Le pape Jean-Paul II, sur les traces de saint Paul, passera le plus clair de son temps à Damas, cité fondée il y a 6 000 ans dans une oasis aux limites du désert d’Arabie. La plupart des lieux que le pape doit visiter se trouvent dans la vieille ville de Damas, délimitée par une muraille plusieurs fois reconstruite, la dernière fois au XIIe siècle. L’église associe la ville à Saul de Tarse, devenu saint Paul après sa conversion, lorsqu’une illumination l’a frappé de cécité alors qu’il était en route pour Damas pour persécuter les chrétiens qui formaient alors une communauté de première heure. L’évêque de Damas, Ananie, lui rend la vue et le baptise dans la rivière Barada. Le pape visitera deux endroits dédiés à l’apôtre, la chapelle St-Paul et le mémorial St-Paul, le 7 mai. La chapelle est enchâssée dans une des sept portes de la vieille ville, Bab Kissane, dont certaines pierres remontent à l’époque romaine. L’église marque l’endroit où saint Paul s’est enfui de Damas, pour échapper aux juifs en colère. D’après la tradition, ses disciples l’on fait descendre du haut de la porte dans un panier. Le mémorial est un complexe formé d’une église et d’un monastère des franciscains, construit en 1971 grâce à un don personnel du pape Paul VI, à proximité d’une grotte où l’apôtre s’est réfugié à sa sortie de Damas. Elle est située à moins d’un kilomètre au sud de Bab Kissane, à l’extérieur de la vieille ville, dans le quartier de Tabbalé. Les trois patriarcats où le pape doit se rendre les 5, 6 et 7 mai, pour des réunions avec les clergés locaux, se trouvent intra-muros, et chacun abrite une église. La cathédrale Ste-Marie des grecs-orthodoxes remonte en partie à l’âge byzantin, l’église de la Dormition des grecs-catholiques à 1833, et l’église St-Georges des syriens-orthodoxes date des années cinquante. Le souverain pontife se rendra à la mosquée des Omeyyades, ou Grande Mosquée de Damas, au cœur de la vieille ville, le 6 mai et sera alors le premier pape à entrer dans une mosquée, où il doit visiter la tombe de saint Jean-Baptiste. La mosquée, une des plus vénérées de l’islam, occupe l’emplacement d’un temple araméen (3000 av.J-C), d’où s’éleva ensuite un temple romain, transformé à son tour en église dédiée à saint Jean Baptiste et abritant sa relique. Les musulmans ont démoli l’église au VIIIe siècle et utilisé ses pierres pour construire la mosquée, tout en conservant le tombeau de saint Jean Baptiste qu’ils vénèrent comme un prophète précurseur de l’islam et qu’ils appellent le prophète Yahya. Le pape se rendra aussi, le 7 mai, à Kuneitra, ville fantôme dans une partie non occupée du plateau du Golan, à 60 km au sud-ouest de Damas. La ville a été démolie par les Israéliens avant leur retrait, en 1974, et le pape doit y planter un olivier. De l’église grecque-orthodoxe St-Georges, où le pape doit prier, il ne reste que les façades externes et le plafond.
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