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Actualités - Chronologies

Bush jette les bases de son projet - de bouclier antimissile

Jugeant la doctrine de dissuasion nucléaire née de la guerre froide inadaptée au XXIe siècle, le président George W. Bush a jeté mardi les bases de son projet de bouclier antimissile, tout en préconisant un dialogue avec les puissances nucléaires et les alliés des États-Unis. Il s’est également prononcé pour le remplacement du traité antimissile ABM signé en 1972 avec l’ex-Union soviétique, expliquant qu’il fallait «dépasser les contraintes de ce traité ABM vieux de trente ans». «Nous devons travailler ensemble pour remplacer ce traité avec un nouveau cadre qui marque une rupture claire et nette avec le passé, surtout avec l’héritage antagoniste de la guerre froide», a déclaré M. Bush devant l’université de la Défense nationale à Washington. Le président américain a égrené les nouvelles réalités, selon lui, de l’après-guerre froide. «La menace la plus grande ne vient pas des milliers de missiles balistiques dans les mains des Soviétiques, mais d’un petit nombre de missiles dans les mains des (États les moins responsables), des États pour qui la terreur et le chantage sont une seconde nature», a affirmé M. Bush, en citant nommément en exemple des «tyrans d’aujourd’hui» le président irakien Saddam Hussein. «Dans un tel monde, la dissuasion de la guerre froide ne suffit plus pour maintenir la paix, protéger nos propres concitoyens, nos alliés et amis», a-t-il souligné. Pour contrer ces menaces en provenance d’États ou de groupes terroristes, les États-Unis doivent donc se doter d’un bouclier antimissile, a affirmé le président républicain, sans toutefois avancer de calendrier précis. Un tel système aura vocation à protéger non seulement les États-Unis, mais aussi leurs alliés contre des «menaces limitées», a ajouté M. Bush. Sans entrer dans les détails, il a précisé qu’il s’agirait d’un système multivecteur, comprenant à la fois des composantes terrestres, maritimes et aériennes, «pour intercepter les missiles à mi-course ou lors de leur rentrée dans l’atmosphère». M. Bush a jugé par ailleurs «prometteuses» de nouvelles technologies en cours de développement qui permettraient d’intercepter un missile juste après son lancement, dans sa phase ascendante. Le projet de bouclier antimissile américain a déclenché les foudres de Moscou et des alliés des États-Unis. Le président américain a tenté de les rassurer, s’engageant à «ne pas présenter à nos amis et alliés des décisions unilatérales qui auraient déjà été prises. Nous espérons entendre leurs points de vue, et les prendrons en considération», a-t-il dit, évoquant aussi un nécessaire dialogue avec la Chine et la Russie. Et il a annoncé l’envoi dès la semaine prochaine de hauts responsables américains en Europe, en Asie, en Australie et au Canada. Le président américain s’est également prononcé pour une réduction de l’arsenal nucléaire américain. «Mon but est de réduire rapidement les forces nucléaires. Les États-Unis vont mener en montrant l’exemple pour réaliser nos intérêts et les intérêts de la paix dans le monde», a-t-il ajouté, sans toutefois donner, là aussi, d’indications chiffrées. Plusieurs élus démocrates ont immédiatement dénoncé ses projets. «C’est un message confus parce qu’on n’a aucun détail», a regretté le sénateur Joseph Biden, membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat, en mettant en garde l’Administration Bush contre une nouvelle «guerre des étoiles» qui, relançant la course aux armements, résulterait en une «politique désastreuse». «Comment peut-on soutenir un programme qui ne marche pas», s’est indigné le chef de file des démocrates au Sénat, Thomas Daschle. Ce projet «soulève de sérieuses questions et nous allons les poser encore et encore, inlassablement», a-t-il prévenu. Les républicains ont à l’inverse apporté leur soutien au président Bush. Tenant les cordons de la bourse, le Congrès devra donner son accord au programme de défense.
Jugeant la doctrine de dissuasion nucléaire née de la guerre froide inadaptée au XXIe siècle, le président George W. Bush a jeté mardi les bases de son projet de bouclier antimissile, tout en préconisant un dialogue avec les puissances nucléaires et les alliés des États-Unis. Il s’est également prononcé pour le remplacement du traité antimissile ABM signé en 1972 avec l’ex-Union soviétique, expliquant qu’il fallait «dépasser les contraintes de ce traité ABM vieux de trente ans». «Nous devons travailler ensemble pour remplacer ce traité avec un nouveau cadre qui marque une rupture claire et nette avec le passé, surtout avec l’héritage antagoniste de la guerre froide», a déclaré M. Bush devant l’université de la Défense nationale à Washington. Le président américain a égrené les nouvelles...