Prix de la mise en scène pour Journal intime en 1994, le réalisateur italien Nanni Moretti (48 ans) a transformé cet essai en remportant dimanche la Palme d’or pour La chambre du fils, un film sur la mort d’un enfant et la difficulté de faire son deuil qui a bouleversé le festival. Déjà sorti en Italie, le film y a remporté trois David di Donatello, l’équivalent italien des César, dont celui du meilleur film et de la meilleure actrice pour Laura Morante. À Cannes, La chambre du fils avait obtenu samedi le prix de la Fipresci (la Fédération internationale de la presse cinématographique) décerné à un film de la compétition. La stanza del figlio est l’histoire d’une famille heureuse et sans histoires dans un petit port du nord de l’Italie : un couple, Paola (Laura Morante) et Giovanni (Moretti lui-même), et deux enfants adolescents, Irène et Andrea. Le film est construit en trois chapitres : le bonheur sans nuages, la perte brutale et l’apprentissage douloureux du deuil. Giovanni est psychiatre. Homme à la vie bien réglée, il fait son jogging tous les matins du côté du port et, de temps en temps, accompagne Andrea au foot ou Irène au basket. Et puis, par un dimanche ensoleillé, tandis qu’il répond à un appel au secours d’un patient atteint d’un cancer, Andrea part faire de la plongée avec des copains. Il n’en reviendra pas. Le père, obsédé par l’idée que le destin aurait pu être différent s’il n’avait pas répondu à cet appel, est accablé par un sentiment de culpabilité. Paola se raccroche comme à une bouée de sauvetage à une adolescente amie d’Andrea et essaie, à travers elle, de retrouver son fils... Avec un réalisme brutal, Nanni Moretti montre la cruauté de la séparation, le bruit terrifiant des écrous qu’on visse dans le bois du cercueil. Envahi par son chagrin, le psychanalyste ne peut plus écouter les douleurs des autres et la perte du fils le sépare de sa femme. Au cours d’un voyage qui les laisse à la frontière française, au bord de la mer, Paola et Giovanni vont cependant commencer à faire le travail de deuil. Dans ce mélo pudique, Nanni Moretti, moins narcissique et nombriliste que d’habitude (bien qu’il soit omniprésent), renonce à sa propre introspection pour aborder un thème universel.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Prix de la mise en scène pour Journal intime en 1994, le réalisateur italien Nanni Moretti (48 ans) a transformé cet essai en remportant dimanche la Palme d’or pour La chambre du fils, un film sur la mort d’un enfant et la difficulté de faire son deuil qui a bouleversé le festival. Déjà sorti en Italie, le film y a remporté trois David di Donatello, l’équivalent italien des César, dont celui du meilleur film et de la meilleure actrice pour Laura Morante. À Cannes, La chambre du fils avait obtenu samedi le prix de la Fipresci (la Fédération internationale de la presse cinématographique) décerné à un film de la compétition. La stanza del figlio est l’histoire d’une famille heureuse et sans histoires dans un petit port du nord de l’Italie : un couple, Paola (Laura Morante) et Giovanni (Moretti lui-même), et...