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Actualités - Chronologies

Léaud, « le pornographe »

«Le Pornographe», du jeune réalisateur Bertrand Bonello, présenté samedi à la Semaine de la critique, évoque une réflexion sur le cinéma d’auteur à travers les films X et un conflit entre un homme, interprété par Jean-Pierre Léaud, et son fils en révolte avec la génération 68. Jacques Laurent, pornographe en vogue dans les années 70, se remet à tourner des films porno auxquels il veut donner un nouveau sens. Il retrouve son fils de 17 ans Joseph, interprété par Jérémie Régnier (Le pacte des Loups et La promesse des frères Dardenne), qui avait claqué la porte quelques années auparavant après avoir appris le vrai métier de son père. «Je me demandais si un pornographe arriverait à mettre de l’amour dans un film X. La pornographie permettait de parler du cinéma, de la politique, du mensonge. Ce n’est qu’au montage qu’il m’est apparu que l’on pouvait effectivement remplacer “pornographie” par “cinéma d’auteur”, comme lui marginal et artisanal», explique à l’AFP Bertrand Bonello, 32 ans, dont c’est le second long métrage. Ainsi on voit le cinéaste diriger notamment une fellation dans un film à petit budget puis rentrer chez lui retrouver une femme impassible et résignée, interprétée par Dominique Blanc (déjà vue à Cannes dans la même sélection dans La plage noire), avant de plonger dans la solitude. Une des particularités du film réside dans le tournage de vraies scènes porno avec la star du X, Ovidie. «J’étais convaincu que ce serait finalement plus obscène si je montrais l’acte simulé. Et puis la scène n’a pas un rôle pornographique, elle a un rôle dramatique. C’est Jacques face à son échec», explique Bertrand Bonello. Car c’est aussi d’un conflit de générations qu’il s’agit, entre le père pour qui «faire de la porno dans les années 70 était un acte politique», et le fils, révolté par cet héritage qui dit : «En 68, descendre dans la rue c’était faire la fête, pour nous c’est une défaite. Se taire, c’est cela l’ultime contestation». Bertrand Bonello n’a pas jugé, dit-il, mais fait un constat lucide qui peut faire grincer des dents. «Une génération se forge en rompant avec la précédente. Or la précédente a tout fait, elle nous laisse quelque chose de pas facile à gérer, elle n’a pas pensé à nous». Film d’auteur tourné en 16 mm gonflé en 35, Le Pornographe évolue au fil de références de la Nouvelle vague qu’incarne Jean-Pierre Léaud. «Un prolongement, plus qu’une inspiration», précise son réalisateur, d’abord impressionné à l’idée de diriger un acteur de Truffaut, Pasolini ou Eustache. «Tout s’est fait très simplement. On ne se connaissait pas, il a accepté. Il était très enfermé dans le scénario, très à l’écoute, pour lui le cinéaste est celui qui a la vision».
«Le Pornographe», du jeune réalisateur Bertrand Bonello, présenté samedi à la Semaine de la critique, évoque une réflexion sur le cinéma d’auteur à travers les films X et un conflit entre un homme, interprété par Jean-Pierre Léaud, et son fils en révolte avec la génération 68. Jacques Laurent, pornographe en vogue dans les années 70, se remet à tourner des films porno auxquels il veut donner un nouveau sens. Il retrouve son fils de 17 ans Joseph, interprété par Jérémie Régnier (Le pacte des Loups et La promesse des frères Dardenne), qui avait claqué la porte quelques années auparavant après avoir appris le vrai métier de son père. «Je me demandais si un pornographe arriverait à mettre de l’amour dans un film X. La pornographie permettait de parler du cinéma, de la politique, du mensonge....