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Actualités - Chronologies

La peine de mort en accusation

Le 2 mars 2000, un jeune Noir, Odell Barnes, était exécuté dans une prison texane, pour le meurtre d’une amie de sa mère qu’il a toujours nié. Était-il coupable ? Était-il innocent ? Le documentaire Made in the USA, présenté mercredi à Cannes par Solveig Anspach, se refuse à trancher, mais exploite chaque doute pour condamner la peine de mort. «Coupable : Barnes Odell. 18h15 : ligoté sur la civière. 18h17 : perfusion dans le bras droit. 18h19 : perfusion dans le bras gauche. 18h24 : dernières paroles. 18h25 : début de l’injection léthale. 18h34 : déclaré mort». Le rapport est lu en voix off. La nuit tombe sur la prison de Huntsville. Sans effets de style, Solveig Anspach (révélée par Haut les cœurs) et la journaliste américaine Cindy Babski détaillent l’enquête et la contre-enquête sur l’affaire Helen Bass, retrouvée morte chez elle un soir de novembre 1989. Si elle consterna la France, où une centaine de personnes correspondaient avec Odell Barnes, cette énième exécution n’émut pas l’Amérique qui s’apprêtait à élire président le gouverneur texan George W. Bush. Placé à la place du juré, le spectateur ne sait plus quoi penser. Les témoins, filmés en vidéo, défilent, à charge et à décharge : le père d’Odell qui ne vit pas son fils durant ses 91 derniers jours, parce qu’il n’était «pas sur la liste des visiteurs autorisés» ; le procureur du Comté qui rejette chaque élément de la contre-enquête et conclut lors d’une interview : «Même si un Martien avait débarqué dans le jardin de la victime, quel rapport cela aurait-il avec les preuves matérielles contre Odell Barnes ?» Un doute Tout est dit, puis contredit. Odell a-t-il violé son amie ou a-t-il couché avec elle quelque temps avant le meurtre, lui que son sperme accuse ? Une question parmi des dizaines d’autres. «Le propos n’est pas de trancher sur l’innocence ou la culpabilité, mais de montrer qu’il y a un doute, sérieux», explique Solveig Anspach, dépourvue d’intime conviction. «Ce que je sais, c’est que Odell Barnes n’était pas la même personne en 2000 qu’en 1989». «L’enquête a été menée par des individus qui voulaient une exécution à tout prix (...) Au Texas, les juges sont élus. La peine de mort figure à leur programme. Et ce sont eux qui nomment les avocats commis d’office, les seuls à défendre les plus pauvres», explique la réalisatrice de mère islandaise et de père américain, installée en France. Quant à la contre-enquête, elle fut dirigée par des «abolitionnistes militants», grâce aux fonds réunis par l’association française Lutte pour la justice. Le film, lui-même, assume son «esprit militant». Odell Barnes s’y exprime longuement à travers la lecture de ses lettres. «Nous n’avons pas été autorisées à le rencontrer. Mais c’était important pour nous qu’il sache que ce film allait se faire. Pour parler au nom de tous ces gens qui sont derrière ces murs, coupables ou innocents», dit Solveig Anspach. Quand le film sortira en France, elle essaiera de «faire venir les avocats et les détectives privés pour qu’il y ait une vraie discussion». De son côté, l’Américaine Cindy Babski, coauteur du sujet, prend des contacts pour que le film soit «diffusé aux États-Unis au cinéma ou, éventuellement, à la télévision».
Le 2 mars 2000, un jeune Noir, Odell Barnes, était exécuté dans une prison texane, pour le meurtre d’une amie de sa mère qu’il a toujours nié. Était-il coupable ? Était-il innocent ? Le documentaire Made in the USA, présenté mercredi à Cannes par Solveig Anspach, se refuse à trancher, mais exploite chaque doute pour condamner la peine de mort. «Coupable : Barnes Odell. 18h15 : ligoté sur la civière. 18h17 : perfusion dans le bras droit. 18h19 : perfusion dans le bras gauche. 18h24 : dernières paroles. 18h25 : début de l’injection léthale. 18h34 : déclaré mort». Le rapport est lu en voix off. La nuit tombe sur la prison de Huntsville. Sans effets de style, Solveig Anspach (révélée par Haut les cœurs) et la journaliste américaine Cindy Babski détaillent l’enquête et la contre-enquête sur l’affaire...