Alors que le président Abdelaziz Bouteflika devait s’adresser à la nation lundi en soirée par une allocution radio-télévisée, Zerhouni a assuré que «le gouvernement s’engage à donner des réponses aux gens qui ont investi la rue». Selon lui, les jeunes émeutiers, qui s’en sont pris à des casernes de gendarmerie, à des bâtiments publics et à des véhicules, ont fait l’«objet de manipulations qui ont amené la situation à s’embraser». «Des terroristes auraient infiltré les manifestants», a-t-il dit, faisant apparemment allusion aux islamistes armés menant depuis neuf ans une guerre meurtrière contre le gouvernement et l’armée qui ont barré la routé à leur prise de pouvoir par les urnes en 1992. La plupart des habitants de Kabylie estiment pourtant que la poussée de fièvre actuelle n’a rien à voir avec la lutte armée des islamistes, mais qu’elle est la conséquence de la brutalité, de la corruption et de l’incompétence prêtées à la gendarmerie locale. «Ce qui a fait sortir les gens c’est le “hogra”, cette injustice, des gendarmes qui sèment la terreur à Tizi Ouzou», a expliqué un représentant de parents d’élèves à Zerhouni dimanche soir lors d’une réunion publique. «Dans toutes les communes de Kabylie, il y a des problèmes avec les gendarmes et ça nous ne l’acceptons pas M. le ministre !» L’agitation actuelle se greffe sur un vieux fond de revendication culturelle berbériste qui agite la Kabylie, notamment depuis le «printemps berbère» de 1980, mais les habitants de la région estiment qu’elle va au-delà en englobant également des ressentiments de nature sociale comme l’insuffisance de logements et de travail. (À Paris, plusieurs centaines de personnes ont à nouveau manifesté lundi pour dénoncer les violences en Kabylie. À proximité de l’ambassade d’Algérie, le rassemblement surmonté de drapeaux aux couleurs jaune, bleu et vert de cette région montagneuse à l’est d’Alger, a réuni 700 personnes, selon la police. À Marseille, un autre rassemblement a réuni 400 personnes, brandissant des drapeaux kabyles et algériens. «Pouvoir assassin», scandaient les manifestants parisiens, parmi lesquels de nombreux jeunes Kabyles. Une banderole traitait le président Abdelaziz Bouteflika et ses principaux ministres de «nazis» et dénonçait un «génocide en Kabylie»).
Alors que le président Abdelaziz Bouteflika devait s’adresser à la nation lundi en soirée par une allocution radio-télévisée, Zerhouni a assuré que «le gouvernement s’engage à donner des réponses aux gens qui ont investi la rue». Selon lui, les jeunes émeutiers, qui s’en sont pris à des casernes de gendarmerie, à des bâtiments publics et à des véhicules, ont fait l’«objet de manipulations qui ont amené la situation à s’embraser». «Des terroristes auraient infiltré les manifestants», a-t-il dit, faisant apparemment allusion aux islamistes armés menant depuis neuf ans une guerre meurtrière contre le gouvernement et l’armée qui ont barré la routé à leur prise de pouvoir par les urnes en 1992. La plupart des habitants de Kabylie estiment pourtant que la poussée de fièvre actuelle n’a rien à voir...
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