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Actualités - Chronologies

La colonisation redevient la question-clé

Le gel de la colonisation juive est revenu au premier plan et apparaît comme la clé d’un arrêt des violences, selon le rapport intérimaire de la commission Mitchell. L’intifada d’al-Aqsa, qui avait un caractère profondément religieux, se mue en «intifada de la colonisation», selon la presse israélienne. Les Palestiniens, qui s’estiment bernés par les gouvernements israéliens successifs, ne se contentent plus de promesses d’un ralentissement de la construction, alors que le nombre de colons a doublé depuis les accords d’Oslo de septembre 1993. Le gel de la colonisation, préconisé par le rapport Mitchell, est «la clé» de tout espoir de solution négociée, a assuré mardi le négociateur palestinien Saëb Erakat. Selon le Bureau national israélien des statistiques, il y avait un peu plus de 100 000 colons en Cisjordanie et dans la bande de Gaza lors de la signature des accords d’Oslo et 114 000 à la fin de 1993. On en compte environ 200 000 aujourd’hui, dont 6 500 dans la bande de Gaza : 196 400 selon le mouvement anticolonisation La Paix maintenant et 204 000 selon le Conseil des implantations juives. Le nombre officiel de colonies s’élève à 144. Mais ce chiffre ne comprend pas une cinquantaine de points de colonisation établis à l’initiative des colons et endossés par la suite par l’État. Ce développement spectaculaire s’est produit après qu’Israël eut annoncé en 1993 un «gel partiel» de la colonisation et après des engagements réitérés des différents gouvernements à ne pas établir de nouvelles colonies mais à pourvoir seulement aux besoins de leur «croissance naturelle». «C’est une tromperie pure et simple», affirme le porte-parole de La Paix maintenant, Didi Remez. «Pour ne pas reconnaître la construction de nouvelles colonies, on les a baptisées quartiers A, B, C, D de la même implantation, même quand ces quartiers sont éloignés de plus d’un kilomètre de l’implantation mère», souligne-t-il. La «croissance naturelle», destinée en principe à répondre aux besoins des colons sur place et leurs enfants, masque des projets beaucoup plus ambitieux destinés à parfaire «la maille qui enserre les zones autonomes palestiniennes dans un réseau serré de colonies et de routes», ajoute-t-il. Selon La Paix maintenant, il n’y a pas besoin de construire de nouvelles maisons alors que 9 000 logements sont vides ou en chantier. Les autorités ont pourtant publié en mars des adjudications en vue de la construction de 708 logements pour des colons en Cisjordanie. Le ministère de l’Habitat a demandé un allègement des charges fiscales des entrepreneurs pour faciliter l’achat de logements dans deux colonies de Cisjordanie, Givat Zeev et Beitar Eilit, autour de Jérusalem et dans le nouveau quartier de colonisation de Har Homa, à Jérusalem-Est, selon un porte-parole du ministère. La crise de l’immobilier, générale en Israël, est particulièrement ressentie dans les colonies où des centaines de familles cherchent à vendre leurs maisons sans trouver d’acquéreurs. Cette tendance est surtout perceptible dans les petites colonies où les problèmes de sécurité sont encore plus aigus. En revanche, on ne constate guère de départs dans les colonies à forte teinte idéologique, bastions du noyau dur ultranationaliste et religieux. Une porte-parole du Conseil des implantations, Carni Eldad, minimise le phénomène : «Il n’y a que des dizaines de départs». «Gel ou non des colonies, aucun gouvernement ne nous fera partir», ajoute-t-elle.
Le gel de la colonisation juive est revenu au premier plan et apparaît comme la clé d’un arrêt des violences, selon le rapport intérimaire de la commission Mitchell. L’intifada d’al-Aqsa, qui avait un caractère profondément religieux, se mue en «intifada de la colonisation», selon la presse israélienne. Les Palestiniens, qui s’estiment bernés par les gouvernements israéliens successifs, ne se contentent plus de promesses d’un ralentissement de la construction, alors que le nombre de colons a doublé depuis les accords d’Oslo de septembre 1993. Le gel de la colonisation, préconisé par le rapport Mitchell, est «la clé» de tout espoir de solution négociée, a assuré mardi le négociateur palestinien Saëb Erakat. Selon le Bureau national israélien des statistiques, il y avait un peu plus de 100 000 colons en...