«La maison qui va habiller Nicole Kidman va avoir de retombées incroyables», résume-t-on chez Chanel. L’actrice australienne, ex-Mme Tom Cruise, sera la première star à monter les célèbres marches du palais des festivals pour la projection de «Moulin Rouge». Habiller une star internationale est en effet l’un des enjeux majeurs des maisons de couture et de prêt-à-porter de luxe pour qui Cannes représente une formidable vitrine. Ces griffes, qui prêtent les robes, attendent un «retour sur investissement» grâce à la bonne soixantaine de photographes et aux nombreuses caméras de télévisions présents chaque soir pendant les montées des marches. «Avant, on ne voyait que l’actrice. Aujourd’hui c’est l’actrice et la robe qu’elle porte. Les gens veulent savoir, c’est un phénomène très récent», dit-on chez Chanel. «Le top du top à Cannes, c’est d’habiller la maîtresse de cérémonie pour les soirées d’ouverture et de clôture», ajoute-t-on rue Cambon en montrant un épais cahier où sont recensées les coupures de presse de l’an passé et où figure en bonne place la comédienne Virginie Ledoyen. Cette année, Charlotte Rampling est en charge des deux soirées de prestige. L’actrice britannique est une fidèle de Yohji Yamamoto. Et si elle est venue effectivement voir le créateur japonais pour sa garde-robe cannoise «rien ne dit qu’elle portera quelque chose de chez nous. Nous n’avons pas de contrat. Elle fait ce qu’elle veut», dit-on chez le créateur. Fidélité et confiance La fidélité et la confiance sont en effet à la base de la rencontre entre une griffe et une actrice mais aussi l’envie et le hasard. Chez Lacroix par exemple, on fonctionne «par coup de cœur, pas par stratégie». «C’est un acte spontané, né d’une rencontre entre le couturier et une comédienne qui nous appelle», ajoute-t-on citant parmi les fidèles Sabine Azéma, Isabelle Huppert ou Catherine Zeta-Jones dont Lacroix a réalisé la robe de mariée. Spontanés ou non, les rapprochements se font dès les annonces de composition du jury et surtout de la sélection officielle. «Avoir quelqu’un dans le jury, c’est bien aussi», dit-on chez Dior où on se félicite qu’Isabelle Adjani, présidente du jury du 50e Festival de Cannes, ait porté une robe maison. «C’est important car les photos continuent de circuler plusieurs années après», ajoute-t-on avenue Montaigne. De même, la robe et les énormes boucles d’oreille fuchsia portées par Sylviane Jospin l’an passé ont assuré à la maison Torrente une couverture presse conséquente. Les Alexandre-Matthieu, ces deux jeunes stylistes français inconnus ou presque avant Cannes 2000, ont fait la une de tous les journaux en France et à l’étranger grâce à la robe rose de la chanteuse Bjork, prix d’interprétation féminine. Les duettistes reconnaissent «avoir gagné des années de promotion». Le nombre de modèles qui feront le voyage cannois varie selon les maisons. Chez Paco Rabanne, on prévoit un vestiaire de 200 modèles du jour et du soir. Chanel ou Dior en prévoient une trentaine tout au plus. Tout se règle avant à Paris ou Los Angeles car il faut au moins un essayage. Les boutiques cannoises de ces marques serviront de base arrière en cas d’imprévu. Il existe aussi des vestiaires multimarques comme celui de l’espace Kaleïden à l’hôtel Martinez, réservé aux accrédités, qui réunit aussi coiffeurs, maquilleurs et cabines de soin. Un accès privé est même prévu pour les VIP’s du palace. Marie Morice, organisatrice de l’espace, attend 200 personnes environ. Dans cette organisation qui se veut sans faille, des gags malheureux se sont déjà produits comme la livraison de deux chaussures du même pied ou un bip oublié sur une robe...
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