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Actualités - Chronologies

Mortelle randonnée avec « Roberto Succo »

Roberto Succo de Cédric Kahn, le deuxième film français en compétition pour la Palme d’or à Cannes, relate la mortelle randonnée d’un parricide fou et amoureux, dont l’histoire brève et fulgurante est portée par un parfait inconnu au regard magnétique. L’histoire vraie de cet Italien, dont la folle cavale entre la Côte d’Azur, la Savoie et la Suisse a défrayé la chronique en 1988, a été adaptée par le réalisateur de Bar des rails, Trop de bonheur et L’ennui à partir d’un livre écrit par Pascale Froment. Pour incarner ce personnage, Cédric Kahn a eu la main heureuse en choisissant un inconnu qui n’avait jamais envisagé de jouer. Stefano Cassetti, brun aux yeux bleu très clair, a le regard halluciné de cet homme imprévisible qui tantôt abat froidement un policier, tantôt épargne une proie sans défense et la libère en lui faisant une bise. La vie à côté de lui ne semble tenir qu’à un fil. En 1981, à Mestre, dans la banlieue de Venise, il assassine ses parents à coups de couteau. Un vrai carnage que le réalisateur montre brièvement en prégénérique. Il a 19 ans. Interné dans un asile psychiatrique, il profite d’une permission pour prendre le large en 1986 et gagner la France. C’est là, sur la Côte d’Azur, que Cédric Kahn le filme au moment où il rencontre Léa (Isild le Besco) en vacances pour l’été. Ils dansent ensemble. Léa, avec l’innocence et la naïveté de ses 16 ans, ne se pose pas de questions. Elle est séduite par cet étrange étranger qui se fait appeler Kurt et lui, impuissant avec les filles, est amoureux pour la première fois. Quand Léa regagne la Savoie, Kurt/Roberto fait des allers et retours au volant de voitures volées. Une traque haletante Son chemin est parsemé de morts et de cambriolages. Il tue avec aisance. À l’une de ses victimes, il dit : «La mort ne compte pas parce que la vie est comme un rêve». Il n’est pas fiché et sa conduite est si incohérente que la gendarmerie met longtemps à faire un lien entre toutes ces agressions. C’est le major Thomas (Patrick Dell’Isola) qui, le premier, recoupe les faits et se lance, toujours avec un temps de retard, sur sa piste... Bien qu’on connaisse la fin tragique de ce tueur psychopathe, qui se faisait passer pour un terroriste et un prisonnier politique, le film de Cédric Kahn est une traque haletante, filmée en cinémascope, souvent dans des atmosphères sombres, trouées d’éclaircies ensoleillées lorsque Roberto Succo rencontre Léa. La spirale de violence s’arrête alors pour des haltes champêtres et paisibles dans les herbes folles. Les paysages de Savoie, les petites routes de montagne qui serpentent entre des prairies parsemées de plaques de neige, les montagnes oppressantes qui surplombent le lac, sombre et froid, sont un personnage à part entière de ce «road movie» dont tous les acteurs sont parfaits. Isild Le Besco a l’ambiguïté troublante de l’amoureuse qui finit par trahir et Patrick Dell’Isola, dans la peau du gendarme, apporte le contrepoint et la distance nécessaire pour que Roberto Succo ne devienne pas un héros mythique. Cédric Kahn situe son film entre «la biographie, le film d’amour, le polar et le documentaire». «Je voulais éviter deux écueils, explique-t-il, faire de Succo une victime de la société ou, à l’inverse, un monstre sanguinaire ; ce qui était pour moi deux manières d’en faire un héros».
Roberto Succo de Cédric Kahn, le deuxième film français en compétition pour la Palme d’or à Cannes, relate la mortelle randonnée d’un parricide fou et amoureux, dont l’histoire brève et fulgurante est portée par un parfait inconnu au regard magnétique. L’histoire vraie de cet Italien, dont la folle cavale entre la Côte d’Azur, la Savoie et la Suisse a défrayé la chronique en 1988, a été adaptée par le réalisateur de Bar des rails, Trop de bonheur et L’ennui à partir d’un livre écrit par Pascale Froment. Pour incarner ce personnage, Cédric Kahn a eu la main heureuse en choisissant un inconnu qui n’avait jamais envisagé de jouer. Stefano Cassetti, brun aux yeux bleu très clair, a le regard halluciné de cet homme imprévisible qui tantôt abat froidement un policier, tantôt épargne une proie sans...