Le président George W. Bush a ordonné aux agences fédérales de procéder à une évaluation de leurs contacts avec la Chine «sur la base du cas par cas», a indiqué vendredi la Maison-Blanche. Le département d’État et celui de la Défense conduisent leurs propres examens tandis que Condoleezza Rice, conseillère pour la sécurité nationale, supervisera les évaluations des autres agences, a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer. Le but «est d’établir au cas par cas quels sont les contacts qui sont positifs et productifs pour les États-Unis et ceux qui ne le sont pas», a précisé M. Fleischer à des journalistes. Selon un responsable du département d’État qui a souhaité garder l’anonymat, l’évaluation concerne les réunions officielles et les programmes des ambassades – à Washington ou à Pékin – qui impliqueraient des contacts entre responsables américains et chinois. Mais ce responsable a souligné que Washington ne procédait pas à une évaluation de ses relations avec Pékin. «Nous ne parlons pas de rappeler l’ambassadeur, a dit ce responsable. Au contraire, le président vient d’annoncer la nomination d’un ambassadeur en Chine». Jeudi, le président George W. Bush s’était dit favorable à un réexamen des relations militaires sino-américaines «au cas par cas» comme l’avait annoncé le Pentagone la veille. «Nous allons réexaminer toutes les occasions d’échanges avec les Chinois. Si c’est favorable à notre relation, ça peut avoir un sens. Si ce sont des exercices inutiles qui n’améliorent pas nos relations, alors nous ne le ferons plus», avait-il expliqué. M. Bush était interrogé après une journée de confusion au Pentagone, qui avait d’abord annoncé la «suspension» des programmes militaires, avant d’indiquer dans un deuxième temps que le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld voulait en fait réviser ces contacts «au cas par cas». «C’est une bonne chose. Nous ne sommes en fonction que depuis 104 jours et nous allons réviser toutes les politiques dont nous avons hérité», avait dit M. Bush. «Ce que les Chinois doivent comprendre, c’est que nous serons fermes dans notre philosophie, constants dans nos opinions et que nous voulons une relation positive pour nos deux pays», avait ajouté le président américain. Des experts américains ont par ailleurs quitté la Chine hier après avoir inspecté l’avion-espion de l’US Navy bloqué sur l’île de Hainan depuis sa collision avec un chasseur chinois le 1er avril dernier, rapporte l’agence Chine nouvelle. Le sort de l’Aries EP-3 américain fera l’objet de nouvelles discussions, indique l’agence sans autres précisions. Un représentant du Pentagone a dit avoir bon espoir vendredi que Washington obtienne la restitution de l’appareil. Des responsables de la Défense indiquent toutefois que les autorités de Pékin ont fait comprendre qu’elles s’opposaient à ce que l’EP-3 quitte Hainan par la voie des airs. Une solution consisterait à le démonter pour le rapatrier par bateau. Les autorités chinoises avaient donné leur feu vert le 29 avril à son inspection par des techniciens américains, que Washington réclamait depuis des semaines. Mais les cinq experts de la société Lockheed Martin, constructeur de l’appareil, avaient été privés d’électricité pendant deux jours par l’armée, qui leur en avait finalement fourni vendredi. L’équipe a pu utiliser son propre générateur afin d’effectuer des essais et d’évaluer les dégâts sur les moteurs et l’équipement électronique de l’avion. Les inspecteurs américains fourniront un rapport complet sur l’état de l’appareil au commandement de la flotte américaine du Pacifique.
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