Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinions

Pensées uniques

Il y a longtemps que la «pensée unique» fait des ravages. Dans tous les domaines : voir, par exemple, les dernières élections municipales françaises. À force de dire aux gens comment il faut penser, ce qu’il est correct d’apprécier et ce qu’on doit absolument détester... Les ravages du parisianisme pseudo-intellectuel n’ont évidemment pas épargné le cinéma. À ce propos, on peut lire dans un numéro récent de l’hebdomadaire Marianne, ce résumé de la situation : «on présente volontiers le cinéma intimiste de la Nouvelle nouvelle Vague comme troublant, dérangeant, insolent, parce qu’il reproduit la façon de déranger qu’avaient les cinéastes de la génération précédente ; mais cette rébellion répertoriée ne gêne plus personne (...). Alors, en résumé, il faut aimer Godard plutôt que Clouzot. Mais cet ordre ressemble étrangement à ce qu’il a combattu et ne supporte pas davantage d’être contesté». À ce qu’il paraît, ce qui compte dans la critique française – parisienne, si vous préférez – c’est la sacro-sainte trilogie que forment Le Monde, Libération et la revue Les Inrockuptibles. Autrement dit, si ces trois publications s’accordent pour louer un film et le recommander, tous les «connaisseurs», désireux de se vouloir branchés, suivront le mouvement ; à l’inverse, s’il y a démolition, il sera de bon ton de dédaigner un film voué, en principe, à l’échec. Il y a, heureusement, des dérogations. Un exemple de fraîche date : Finding Forrester. Seul Le Monde a su garder une mesure objective en parlant du film (moyen) de Gus Van Sant. Un cinéaste toujours chouchouté par les deux autres journaux, qui ont donc réservé un accueil chaleureux au film. Facile à prévoir ! «Mine de rien» – argument aussi imparable que dangereux – Finding Forrester est un grand film. Et le tour est joué !
Il y a longtemps que la «pensée unique» fait des ravages. Dans tous les domaines : voir, par exemple, les dernières élections municipales françaises. À force de dire aux gens comment il faut penser, ce qu’il est correct d’apprécier et ce qu’on doit absolument détester... Les ravages du parisianisme pseudo-intellectuel n’ont évidemment pas épargné le cinéma. À ce propos, on peut lire dans un numéro récent de l’hebdomadaire Marianne, ce résumé de la situation : «on présente volontiers le cinéma intimiste de la Nouvelle nouvelle Vague comme troublant, dérangeant, insolent, parce qu’il reproduit la façon de déranger qu’avaient les cinéastes de la génération précédente ; mais cette rébellion répertoriée ne gêne plus personne (...). Alors, en résumé, il faut aimer Godard plutôt que Clouzot....