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Actualités - Chronologies

Réactions prudentes à travers le monde

Les réactions à travers le monde ont été en général prudentes après le discours mardi du président américain George W. Bush sur son projet de bouclier antimissile, la plupart des capitales se félicitant des consultations promises par Washington, mais s’inquiétant d’un abandon du traité antimissile russo-américain ABM signé en 1972. «La Russie est prête à de telles consultations, et nous avons des choses à dire», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, mais «il est indispensable avant de faire des conclusions définitives d’entendre dans le détail la position américaine». «Notre position est que le traité ABM de 1972, et les accords qui ont suivi, offrent les conditions nécessaires pour régler les problèmes qui peuvent apparaître ou qui peuvent soucier Washington», a-t-il précisé. Chez les alliés européens de Washington, les réactions ont été tout aussi prudentes. Le secrétaire général de l’Otan, George Robertson, a jugé que le président américain George Bush avait «raison» de se préoccuper des «nouveaux défis en matière de sécurité». De son côté, le Premier ministre britannique Tony Blair a déclaré qu’il était encore trop tôt pour dire si la Grande-Bretagne soutiendrait les États-Unis. Le président américain George Bush a «présenté un dossier que nous devons étudier» sur la menace posée par des États incontrôlables dans le contexte de l’après-guerre froide, a-t-il dit. Le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a appelé les États-Unis à adopter une attitude de «coopération, pas de confrontation», et a demandé qu’une révision ou un abandon du traité ABM ne se traduise pas par un affaiblissement de la sécurité collective. «Les traités de désarmement qui ont bien marché dans le passé ne doivent être remplacés que par quelque chose de meilleur, afin qu’il n’y ait pas de nouvelle course aux armements», a-t-il souligné. La France, un des alliés de Washington les plus hostiles au projet, portera une appréciation «en fonction du résultat des consultations» promises par les États-Unis et «de la configuration définitive du projet», a déclaré mercredi le ministère français des Affaires étrangères. La Suède, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, estime de son côté que le projet américain «contient un risque pour une nouvelle course aux armements. Des pays comme la Chine, l’Inde ou le Pakistan peuvent en prendre prétexte pour poursuivre leur armement», a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Anna Lindh. «Il serait très regrettable que le président Bush déclare caduc le traité ABM sans négociation internationale et sans contrôle», a-t-elle ajouté. Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a aussi insisté sur «la nécessité de consolider et de construire sur les accords existants de désarmement et de non-prolifération afin d’empêcher une nouvelle course aux armements». Aux États-Unis, le sénateur démocrate Joseph Biden, membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a également mis en garde contre une nouvelle «guerre des étoiles». En Asie, le Japon a déclaré «comprendre les contre-mesures américaines contre la prolifération de missiles», a indiqué un responsable du ministère des Affaires étrangères sous couvert d’anonymat. En revanche à Pékin, malgré l’absence de réaction officielle, l’hostilité était visible. L’agence Chine nouvelle a cité des «analystes» non identifiés pour affirmer que la mise en place d’un bouclier antimissile américain «va non seulement relancer la course aux armements et créer une prolifération des armes de destruction massive, mais menacer la paix et la sécurité dans le monde au XXIe siècle». Le président sud-coréen, Kim Dae-Jung, a demandé quant à lui aux États-Unis une consultation approfondie de leurs alliés, ont indiqué des responsables à Séoul.
Les réactions à travers le monde ont été en général prudentes après le discours mardi du président américain George W. Bush sur son projet de bouclier antimissile, la plupart des capitales se félicitant des consultations promises par Washington, mais s’inquiétant d’un abandon du traité antimissile russo-américain ABM signé en 1972. «La Russie est prête à de telles consultations, et nous avons des choses à dire», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, mais «il est indispensable avant de faire des conclusions définitives d’entendre dans le détail la position américaine». «Notre position est que le traité ABM de 1972, et les accords qui ont suivi, offrent les conditions nécessaires pour régler les problèmes qui peuvent apparaître ou qui peuvent soucier Washington», a-t-il...