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Actualités - Chronologies

Quand le public était roi

Jadis, il y avait les starlettes en bikini, on voyait Michèle Morgan se balader sur la Croisette, la caméra 16 tournait, et le public de Cannes, alors, était roi. Depuis, les temps ont changé au festival. Les stars se cachent, les télévisions règnent et les fans peu à peu sont éloignés du monde du cinéma, racontent deux nostalgiques, Henri Charles Sebban, fêtard invétéré de 52 ans qui a ses entrées chez les VIP depuis l’adolescence, et Fernande Vidiella, groupie de 62 ans, aux marches du Palais depuis plus de trois décennies. C’était l’époque du vieux palais (rasé depuis), petit et convivial, de Brigitte Bardot et des stars américaines, dans les années 60. «Les vedettes se promenaient sans garde du corps, de-ci de-là sur la Croisette on voyait Michèle Morgan et Henri Vidal. Il nous arrivait de prendre un café à côté d’artistes, Gregory Peck ou Sofia Loren. On n’avait pas idée de leur demander un autographe, on respectait leur anonymat même s’ils étaient connus», raconte Mme Vidiella. À Cannes, tout le monde parle encore de la gentillesse de Michèle Morgan qui répondait toujours à qui lui adressait la parole. On voyait alors peu de badauds, peu de journalistes, peu de fêtes, peu de pub et moins d’extravagance. Et puis il y avait les starlettes. «J’avais 15 ans. Avec les copains du lycée on essayait d’aller sur les plages regarder les premiers seins nus. Les jeunes filles se roulaient dans le sable entourées de photographes. Elles voulaient vraiment faire carrière dans le cinéma. Aujourd’hui, la nudité est devenue tellement courante qu’elles ont disparu. Cela a enlevé quelque chose à Cannes», raconte M. Sebban. C’est à partir des années 70, quand le vieux palais a été agrandi et que le nouveau a été construit, immense avec ses multiples salles de projection, que le festival a commencé à changer. En cette décennie, Catherine Deneuve parlait encore aux gens et Marcello Mastroiani continuait de s’attabler en terrasse. Mais au fil des ans, le festival a pris une autre dimension, les télés ont commencé à arriver en masse et le glamour à s’effriter. Les stars ont abandonné la Croisette pour rester entre elles à l’hôtel ou dans l’arrière-pays. «Aujourd’hui c’est un autre univers, il y a une surmédiatisation et beaucoup de flambe : c’est à qui organisera la plus belle soirée à laquelle les stars ne vont jamais. Le festivalier est mis à l’écart : il ne peut plus aller sur les plages accaparées par les sponsors, ni dans les hôtels protégés par des vigiles, il a moins d’entrées pour les projections», regrette M. Sebban.
Jadis, il y avait les starlettes en bikini, on voyait Michèle Morgan se balader sur la Croisette, la caméra 16 tournait, et le public de Cannes, alors, était roi. Depuis, les temps ont changé au festival. Les stars se cachent, les télévisions règnent et les fans peu à peu sont éloignés du monde du cinéma, racontent deux nostalgiques, Henri Charles Sebban, fêtard invétéré de 52 ans qui a ses entrées chez les VIP depuis l’adolescence, et Fernande Vidiella, groupie de 62 ans, aux marches du Palais depuis plus de trois décennies. C’était l’époque du vieux palais (rasé depuis), petit et convivial, de Brigitte Bardot et des stars américaines, dans les années 60. «Les vedettes se promenaient sans garde du corps, de-ci de-là sur la Croisette on voyait Michèle Morgan et Henri Vidal. Il nous arrivait de prendre un...