Le marché des changes de Beyrouth a repris ses activités hier au lendemain du chômage du 1er mai, dans un climat peu favorable aux placements en livre libanaise. En effet, le dollar continuait à être recherché en l’absence d’intérêt à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL), toujours soucieuse de préserver la stabilité monétaire. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention élargie entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais, en raison de la rareté de l’offre de cette monnaie sur le marché interbancaire, les établissements de crédit de la place ont été amenés à l’acheter auprès de la BDL au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume d’échanges de la journée d’hier aurait dépassé quinze millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Fermeté de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro s’est raffermi hier, profitant d’un manque de direction sur les marchés des changes internationaux, et ce malgré la publication de données économiques européennes plus faibles que prévu. La monnaie unique s’est donc reprise au-dessus de la barre de 0,89 dollar en fin de journée, après avoir été en retrait dans la matinée en Europe, fragilisée par l’annonce d’une baisse de l’indicateur des directeurs d’achats de la zone euro, qui souligne une contraction de l’économie. Cet indicateur s’est établi le mois dernier à 49,3 points, passant sous le seuil clé des 50 points pour la première fois depuis février 1999. Les cambistes s’attendaient à un chiffre tournant autour de 50,5 points. «Le déclin a été plus important que prévu, soulignant l’affaiblissement de la demande intérieure des pays de la zone euro dans le sillage du ralentissement de l’économie mondiale», ont estimé les analystes de l’agence financière CurrencyNetwork. Mais malgré ces données, d’autres analystes de la HSBC affirment que la Banque centrale européenne (BCE) a gagné en crédibilité en refusant de diminuer ses taux sous la pression du marché, dans la mesure où l’inflation n’est pas encore maîtrisée en Europe. Ce point de vue qui rejoint celui du président de la BCE, Wim Duisenberg, qui a souligné dans le rapport annuel 2000 de son institution publié hier, que le meilleur moyen de renforcer la confiance des «eurolandais» dans leur monnaie consiste pour l’institut d’émission européen à maîtriser l’inflation. «Il faut du temps pour ancrer la confiance dans l’euro, en particulier au sein du grand public», a ajouté le président de la BCE, ajoutant que «le meilleur moyen d’y parvenir consiste à enregistrer un faible niveau d’inflation sur la durée et à démonter la détermination avec laquelle la BCE poursuit son objectif de maintien de la stabilité des prix». Pourtant, l’attention du marché est restée fixée sur le Livre Beige de la Réserve fédérale américaine (Fed), publié tard dans la soirée, faisant état d’un rythme d’activité toujours lent de l’économie aux États-Unis et pavant la voie à une nouvelle baisse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion de son comité de politique monétaire le 15 mai. Compte tenu de toutes ces considérations et dans la crainte d’un creusement encore plus prononcé entre les taux américains et les taux européens aux dépens du dollar, celui-ci s’est négocié à New York sur un vulnérable comme suit : – 0,8940 pour un euro contre 0,8935, la veille – 1,4330 pour un sterling contre 1,4345 – 2,1880 DM contre 2,1890 – 7,3375 FF contre 7,3415 – 1,7275 FS contre 1,7260 – 2 165,85 lires contre 2 167,05 – 121,75 yens contre 121,95. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie hier de la baisse des actions B de Solidere de 5 1/2 à 5,00 dollars, dans une proportion plus grande que la hausse des actions A de la même société de 4 7/8 à 5,00 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,55 % à 59,61 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 140,71 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’échanges modéré avec 114 874 actions d’une valeur globale de 157 911 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été généralement volatils et diversement orientés aussi bien à Wall Street qu’au Nasdaq. Après une ouverture en nette hausse, la tendance s’est graduellement dégradée sous la pression des titres des télécoms, de l’énergie et de la grande consommation qui avaient tiré le marché depuis le début de la semaine avant de se reprendre un peu après la publication du Livre Beige de la Fed. Les dégagements les plus importants ont été relevés dans le