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Actualités - Biographies

Nada Kano - sur la pointe des mots

Nom : Kano Prénom : Nada Date de naissance : 25 août 1969 Signe particulier : Le corps bavard. Impossible de confondre, de se tromper, d’avoir même l’ombre d’un doute. Cette petite femme qui vient d’arriver est bien Nada Kano. Port de tête altier, long cou tendu vers l’infini, grands yeux tracés dans un visage doux et surtout, surtout une démarche élégante, avec ses pas – de danse – qui la font avancer plus lentement, mais avec tellement de grâce, sur la scène de la vie. Elle voudrait bien brouiller les pistes, relâcher ses cheveux, les ébouriffer, comme pour effacer les derniers signes révélateurs, fumer une cigarette, arrêter et s’asseoir, rien n’y fait. La danseuse et la femme ne font qu’une, enchevêtrées dans une chorégraphie naturelle où le corps devient instrument, expression, musique et tableau. Elle avoue enfin, vaincue, dénoncée par ses gestes : «Quand on danse, on mange danse, on parle danse, on dort danse. Même immobile, on provoque un mouvement». Nada Kano n’est pas tombée dans la danse quand elle était petite, chose rare chez une danseuse professionnelle. Elle est tombée en amour pour la danse vers l’âge de 11 ans, d’abord «comme toutes les petites filles», puis bien plus sérieusement, lorsqu’elle découvre au Ciné Club russe une version ancienne du ballet de Roméo et Juliette. «Depuis, j’ai voulu faire de la danse, professionnellement. Pour cela, je devais évidemment voyager». Pour voyager, l’adolescente devra attendre d’obtenir son baccalauréat. «Alors j’ai attendu ! Avec, dans ma tête, une idée très précise de la danse, qui n’existait pas du tout au Liban. Un entraînement quotidien, de sept à huit heures, une véritable formation professionnelle». Le bac en poche, son passeport pour la liberté, Nada s’embarque pour Cannes où elle intègre l’école de danse de Rosella Hightower, pour une longue année de travaux forcés qu’elle entreprendra avec bonheur et acharnement. «Ce n’était pas facile. J’ai commencé assez tard finalement. C’était très dur, physiquement ; je devais m’adapter. Mais cette expérience a confirmé mon envie d’être dans cette ambiance, du matin jusqu’au soir». Sa formation achevée, elle retourne au Liban, comme promis, «mes parents n’approuvaient pas vraiment mon choix», et commence de courtes études de droit, dont elle se souvient de l’essentiel. «Ces quelques mois m’ont donné une seule envie… repartir». La danse, un point de repère Destination Paris. «Je me suis jetée dans la danse», avec cette fois-ci des professeurs triés, «les écoles sont bien pour les enfants, j’avais envie de choisir». Jusqu’en 1997, elle danse entre Paris et Beyrouth, figure dans de nombreuses représentations, le Ballet mécanique, Le Bourgeois gentilhomme, puis fait le grand saut en 1997 et réintègre le pays. «Durant mes nombreuses vacances au Liban, s’était formé autour de moi un groupe de filles acharnées, qui voulaient vraiment apprendre la danse. Ces cours m’ont donné envie d’essayer quelque chose ici. J’aime enseigner, donner envie et voir des corps se sculpter et se transformer. Lorsque je donne un cours, je suis dans le même état que sur scène, un état proche de l’oubli de soi, une perte de la conscience de ce moi défini qui passe par le corps». Point de repère sera comme un point de départ pour sa carrière professionnelle libanaise qu’elle dansera sur les planches du Théâtre Monnot «C’était un projet assez fou. Sept tableaux guidés par la musique. Un spectacle purement esthétique et visuel, très coloré». De Solitude et rencontres, spectacle qu’elle a conçu et dansé sur une chorégraphie de Frédérik Lazzarelli, elle dit : «Ce spectacle décrit le rapport entre l’être humain et la solitude qui peut prendre plusieurs visages et toutes les couleurs. C’était un long travail de fourmi, tellement fatigant que certains danseurs ont lâché prise en cours de route». Nada Kano a, quant à elle, appris à développer sa patience, cultiver son équilibre intérieur, «il ne faut pas oublier que la danse est avant tout un exercice d’équilibre, physique, certes, mais qui émane de l’intérieur». En mai 1999, les Libanais ont retrouvé Nada et d’autres danseuses sur la corniche, face à la mer, dans un mini-spectacle de 25 minutes, Poséidon et les Sirènes, repris quatre fois à une demi-heure d’intervalle Depuis quelques semaines, enfin, elle a dansé dans la pièce d’Alexandre Najjar, Le Crapaud. Puis elle s’en est allé retrouver ses planches privées, sa rampe et son miroir. Face à ce troisième œil et durant de longues journées de travail, elle a regardé, épié, surveillé et corrigé chacun de ses mouvements». On est face à soi-même en permanence. Le corps est mis à nu. On ne peut pas tricher. Le danseur est l’objet de son art». Nada tire alors sa révérence et s’en va sur la pointe de ses mots. En parfaite danseuse.
Nom : Kano Prénom : Nada Date de naissance : 25 août 1969 Signe particulier : Le corps bavard. Impossible de confondre, de se tromper, d’avoir même l’ombre d’un doute. Cette petite femme qui vient d’arriver est bien Nada Kano. Port de tête altier, long cou tendu vers l’infini, grands yeux tracés dans un visage doux et surtout, surtout une démarche élégante, avec ses pas – de danse – qui la font avancer plus lentement, mais avec tellement de grâce, sur la scène de la vie. Elle voudrait bien brouiller les pistes, relâcher ses cheveux, les ébouriffer, comme pour effacer les derniers signes révélateurs, fumer une cigarette, arrêter et s’asseoir, rien n’y fait. La danseuse et la femme ne font qu’une, enchevêtrées dans une chorégraphie naturelle où le corps devient instrument, expression, musique et...