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Actualités - Conferences Internationales

Castro brillera par son absence

Cuba sera pour la troisième fois mise à l’index du Sommet des Amériques, qui se tient au Canada du 20 au 22 avril, et son président Fidel Castro brillera par son absence au milieu du parterre de 34 chefs d’État et de gouvernement du continent. L’exclusion de Cuba de la famille américaine regroupant les pays de l’Alaska à la Terre de Feu et qui se veut «un club de démocraties» résulte en grande partie de la politique américaine d’ostracisme à l’égard du régime de La Havane, soumis à un embargo commercial américain depuis près de 40 ans. Après le premier Sommet des Amériques, inauguré par le président Bill Clinton en 1994 à Miami, et celui de Santiago du Chili (1998), le sommet de Québec sera essentiellement placé sous le signe de l’économie et du commerce, les 34 participants s’étant fixé pour but de ratifier la création de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) pour le 1er janvier 2005, ouvrant les portes à un énorme marché de 800 millions de personnes. Le gouvernement cubain estime pour sa part que ce projet consacrerait la mainmise des États-Unis sur l’Amérique latine, à l’heure où de nombreux pays de la région craignent le retour de la «politique du bâton» ou de la Guerre froide avec la présidence conservatrice de George Bush. «Cuba ne fait pas partie d’un projet qui équivaut en définitive à consolider la subordination de l’Amérique latine aux États-Unis. Il est logique que Cuba n’en fasse pas partie, car Cuba n’appartient pas à l’empire américain», indiquait le mois dernier Ricardo Alarcon, un membre influent de la hiérarchie cubaine, président du Parlement cubain. «Nous payons le prix qu’il en coûte de défier les États-Unis», renchérissait récemment pour sa part le ministre des Affaires étrangères Perez Roque. «Le Sommet des Amériques n’a pas le courage d’accepter Cuba à cette réunion, pas même comme observateur», indiquait-il, ajoutant que «les États-Unis ont réussi à faire plier le Canada, le Canada a tout simplement cédé à la pression américaine». Le gouvernement cubain présente l’exclusion de son pays du Sommet des Amériques comme une preuve d’indépendance, comme il affirme se réjouir de sa liberté d’engagements face aux grandes instances financières internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou la Banque interaméricaine de développement. À ceux qui estiment que l’île communiste n’est pas prête à participer au sommet du fait de son manque d’engagement envers les principes démocratiques, Cuba rétorque en agitant le spectre de la mondialisation et de l’exclusion. Dans un récent discours, lors de la Conférence de l’Union interparlementaire à La Havane, le président Fidel Castro avait fustigé «un ordre économique et politique chaque jour plus inéquitable et injuste qui n’a absolument rien de solidaire ou de démocratique». Bannie également de l’Organisation des États américains (OEA) depuis près de 40 ans, alors que des débats agitent périodiquement les pays du continent sur l’opportunité de réintégrer l’île au sein de cette institution, Cuba fait néanmoins partie d’autres mécanismes régionaux, dont celui du Système économique latino-américain (Sela), de la Communauté des pays Caraïbes (Caricom) et du groupe des pays ACP. Bon nombre des pays participants au Sommet des Amériques entretiennent des relations commerciales bilatérales avec La Havane. «Il existe de nombreux intérêts communs entre Cuba et beaucoup de pays capitalistes, avec lesquels il est possible de travailler indépendamment des différences idéologiques», avait déja signalé en 1998 Fidel Castro lors de la première réunion de la ZLEA.
Cuba sera pour la troisième fois mise à l’index du Sommet des Amériques, qui se tient au Canada du 20 au 22 avril, et son président Fidel Castro brillera par son absence au milieu du parterre de 34 chefs d’État et de gouvernement du continent. L’exclusion de Cuba de la famille américaine regroupant les pays de l’Alaska à la Terre de Feu et qui se veut «un club de démocraties» résulte en grande partie de la politique américaine d’ostracisme à l’égard du régime de La Havane, soumis à un embargo commercial américain depuis près de 40 ans. Après le premier Sommet des Amériques, inauguré par le président Bill Clinton en 1994 à Miami, et celui de Santiago du Chili (1998), le sommet de Québec sera essentiellement placé sous le signe de l’économie et du commerce, les 34 participants s’étant fixé pour...