secteur de l’énergie après l’annonce la veille après la clôture par l’Institut américain du pétrole d’une hausse des stocks de pétrole et de produits distillés la semaine dernière. Cette progression des stocks a quelque peu surpris le marché et l’indice des valeurs pétrolières a perdu près de 3 %, celui des services pétroliers près de 5 % et l’indice de tendance des valeurs du gaz naturel a baissé de 2,7 %. À la grande consommation, Coca-Cola, McDonalds et Gillette ont conduit la baisse du secteur comme Pfizer, Eli Lilly et Merck à la pharmacie. Pourtant, la hausse des semi-conducteurs, malgré l’annonce d’une baisse de 7 % de leurs ventes mondiales en mars, est venue soulager le Nasdaq dont l’indice composite est parvenu à franchir à la hausse le seuil des 2 200 points en mi-séance, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuaient entre un plus haut à 10 939,20 points et un plus bas à 10 802,56 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 914,71 points, en hausse de 16,37 points sur la veille. Les Bourses européennes en baisse avec Wall Street et Vodafone Les Bourses européennes ont reculé mercredi soir après avoir évolué en dents de scie en début de journée, perturbées par l’irrégularité des marchés américains, la baisse de Vodafone et son incidence sur les télécoms. À l’heure de la clôture de la plupart des marchés, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 perdait 0,46 % à 1 447,82 points, tandis que le DJ Stoxx 50, réduit aux valeurs vedettes de la zone euro, cédait 0,72 % à 4 492,40. Les compartiments de l’automobile, de la technologie, de l’assurance et de l’industrie ont progressé, tandis que les télécoms, les chimiques, les pétrolières, les bancaires et les valeurs médicales ont reculé. Vodafone, premier opérateur mondial de téléphonie mobile, a perdu 3,52 % – après avoir chuté de 6 % en séance — ce qui a fait baisser les télécoms de 2,42 %. L’émission de trois milliards de livres ($4,29 milliards) de nouvelles actions fait crainte une dilution du titre, le placement record suscite une forte demande et cela devrait aussi être le cas pour l’opération similaire de British Telecom. Vodafone vient de racheter à BT des investissements au Japon et en Espagne. «Dans l’ensemble, le sentiment des télécoms semble s’être amélioré. Pour Vodafone, il ne semble donc pas y avoir d’inquiétude sur l’absorption de l’émission. Le timing est plutôt bon», a noté Ralph Brook-Fox, de Britannic Asset Management. BT devrait lui aussi augmenter son capital pour diminuer de dix milliards de livres sa montagne de dettes de 30 milliards accumulées en partie en raison de sa candidature aux licences de téléphonie mobile de troisième génération. BT a perdu 1,17 %. France Télécom, qui publie son chiffre d’affaires du premier trimestre jeudi, a lâché 3,6 %. Morgan Stanley a réduit la pondération de la valeur dans son portefeuille de référence des télécoms européennes. Marconi s’est adjugé 5,47 %, Philips 4,45 % et Alcatel 3,54 %. Les équipements de télécoms bénéficient de l’espoir de la sortie du tunnel des avertissements sur les résultats, dans un contexte d’embellie apparente de l’économie américaine. Tokyo : en léger repli La Bourse de Tokyo a clôturé sur une note irrégulière mercredi, les investisseurs ayant pris leur bénéfice à la veille d’un long week-end de quatre jours, à la suite des hausses appréciables des séances précédentes. Toutefois, le sentiment boursier reste optimiste, dans l’espoir que le nouveau Premier ministre soit réellement réformiste et que le marché américain ait enfin trouvé un plancher. L’indice Nikkei 225 a cédé 3,82 points (0,03 %) à 14 421,64d, grevé par les pertes d’Advantest et d’autres poids lourds, tandis que l’indice Topix a progressé de 12,55 points (0,89 % à 1 424,24, dopé par les gains de Japan Telecom et par ceux du secteur de la communication. Le Topix affiche une série de cinq séances de hausse et a terminé à son niveau le plus élevé depuis le 9 novembre. Le volume a représenté 1 138,44 millions de pièces contre 1 196,22 millions mardi. On a compté 730 baisses contre 605 hausses. la Bourse de Tokyo sera fermée jeudi et vendredi, ces congrès rentrant dans le cadre de ce que l’on appelle la «semaine dorée». «Certains des titres qui se sont envolés avaient juste besoin de faire une pause», a commenté Hideki Kamiya (Asahi Tokyo Investment Trust Management). «Mais le marché se sent bien et le mouvement haussier n’a pas été entamé».
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