Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

L’impossible bilan

Quinze ans après le plus grave accident nucléaire de tous les temps, le nombre de victimes de l’explosion de la centrale de Tchernobyl reste aujourd’hui encore largement inconnu et âprement débattu. Selon un bilan soviétique de l’époque, la tragédie du 26 avril 1986, qui pollua les trois quarts de l’Europe, n’aurait fait que 31 morts, dont 29 par irradiations aiguës. Une version à laquelle ne semble plus se rallier que le lobby pronucléaire international soucieux de minimiser les risques liés à l’atome. De son côté, Kiev faisait récemment état d’au moins 15 000 morts. En outre, environ 2,6 millions d’Ukrainiens dont plus de 500 000 enfants souffrent de problèmes liés aux retombées nucléaires, selon le ministère ukrainien de la Santé. Les pathologies sont variées : troubles cardio-vasculaires, digestifs, oculaires, respiratoires, sexuels et nerveux. Mais selon l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) et l’Institut d’État français de protection et de sûreté nucléaire (IPSN), beaucoup de ces maladies sont psychosomatiques et ne peuvent pas être directement liées aux rayons. Une certitude ressort néanmoins de cette bataille de chiffres : une épidémie de cancers de la glande thyroïde frappe les enfants, les adolescents et les jeunes adultes qui avaient moins de 18 ans lors du drame et vivaient dans les régions les plus contaminées d’Ukraine, de Bélarus et de Russie. Au moins 1 800 tumeurs ont été recensées entre 1986 et 1998, selon IPSN. Pour leur part, les Nations unies avançaient en janvier 2000 le chiffre de 11 000 cancers de la thyroïde. Cette maladie se soigne généralement bien par l’ablation de la glande atteinte. En outre, de nombreux chercheurs s’attendent à une poussée d’autres cancers dans les 25 ou 50 ans, en particulier des leucémies. Mais là encore, les estimations les plus variées sont avancées. Selon certaines études, les cas de leucémies auraient déjà doublé parmi les «liquidateurs», ces 650 000 hommes et femmes venus dès 1986 des quatre coins de l’URSS pour décontaminer une zone de 30 kilomètres autour du réacteur accidenté. L’AIEA insiste néanmoins sur le fait qu’il est difficile de distinguer les tumeurs «radio-induites» des cancers «naturels», et souligne le manque de données fiables. Enfin, le nombre de malformations congénitales aurait été multiplié par 7,7 en Ukraine depuis la catastrophe nucléaire, selon le ministère ukrainien de la Santé.
Quinze ans après le plus grave accident nucléaire de tous les temps, le nombre de victimes de l’explosion de la centrale de Tchernobyl reste aujourd’hui encore largement inconnu et âprement débattu. Selon un bilan soviétique de l’époque, la tragédie du 26 avril 1986, qui pollua les trois quarts de l’Europe, n’aurait fait que 31 morts, dont 29 par irradiations aiguës. Une version à laquelle ne semble plus se rallier que le lobby pronucléaire international soucieux de minimiser les risques liés à l’atome. De son côté, Kiev faisait récemment état d’au moins 15 000 morts. En outre, environ 2,6 millions d’Ukrainiens dont plus de 500 000 enfants souffrent de problèmes liés aux retombées nucléaires, selon le ministère ukrainien de la Santé. Les pathologies sont variées : troubles cardio-vasculaires,...