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Actualités - Chronologies

POLOGNE - Jaruzelski affronte à nouveau la justice

Longtemps retardé, le procès de l’ancien dirigeant communiste Wojciech Jaruzelski pour son rôle dans le massacre des chantiers navals de Gdansk en 1970 s’ouvre aujourd’hui devant un tribunal de Varsovie. Le général, qui onze ans plus tard imposera la loi martiale pour tenter d’éliminer le syndicat Solidarité, était ministre de la Défense à l’époque des faits. L’armée tira sur la foule des ouvriers protestant contre l’augmentation des prix des denrées de base, tuant 44 d’entre eux selon un bilan officiel. Le procès à l’encontre d’autres dirigeants de l’époque – Jaruzelski en ayant été exclu pour raisons de santé – a débuté il y a cinq ans et 90 volumes rendant compte de 4 000 témoignages ont déjà été rassemblés. La procédure a été longtemps bloquée par la question de savoir devant quel tribunal le procès devait avoir lieu. La Cour suprême polonaise a finalement décidé la réouverture du procès devant une cour civile et la comparution du général. S’il est reconnu coupable, l’ancien numéro un communiste risque la réclusion à perpétuité. Ce procès, dix ans après la chute du communisme, a rouvert les vieilles cicatrices. La coalition Solidarité, au pouvoir, estime que Jaruzelski doit être traité comme un criminel, tandis que les ex-communistes (opposition) pensent que c’est à l’histoire de juger. Responsabilité « morale » «C’est une des dernières tentatives de juger les crimes communistes. Les dirigeants communistes doivent être condamnés pour ce qu’ils ont fait, tout comme les criminels nazis allemands le furent», souligne Miroslaw Styczen, leader de l’aile droite de la coalition au pouvoir. «Le cas Jaruzelski devrait être laissé aux historiens. Ces événements ont eu lieu dans un contexte radicalement différent et aucun tribunal n’est capable de les juger. Ce vieil homme malade ne devrait pas être harcelé», juge au contraire la porte-parole de l’Alliance démocratique de gauche (SLD). Les ex-communistes dominent dans les sondages et paraissent bien partis pour remporter les prochaines élections de septembre en Pologne, et le cas Jaruzelski ne semble guère mobiliser l’opinion publique. Dans cette affaire, le principal intéressé reconnaît une «responsabilité morale» mais dément toute implication directe. «Je me sens coupable en un sens moral, non seulement en tant que ministre de la Défense, mais en tant que personne qui travaillait dans les sphères du pouvoir», avait dit le général l’année dernière. Jaruzelski, déjà jugé pour l’imposition de la loi martiale, qui aboutit à la mort ou à l’emprisonnement de milliers de militants d’opposition, n’a pas été condamné grâce à une loi votée en 1996 par un Parlement dominé par les partis héritiers du système communiste. Pour ce nouveau procès, les avocats prédisent une longue bataille de procédure.
Longtemps retardé, le procès de l’ancien dirigeant communiste Wojciech Jaruzelski pour son rôle dans le massacre des chantiers navals de Gdansk en 1970 s’ouvre aujourd’hui devant un tribunal de Varsovie. Le général, qui onze ans plus tard imposera la loi martiale pour tenter d’éliminer le syndicat Solidarité, était ministre de la Défense à l’époque des faits. L’armée tira sur la foule des ouvriers protestant contre l’augmentation des prix des denrées de base, tuant 44 d’entre eux selon un bilan officiel. Le procès à l’encontre d’autres dirigeants de l’époque – Jaruzelski en ayant été exclu pour raisons de santé – a débuté il y a cinq ans et 90 volumes rendant compte de 4 000 témoignages ont déjà été rassemblés. La procédure a été longtemps bloquée par la question de savoir devant...