Les conservateurs, vaincus à la présidentielle de 1997 et laminés aux législatives de 2000, hésitent encore sur la stratégie à adopter pour enrayer une nouvelle «vague Khatami» le 8 juin. Aucun «ténor» de ce camp ne figure parmi les quelque 150 personnes qui ont déposé leur candidature à l’élection présidentielle. Un des représentants de la Coalition islamique (droite), Abdollah Jasbi, 50 ans, espère toutefois incarner ce courant dans la bataille. La principale formation conservatrice, l’Association du clergé combattant (ACC), au sein de laquelle l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani joue un rôle prépondérant, n’a pas encore fait connaître sa préférence. Sans attaquer de front le président réformateur Mohammad Khatami, les dirigeants conservateurs entendent, pendant la campagne, montrer les «faiblesses» de son bilan, notamment sur les plans économique et social, mettant en exergue le chômage élevé (16 % officiellement, 30 % selon les spécialistes), frappant surtout les jeunes, et la forte inflation, a indiqué l’un des leurs. Les conservateurs, qui se réfèrent exclusivement au guide de la république islamique, l’ayatollah Khamenei, dont les pouvoirs sont plus importants que ceux du président, ont accumulé les échecs électoraux ces dernières années, à la présidentielle de 1997, contre M. Khatami, mais surtout aux législatives de 2000, où ils ont glané moins de 20 % des sièges. Pour eux, si le score de M. Khatami est plus faible qu’en 1997, où il avait atteint 70 %, et si la participation est moins forte, cela sera considéré comme un succès. Mais, quels que soient les aléas politiques, leur influence, dans les milieux religieux, mais aussi économiques, demeure forte, et ils sont très actifs dans les principales institutions du régime. Trois noms circulent principalement, qui ont jusqu’à dimanche pour se déclarer et porter les couleurs des conservateurs : les anciens ministres du Travail Ahmad Tavakoli et des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati, de même que Mohsen Rezaï, le secrétaire du Conseil de discernement, instance d’arbitrage du régime, présidée par M. Rafsandjani. Une autre stratégie pourrait consister à laisser les électeurs sans consigne ou même à soutenir, au nom de l’unité du régime, le président Khatami. Une des quatre femmes candidates, Farah Khosravi, 47 ans, et qui est membre d’un parti réputé proche des conservateure, Iran-é-farda (Iran demain), a exprimé mercredi sa vision politique, représentative d’une partie croissante du courant conservateur «moderne». «Mohammad Khatami n’a pas tenu ses promesses. Il n’a pas réussi dans ce qu’il avait promis au peuple, aux jeunes et aux femmes», a-t-elle dit. Le président n’a pas été «capable de faire baisser l’inflation, d’enrayer le chômage», a-t-elle assuré. «S’il se représente, il n’aura même pas huit millions de voix», a prédit Mme Khosravi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les conservateurs, vaincus à la présidentielle de 1997 et laminés aux législatives de 2000, hésitent encore sur la stratégie à adopter pour enrayer une nouvelle «vague Khatami» le 8 juin. Aucun «ténor» de ce camp ne figure parmi les quelque 150 personnes qui ont déposé leur candidature à l’élection présidentielle. Un des représentants de la Coalition islamique (droite), Abdollah Jasbi, 50 ans, espère toutefois incarner ce courant dans la bataille. La principale formation conservatrice, l’Association du clergé combattant (ACC), au sein de laquelle l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani joue un rôle prépondérant, n’a pas encore fait connaître sa préférence. Sans attaquer de front le président réformateur Mohammad Khatami, les dirigeants conservateurs entendent, pendant la campagne, montrer...