Le président macédonien Boris Trajkovski part aujourd’hui pour Washington, à la recherche d’un soutien accru des États-Unis, plus que jamais nécessaire après l’attaque, attribuée par Skopje à la guérilla albanaise, qui a tué samedi huit soldats et policiers macédoniens. Boris Trajkovski, qui a annulé un déplacement prévu dimanche en Roumanie, a en revanche maintenu ce voyage, du 1er au 3 mai, première visite officielle aux États-Unis d’un président macédonien depuis l’indépendance en 1991 de cette ex-république yougoslave. «Cette visite est extrêmement importante. Nous espérons recevoir un soutien très ferme» des États-Unis, au lendemain de cette attaque, a déclaré dimanche le porte-parole du gouvernement, Antonio Milososki. «Nous espérons entendre dire clairement que de telles méthodes ne peuvent être tolérées dans une société démocratique», a-t-il ajouté. Les États-Unis ont condamné dès samedi l’«acte de violence insensé» qui a coûté la vie à quatre soldats et quatre policiers dans le nord-ouest de la Macédoine, près de la frontière avec la province serbe à majorité albanaise du Kosovo. Washington a «appelé tous les partis politiques en Macédoine» à «poursuivre le processus de dialogue politique dans lequel ils sont engagés». Skopje a désigné la guérilla albanaise comme responsable de l’embuscade mortelle. Dans sa lutte, en février et mars, contre les groupes rebelles se réclamant de l’Armée de libération nationale (UCK) des Albanais de Macédoine, Skopje avait reçu un soutien appuyé de la communauté internationale, en particulier des États-Unis, lors d’une visite du secrétaire d’État Colin Powell le 12 avril. Washington avait alors accordé à la petite république une aide de 3,5 millions de dollars (3,95 millions d’euros) en équipements militaires. La Macédoine espère cette fois trouver à Washington un appui tant politique, économique que militaire, et renouveler ses demandes d’aide concrète. Selon le ministre des Affaires étrangères Srdjan Kerim, M. Trajkovski devrait présenter une «plate-forme contenant des propositions en vue d’un partenariat stratégique» avec les États-Unis. Des rencontres sont prévues avec son homologue George W. Bush le 2 mai, ainsi qu’avec M. Powell, avec le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, des membres du Congrès et des représentants du Fonds monétaire international (FMI). Au cours de ces entretiens, les Macédoniens comptent bien défendre ce qu’ils appellent leur «modèle de société, atypique pour les Balkans», a expliqué le cabinet présidentiel, évoquant notamment «le processus de dialogue intense engagé» entre Albanais et Macédoniens après les combats de février et mars. Nul doute que ses interlocuteurs américains presseront une nouvelle fois M. Trajkovski d’accélérer ce dialogue, que la communauté internationale voit comme le moyen d’éviter un engrenage de la violence en Macédoine. Poussé en ce sens depuis la crise, Skopje n’a cependant accepté de discuter avec les partis albanais que sur des sujets de portée fortement symbolique, comme la création d’une université en langue albanaise ouverte aux étudiants d’Europe du Sud-Est, rejetant toujours les revendications fondamentales des Albanais. À Washington, M. Trajkovski ne présentera ainsi pas, selon son cabinet, «de proposition de nouveau préambule de la Constitution», pourtant au centre des revendications albanaises, et qui accorderait à cette communauté le statut de peuple constitutif au même titre que les Macédoniens. «L’avenir de la Macédoine est son développement en tant qu’État de citoyens. Nous voyons le développement des droits des individus, pas des groupes», explique-t-on au cabinet présidentiel.
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