Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

L’anniversaire de la Constitution terni par les velléités séparatistes

La Fédération yougoslave fête aujourd’hui le neuvième anniversaire de sa Constitution dans un cadre démocratique retrouvé, mais en pleine crise monténégrine révélatrice de sa fragilité. Après la disparition de la Yougoslavie communiste, dépecée par les conflits, une nouvelle République fédérale de Yougoslavie (RFY) était née le 27 avril 1992, réduite autour de la Serbie et du petit Monténégro. La fête nationale devrait se trouver cette année ternie par les élections législatives au Monténégro qui, bien que loin du raz-de-marée indépendantiste annoncé, ont montré dimanche qu’une moitié de la population était en faveur de son indépendance. Il y a neuf ans, les deux tiers des Monténégrins, qui partagent une communauté de culture, de langue et de religion avec les Serbes, avaient pourtant opté pour leur maintien au sein de la RFY. Le nouveau président yougoslave, Vojislav Kostunica, a décidé de maintenir la tradition initiée sous l’ancien régime en organisant hier soir un cocktail pour l’anniversaire de la Constitution. Mais il a aussi annoncé ce même jour une «initiative» visant à reprendre le dialogue avec Podgorica, «afin de faire de la Yougoslavie une fédération acceptable» pour toutes ses composantes. Le président monténégrin Milo Djukanovic, qui estime sa république marginalisée au sein de la Yougoslavie, a paru reculer mercredi sur la question de l’indépendance, en reconnaissant la division de l’opinion publique. Mais il a laissé en suspens son projet de tenue d’un référendum d’autodétermination. Pour Vladimir Goati, analyste à l’Institut des sciences sociales de Belgrade, ces élections sont «un signal d’alarme qui montre que la fédération n’existe pratiquement plus». «Elle existe juridiquement, au regard des lois internationales. Mais sur le plan politique, c’est le signe qu’il faut changer les relations entre les deux républiques, changer la Constitution et les institutions yougoslaves», a-t-il expliqué. Mais la première menace pour les Serbes et la fédération «n’est pas le départ du Monténégro», estime-t-il. «Le plus urgent est de se débarrasser des restes de l’ancien régime et de s’occuper du Kosovo, du sud de la Serbie, de la Voïvodine», autant de régions-poudrières serbes aux velléités autonomistes. Le 27 avril compte en outre parmi les nombreuses fêtes nationales en Yougoslavie, révélant la géométrie variable de la fédération au fil des années : 29 novembre (fondation de la fédération par Tito en 1943), 28 mars (jour anniversaire, contesté, de la Constitution de la Serbie, promulguée en 1989 par Slobodan Milosevic). À Belgrade hier, nombre de passants avouaient ainsi leur scepticisme au journal Glas Javnosti : «Que fête-t-on ce week-end ? Le 1er mai, n’est-ce pas ?», suggérait Dragoljub Milenkovic, 20 ans. «Je ne sais pas exactement ce qu’est ce jour férié. Ce doit être un jour institué récemment», avançait Slavka Jankovic. Pour un autre, qui se présente comme «journaliste», cette journée prend pourtant un relief particulier : «Je sais que nous célébrons le jour de la Constitution de la RFY. Jusqu’aux dernières élections de septembre (qui ont vu la chute du régime Milosevic), je pensais que c’était une fête complètement dépassée. Mais aujourd’hui, et après les élections au Monténégro, elle a pris de l’importance et devrait faire date».
La Fédération yougoslave fête aujourd’hui le neuvième anniversaire de sa Constitution dans un cadre démocratique retrouvé, mais en pleine crise monténégrine révélatrice de sa fragilité. Après la disparition de la Yougoslavie communiste, dépecée par les conflits, une nouvelle République fédérale de Yougoslavie (RFY) était née le 27 avril 1992, réduite autour de la Serbie et du petit Monténégro. La fête nationale devrait se trouver cette année ternie par les élections législatives au Monténégro qui, bien que loin du raz-de-marée indépendantiste annoncé, ont montré dimanche qu’une moitié de la population était en faveur de son indépendance. Il y a neuf ans, les deux tiers des Monténégrins, qui partagent une communauté de culture, de langue et de religion avec les Serbes, avaient pourtant opté pour...