures de sénateurs, puis être adoptée dans les mêmes termes par l’Assemblée et le Sénat, ce qui, dans l’état actuel des choses, paraît totalement impossible.
La croisade du député socialiste Arnaud Montebourg pour demander le renvoi de Jacques Chirac devant la Haute Cour de justice pour les «affaires» de la ville de Paris déchaîne la droite et embarrasse les dirigeants du PS. «La démarche d’Arnaud Montebourg est une démarche qui lui est personnelle et qui n’a pas le soutien officiel ou officieux du groupe socialiste, comme du Parti socialiste», a déclaré Jean-Marc Ayrault hier, après une réunion des députés PS lors de laquelle cette initiative a été évoquée. «Nous ne l’approuvons pas et nous ne l’acceptons pas». «Je l’ai dit ; (le premier secrétaire du PS) François Hollande l’a dit; nous sommes intervenus tous les deux et nous lui avons dit», a ajouté le président du groupe PS. «Nous n’acceptons pas que le débat politique, la confrontation entre les...
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