L’appel de la Ligue arabe à l’arrêt des contacts avec Israël est un revers diplomatique pour l’État juif qui risque de le couper de l’Égypte et de la Jordanie, ses interlocuteurs arabes privilégiés. «C’est une nouvelle erreur de la Ligue car c’est maintenant que les contacts politiques sont nécessaires», a estimé dimanche Avi Pazner, un conseiller du Premier ministre israélien Ariel Sharon. «S’ils poursuivent sur cette voie, ils seront les premiers à le regretter», a indiqué M. Pazner, avertissant que «cela pourrait mener à une nouvelle détérioration de la situation». Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, récemment nommé, a affirmé que les «contacts politiques (avec Israël) ne pouvaient se poursuivre sous les tirs des fusils israéliens». «J’espère qu’il ne s’agit là que de rhétorique et rien de plus», a estimé M. Pazner. «C’est maintenant qu’il faut discuter, c’est maintenant qu’il faut faire cesser la violence», a-t-il poursuivi. «Ce serait une erreur terrible de la part des pays arabes qui ne veulent pas d’escalade et de confrontation dans la région que de se comporter ainsi», a-t-il encore dit. Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a «regretté» l’appel de la Ligue arabe à la fin des contacts avec son pays, a rapporté dimanche le quotidien israélien Maariv. «J’espère que cet appel ne sera pas suivi d’effet par des pays arabes comme l’Égypte et la Jordanie qui dialoguent avec Israël. Ce dialogue politique est important comme le prouve leur initiative de paix», a ajouté M. Pazner. La Jordanie et l’Égypte, seuls pays arabes signataires de la paix avec Israël, ont présenté en avril une initiative de paix visant à parvenir à un arrêt des violences afin de ramener Israéliens et Palestiniens à la table des négociations. Le quotidien Yediot Aharonot, citant des sources diplomatiques israéliennes, a affirmé que l’appel arabe est un «coup fatal porté à l’initiative jordano-égyptienne». Ce plan, qui prévoit des mesures de confiance, un gel de la colonisation juive dans les territoires palestiniens et la relance des négociations pour un règlement définitif dans un délai d’un an, est soutenu par les Palestiniens. L’Égypte, signataire d’une paix avec l’État juif en 1979, avait lancé un premier avertissement en novembre aux dirigeants israéliens, moins d’un mois après le début de l’intifada, en rappelant son ambassadeur à Tel-Aviv. De son côté, la Jordanie, qui a signé une paix avec Israël en 1994, n’a pas remplacé son ambassadeur à Tel-Aviv après la fin de son mandat.
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