Capitale du film où brillent stars et paillettes, le Festival de Cannes est aussi un vaste marché des affaires qui, à travers subventions, mécénat et commerces lucratifs, génère entre 600 millions et un milliard de francs pour la ville et la région immédiate. Comme le champagne, l’argent coule à flots durant le festival qui draine 35 000 professionnels du cinéma, 4 000 journalistes et quelque 200 000 curieux. Il y a trois ans, dans une étude consacrée à Cannes et sa région, la Banque de France estimait à 550 millions de francs les retombées du festival. «Ce chiffre me paraît faible», a déclaré Jean-Pierre Calmel, le directeur financier du Festival international du film (FIF) qui parle d’un milliard de francs. Pendant une douzaine de jours, la ville vit à cent à l’heure : hôtels et restaurants affichent complet, boutiques de luxe, joailliers et salons de coiffure sont envahis par les stars et leurs «gorilles» tandis que les limousines et voitures de sport embouteillent la Croisette devenue le temps du festival une immense caravane publicitaire. Par exemple, les façades, les salons et les plages des quatre palaces de la Croisette (Majestic, Carlton, Noga-Hilton et Martinez) sont recouverts de placards publicitaires loués entre 50 000 et 150 000 francs. «Le Majestic offre 80 espaces publicitaires pour un montant total de 2 millions de francs», explique Pascal Brun, le directeur de l’hôtel. Au Carlton, une maison de production américaine a acheté le droit d’apposer son nom sur les porte-clefs des chambres. Les joailliers signent des contrats d’exclusivité avec des vedettes moyennant 100 000 à 300 000 francs pour que celles-ci arborent le temps d’une soirée leurs plus belles parures. Outre le joaillier Chopard qui depuis quatre ans réalise à titre gracieux la palme d’or, une douzaine de sociétés – L’Oréal, Europcar, Piper-Heidsick, Renault.... – jouent les mécènes. À cette occasion, elles reçoivent le label de partenaire officiel du festival et décrochent en échange des places pour les projections officielles qu’elles distribuent à leurs meilleurs clients. Partenaire depuis 1983 de la manifestation cannoise, Renault prête cette année 85 voitures (Safrane, Laguna et Espace) pour transporter les membres du jury et les personnalités. «Nous envoyons aussi deux techniciens de notre usine de Sandouville pour la maintenance des véhicules», indique Marie-Christine Verrat, responsable des partenariats cinéma chez Renault. Europcar, société de locations de voitures, prête et loue aussi des véhicules. «Pour une douzaine de jours, une Porsche Carrera revient à 15 000 francs», indique Eric Ledroux, directeur du marketing d’Europcar.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Capitale du film où brillent stars et paillettes, le Festival de Cannes est aussi un vaste marché des affaires qui, à travers subventions, mécénat et commerces lucratifs, génère entre 600 millions et un milliard de francs pour la ville et la région immédiate. Comme le champagne, l’argent coule à flots durant le festival qui draine 35 000 professionnels du cinéma, 4 000 journalistes et quelque 200 000 curieux. Il y a trois ans, dans une étude consacrée à Cannes et sa région, la Banque de France estimait à 550 millions de francs les retombées du festival. «Ce chiffre me paraît faible», a déclaré Jean-Pierre Calmel, le directeur financier du Festival international du film (FIF) qui parle d’un milliard de francs. Pendant une douzaine de jours, la ville vit à cent à l’heure : hôtels et restaurants affichent...