En mai 2000, un rapport émanant de la direction britannique de santé publique (NHS), concernant les ondes émises par les téléphones portables, a obligé le gouvernement de consacrer un très important montant du budget national à un vaste programme axé sur les risques de l’emploi de ces appareils. Le rapport en question, une fois accompli, était d’une ambiguïté telle, qu’au lieu d’apaiser les craintes il renforçait les soupçons... «L’exposition aux radiations liées à des fréquences radioactives, énonçait ce document, peut avoir des effets subtils sur le fonctionnement biologique, y compris celui du cerveau. Sans que cela puisse dire nécessairement que la santé soit affectée. On ne peut, toutefois, exclure le fait que cette exposition, potentiellement, pourrait avoir un effet adverse sur la santé...» Le tollé soulevé par l’ambiguïté de cet oracle fut tel qu’une nouvelle enquête fut ordonnée. Dans l’espoir de résultats moins équivoques, des dépliants conseillent aux usagers des portables de modérer leurs appels. Les ondes électromagnétiques, dont celles des portables, sont-elles oui ou non nocives? Quand la réponse émane des fabricants elle est résolument négative. La réponse officielle britannique, on l’a constaté, est embrouillée à l’extrême. Face à cette situation, une nouvelle enquête à été décidée par les autorités britanniques, avec la participation cette fois-ci des industriels. Conclusion: on nage toujours dans l’incertitude, même si la question de l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé remonte à 1979. Il y a 22 ans, en effet, une étude américaine établissait un lien entre l’incidence de la leucémie chez les enfants et la proximité des lignes à haute tension, principales source de rayonnements... Jusqu’à ce jour, l’OMS et son centre (CIRC) de recherches sur le cancer poursuivent cette visiblement interminable enquête... Entre-temps, une recommandation émanant de l’Union européenne suggère la mise en place d’une zone de sécurité autour des lignes de haute tension. Même si la recommandation n’est pas appliquée par l’unanimité des pays de l’Union européenne, elle incite à la réflexion. Face à cette situation, le biophysicien français Pierre le Ruz, partisan acharné de la lutte contre les ondes électromagnétiques, explique que toute personne, comme tout organisme vivant, est le centre d’une activité électrique sur laquelle les ondes extérieures interfèrent obligatoirement, par la force des choses. Une personne donc exposée 5 à 6 heures quotidiennement pendant cinq ans à des champs d’une puissance équivalente à celle des lignes à haute tension encourt les mêmes risques de développer un cancer que celle qui vit entourée de gens qui fument. Ce qui n’est nullement négligeable... Le procès du micro-ondes Le procès des téléphones portables n’est pas le premier dans l’histoire des ondes électromagnétiques. Dans les années 80, le four à micro-ondes était au centre d’une polémique semblable. La gamme d’ondes destinée à chauffer se caractérise par sa capacité à exciter les molécules d’eau présentes dans tous les tissus vivants, y compris ceux du corps humain. Pour parer à ce danger, l’appareil (le four) doit être blindé et disposer impérativement d’une grille de protection, visible sur sa porte. Certains modèles, bas de gamme, ne répondaient pas à ces normes, pourtant indispensables pour éviter des conséquences graves. Des mesures adéquates ayant été prises, et le public ayant été informé en conséquence, le problème avec les micro-ondes a perdu toute acuité. Pour les téléphones portables, il s’agit d’une question de puissance. À l’instar du micro-ondes, mais à une moindre échelle, les ondes du téléphone mobile entraînent un échauffement. Selon les spécialistes, il n’existe aucun risque démontré ou avéré. Mais les normes de sécurité sont définies en fonction de la quantité de rayonnements absorbée par le corps. Or les normes ne sont pas définies avec une précision rigoureuse. Pour quelqu’un qui vit à proximité d’un émetteur, le seuil n’est pas le même, l’absorption maximale étant fixée arbitrairement à 2 w/kg de tissus. Ce calcul toutefois ne s’applique que lorsque l’ensemble du corps est exposé. Pour un téléphone portable utilisé occasionnellement, n’irradiant qu’une partie de la tête et la main, il n’a pas beaucoup de sens. Pour ces expositions brèves et localisées, l’absorption maximale a été fixée, toujours arbitrairement, à 2 w/kg de tissus. Les téléphones portables se trouvent en-deçà de cette dose, pour laquelle aucun effet nocif n’a été prouvé. Aux États-Unis, depuis l’été 2000, les fabricants de téléphones mobiles doivent indiquer la quantité de rayonnements absorbée par l’utilisateur de l’appareil.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En mai 2000, un rapport émanant de la direction britannique de santé publique (NHS), concernant les ondes émises par les téléphones portables, a obligé le gouvernement de consacrer un très important montant du budget national à un vaste programme axé sur les risques de l’emploi de ces appareils. Le rapport en question, une fois accompli, était d’une ambiguïté telle, qu’au lieu d’apaiser les craintes il renforçait les soupçons... «L’exposition aux radiations liées à des fréquences radioactives, énonçait ce document, peut avoir des effets subtils sur le fonctionnement biologique, y compris celui du cerveau. Sans que cela puisse dire nécessairement que la santé soit affectée. On ne peut, toutefois, exclure le fait que cette exposition, potentiellement, pourrait avoir un effet adverse sur la santé...» Le...