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Actualités - Chronologies

Golfe - Bahrein touché de plein fouet par le chômage

Bahrein, un petit émirat du Golfe de 700 000 habitants, engagé dans des réformes démocratiques, est touché de plein fouet par le chômage, en partie à l’origine des troubles antigouvernementaux de 1994 à 1999. Le chômage, qui a conduit récemment des jeunes à organiser un sit-in de protestation dans l’enceinte du ministère du Travail à Manama, touche 20 000 à 30 000 personnes, soit plus de 20 % de la population active bahreinie, selon des membres du Majles al-Choura, le Conseil consultatif chargé d’exprimer des avis sur la politique intérieure. Bahrein, qui était devenu en 1932 le premier État arabe du Golfe à produire du pétrole, n’en exporte plus aujourd’hui car ses réserves sont pratiquement épuisées. Lors d’un débat houleux en début de semaine au Majles, un membre du Conseil, Abdel Hussein Ali Mirza, a averti que le problème du chômage devrait figurer «en tête des priorités en raison de ses risques sur la stabilité sociale». Fin avril, le Premier ministre, Khalifa ben Salmane al-Khalifa, avait annoncé un plan de 25 millions de dinars (65,5 millions de dollars) pour «trouver des emplois» aux jeunes et leur offrir une formation professionnelle. Ce plan «va permettre de créer dans un premier temps 4 000 emplois pour une main-d’oeuvre qualifiée», a précisé le ministre du Travail Abdel Nabi al-Chouala. En raison des moyens financiers limités dont il dispose, le gouvernement table sur le secteur privé pour réussir son plan, a souligné cheikh Khalifa. Cette approche a été critiquée au Majles. «Nous ne devons pas rejeter le problème du chômage sur le secteur privé», a affirmé un membre du Conseil, Khaled al-Masqati, en proposant de réduire la main-d’oeuvre étrangère. Les étrangers, qui sont 300 000, représentent environ 40 % de la population totale à Bahrein. Un ancien membre du Parlement bahreini dissous en 1975, Ali Rabia, a pour sa part proposé que les Bahreinis puissent entrer dans l’armée et la police, ouvertes aux étrangers mais fermées aux Bahreinis de confession chiite. «Le non-emploi des Bahreinis dans l’armée et la police (...) est une atteinte à la Constitution, qui stipule l’égalité des chances et la non-discrimination» à l’encontre des Bahreinis, a déclaré M. Rabia. La présidente de l’Association des femmes bahreinies, Mariam al-Roui’i, a déploré de son côté «la naturalisation par le gouvernement d’expatriés arabes qu’il emploie dans la police». Une autre option serait de prospecter le marché du travail dans les riches monarchies du Golfe, afin d’y trouver des emplois pour les chômeurs bahreinis, a affirmé un expert de la Banque mondiale, Ala’a al-Youssef. Des millions d’expatriés, notamment asiatiques, travaillent dans ces monarchies. «Le secteur privé bahreini ne peut prendre à sa charge l’embauche des Bahreinis», a estimé M. Youssef, qui vient de rentrer d’exil grâce au processus de réformes démocratiques, amorcé cette année dans l’émirat. Ces réformes, approuvées en février par référendum et prévoyant le rétablissement du Parlement dissous il y a 26 ans, ont mis fin à plusieurs années de troubles qui ont fait au moins 38 morts. Animés par les chiites, majoritaires à Bahrein, ces troubles antigouvernementaux avaient des causes politiques mais aussi sociales avec un chômage élevé.
Bahrein, un petit émirat du Golfe de 700 000 habitants, engagé dans des réformes démocratiques, est touché de plein fouet par le chômage, en partie à l’origine des troubles antigouvernementaux de 1994 à 1999. Le chômage, qui a conduit récemment des jeunes à organiser un sit-in de protestation dans l’enceinte du ministère du Travail à Manama, touche 20 000 à 30 000 personnes, soit plus de 20 % de la population active bahreinie, selon des membres du Majles al-Choura, le Conseil consultatif chargé d’exprimer des avis sur la politique intérieure. Bahrein, qui était devenu en 1932 le premier État arabe du Golfe à produire du pétrole, n’en exporte plus aujourd’hui car ses réserves sont pratiquement épuisées. Lors d’un débat houleux en début de semaine au Majles, un membre du Conseil, Abdel Hussein...