« Nous ne sommes plus - des Martiens ou des monstres... »
le 06 mai 2001 à 00h00
Les milliers de catholiques de Grèce qui ont afflué hier matin à la messe papale, dans un petit stade du nord d’Athènes, avaient l’espoir que la visite de Jean-Paul II dissipe les malentendus avec la majorité orthodoxe. «Au moins, nous ne serons plus perçus désormais comme des Martiens, ou comme des monstres», s’exclame Iorgos Vakountios, un employé de 27 ans venu de l’île cycladique de Syros, qui affirme avoir connu, en tant que catholique, «beaucoup de problèmes», qu’il «préfère oublier», lors de son service militaire. «Nous sommes habitués aux critiques et à la méfiance, mais avant la venue du pape, le climat s’était encore tendu davantage», affirme Luisa Rigoutsou, médecin athénienne de 41 ans. «Heureusement, il y a eu ce pardon (demandé par le pape pour le mal fait aux orthodoxes), ça devrait pacifier les esprits», ajoute-t-elle, fière aussi que, «pour une fois, notre minorité ait pu montrer sa force». Mariée à un orthodoxe «qui a imposé que nos enfants suivent sa religion, ce qui leur évite au moins d’être mal vus à l’école», elle est venue seule, contrairement à plusieurs autres couples mixtes. Sophia Tsakalos, 48 ans, une employée du stade, sœur d’un pope, repart après avoir fait rentrer deux amis orthodoxes, «qui voulaient voir le pape, après tout, il est chrétien lui aussi», mais n’avaient «évidemment pas d’invitations». «Il y a un énorme lavage de cerveau. Ici, être chrétien c’est automatiquement être orthodoxe», estime James Kamara, 42 ans, du Sierra-Leone. Femme de ménage polonaise de 28 ans, Katerina affirme qu’une de ses employeuses lui a conseillé de se taire sur la visite du pape, «pour éviter les problèmes», et se refuse, gênée, à tout commentaire sur l’hostilité antipapale de l’Église orthodoxe. Mais elle ne «voit pas la raison» de la repentance du pape : «Les croisades, c’est vraiment du passé». Avant la visite du pape, l’Église catholique avait une fois de plus dénoncé le maintien en Grèce de discriminations contre les non-orthodoxes, et l’existence d’un «racisme religieux».
Les milliers de catholiques de Grèce qui ont afflué hier matin à la messe papale, dans un petit stade du nord d’Athènes, avaient l’espoir que la visite de Jean-Paul II dissipe les malentendus avec la majorité orthodoxe. «Au moins, nous ne serons plus perçus désormais comme des Martiens, ou comme des monstres», s’exclame Iorgos Vakountios, un employé de 27 ans venu de l’île cycladique de Syros, qui affirme avoir connu, en tant que catholique, «beaucoup de problèmes», qu’il «préfère oublier», lors de son service militaire. «Nous sommes habitués aux critiques et à la méfiance, mais avant la venue du pape, le climat s’était encore tendu davantage», affirme Luisa Rigoutsou, médecin athénienne de 41 ans. «Heureusement, il y a eu ce pardon (demandé par le pape pour le mal fait aux orthodoxes), ça devrait...
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